Quand des drones sauvent les faons de la grande Faucheuse

Publié le par Jean-Louis Schmitt

On reste en Suisse avec cette méthode de mise en sécurité efficace à près de 100% : elle est reconduite ce printemps dans le canton de Genève...

Un drone à la recherche d’animaux tapis dans les hautes herbes des prairies pour se protéger des prédateurs. Photo : Keystone

Le drone de la «Julie» a récemment survolé six secteurs de la ville pour prendre la mesure aérienne du semi-confinement. Confirmation du sentiment général vécu au ras du sol: c’était vide et sans danger. Les choses ont changé depuis. L’espace s’est brutalement repeuplé, de voitures et de gens. La guerre des catégories fait à nouveau rage.

Plutôt que de filmer cette reprise belliqueuse chez les humains, le drone, dans sa technologie qui voit tout, se met au service de la faune. Le voici en campagne, en train de survoler les prairies pas encore coupées. Il cherche quoi avec sa caméra infrarouge? Les faons. Oui, les petits du chevreuil et de la chevrette, tapis dans les hautes herbes pour se protéger des prédateurs.

Le corps immobile et inodore: ce double effet protecteur peut s’avérer fatal lors du passage de la faucheuse. Au lieu de s’enfuir, le faon, tétanisé, se fait hacher menu comme chair à pâté (du gibier) par les machines agricoles aux vitesses de travail trop rapides pour lui, opérant de surcroît sur d’importantes largeurs. Leur mère risque aussi la blessure, sans compter les levrauts, les renards et tous les animaux présents dans ces parcelles qui se fauchent au rythme des dameuses en hiver sur les pistes de skis.

D’où l’action «Sauvetage de faons», reconduite cette année, après des mises en sécurité réussies l’année dernière. Du monde pour coordonner le précieux boulot des pilotes de drones. La Fédération cynégétique genevoise (FCG), AgriGenève et les agriculteurs genevois se mettent ensemble, tout en collaborant avec l’Office cantonal de l’agriculture et de la nature.

Après avoir cartographié les prairies à risque du canton – soit le plus souvent des parcelles en bord de bois et de forêt –, contact est pris avec les agriculteurs pour connaître leurs dates de fauchage. Les drones décollent alors tôt le matin. L’écran de contrôle identifie au GPS le faon.

Les informations sont transmises à une équipe de bénévoles qui se rend sur la parcelle. Les mains vides ? Non, avec une caisse à pommes et un fanion. Du vieux se combinant au moderne: cette technique mixte de mise en sécurité est efficace à près de 100%.

Thierry Mertenat/Tribune de Genève (18.05.2020)

Les faons restent tapis dans l’herbe et se fondent dans le décor : ils ont un pelage de camouflage et les mères les laissent souvent seuls pour aller manger, le petit se faisant alors le plus discret possible, et ne fuyant pas en cas d’approche de quelqu’un ou d’une faucheuse, comptant hélas en vain sur son camouflage… Photo : JLS (Cliquez pour agrandir)

Les faons restent tapis dans l’herbe et se fondent dans le décor : ils ont un pelage de camouflage et les mères les laissent souvent seuls pour aller manger, le petit se faisant alors le plus discret possible, et ne fuyant pas en cas d’approche de quelqu’un ou d’une faucheuse, comptant hélas en vain sur son camouflage… Photo : JLS (Cliquez pour agrandir)

 

 

 

 

 

 

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Publié dans Animaux, Insolite, Initiative

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C
Je dois reconnaître que je n'imaginais pas les dégâts que font les engins agricoles : merci de m'avoir ouvert l'esprit ! Je regrette juste de me sentir impuissante face à tous ces problèmes...
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K
Pauvres petits faons...
Des drones utiles pour sauver ces petites vies...
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Z
La technologie est là: Il suffit d'avoir la volonté de respecter le vivant . Mais ça... d'ici que ce soit érigé en norme...
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M
La fédération cynégétique genevoise est partie prenante de cette opération !
A travers ces sauvetages a-t-elle des idées derrière la tête ?
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J
Technologie très efficace et utile, mais il faut aussi savoir que les pouvoirs publics n’ont de cesse que de restreindre les drones pour libérer les fréquences radios qu’ils utilisent, au profit des drones commerciaux.
Les lobbyistes sont à l’action aussi dans ce domaine marginal, en vue de bénéfices à venir…
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C
C'est superbe! Ça prendrait ça partout où utile! Bonne journée!
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D
la technologie a du bon ! tout dépend pour quoi et, qui s'est utilisé....c'est à l'homme de
choisir l'objectif : respecter la vie des autres, la vie de tous les êtres vivants !
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V
Notre jardinier repère avant de faucher le verger et a décalé d’un mois afin que nos faons soient assez grands pour se mettre à l’abris comme quoi, tout peut être fait en respectant la vie des autres!
Et nous avons eu ce formidable privilège de voir nos petits faons gambader !!!
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