A propos du plus gros abattoir de chevaux de France…

Publié le par Jean-Louis Schmitt

L’association L214 vient de révéler une enquête menée dans un abattoir  spécialisé dans l’abattage de chevaux : « Viande Nature Jura », l’établissement en question, est situé à Équevillon dans le Jura…

Photo : JLS (Cliquez pour agrandir)

Photo : JLS (Cliquez pour agrandir)

Si les images sont profondément choquantes, elles montrent pourtant des pratiques globalement conformes à la réglementation, avec des cadences d’abattage modérées.

Sur la vidéo, on peut voir les chevaux parqués dans l’écurie adjacente à la salle d’abattage ainsi que l’amenée au box d’immobilisation, l’étourdissement au matador (pistolet à tige perforante), la suspension puis la saignée des chevaux. Certains résistent et reçoivent des coups d’aiguillon électrique (ce qui est autorisé par la loi) et de nombreux coups de bâton pour avancer. Difficile de parler de respect, de « bien-être » ou de protection animale quand on voit ces chevaux en proie à des convulsions, en train d’être égorgés suspendus par une chaîne. Ces images d’animaux à l’agonie exposent la violence inhérente aux abattoirs.

Ces 3 dernières années, L214 a diffusé 10 enquêtes réalisées dans 10 abattoirs français. Ces enquêtes ont dévoilé les pratiques routinières d’abattoirs de toutes tailles, et mettant à mort différentes espèces d’animaux : chevaux, vaches, veaux, cochons, moutons, poulets, chevreaux, agneaux, etc. À chaque diffusion, les réactions ont été extrêmement vives. Les vidéos d’enquête rendent concret le meurtre alimentaire qu’on évite habituellement de regarder en face.

Il est tentant de penser que ces abattoirs ne sont que des cas particuliers et que la souffrance qu’y éprouvent les animaux ne serait due qu’à des « bavures ». Ce 11e abattoir montre que la question de la conformité à la réglementation (que les citoyens ignorent le plus souvent) n’est pas le cœur du problème. C’est la question même de tuer les animaux et la violence qui en découle qui est choquante. Il suffit d’ailleurs de lister quelques méthodes d’« étourdissement » et de mise à mort autorisées par la réglementation pour se rendre compte de cette violence inhérente aux abattoirs :

  • Les méthodes mécaniques : percussion de la boîte crânienne (lésions graves et irréversibles au cerveau provoquées par la pénétration d’une tige perforante dans le crâne), broyage à vif, ou encore dislocation du cou.
  • Les méthodes électriques : électrocution par pinces électriques ou par bain d’eau électrifié.
  • Les méthodes de gazage : dioxyde de carbone, gaz inertes, monoxyde de carbone.

L214 demande au président de la République Emmanuel Macron la mise en œuvre d’une politique volontariste et ambitieuse afin de réduire d’au moins 25 % d’ici 2025 le nombre d’animaux tués dans les abattoirs français. Cet objectif va dans le sens d’un consensus autour de la nécessaire baisse de consommation de produits animaux, que ce soit du point de vue de la santé publique, de la lutte contre le réchauffement climatique ou du partage des ressources.

Sébastien Arsac, directeur des enquêtes de L214, déclare : « L’abattoir de chevaux d’Équevillon assure sur son site Internet que “le respect de l’animal est au centre de ses préoccupations”. Mais peut-on tuer les animaux avec respect ? Il suffit de regarder ces nouvelles images pour répondre à cette question. Dans les abattoirs, on tue à l’arme blanche des animaux qui ne veulent pas mourir. Aujourd’hui en France, plus de 3 millions d’animaux sont abattus chaque jour, soit 2 400 animaux à la minute. La meilleure volonté et les meilleures réglementations du monde ne pourront jamais pallier la grave injustice que représente la production massive de viande, dont la consommation n’est pourtant pas indispensable sur le plan nutritionnel. Il est plus que temps de se donner des objectifs concrets pour limiter au maximum le nombre d’animaux tués dans les abattoirs. Nous devons sortir de l’ère des abattoirs. »

Vidéo : La triste fin des chevaux de courses (3 :12)

* Les images ont été tournées sur 5 matinées d’abattage entre les mois d’août et novembre 2018. L’abattoir d’Équevillon est le plus gros abattoir de chevaux de France.

 

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Publié dans Animaux, Bidoche, Consommation

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le grand 22/12/2018 07:16

De toute évidence la vidéo restera muette pour moi , de nouveau il faut se rendre compte que l'abattage d'animaux n'est pas respecté à la lettre, lors d'une séance du cg du JURA le président a fait projeter ces images , le processus est respecté dit il, la FDSEA s'est fendue d'un article dans le progrès ... C'est très bien il faut continuer à rendre public, derrière ces murs entachés de sang, de ces chevaux qui ont rapportés de grosses sommes aux propriétaires... Souvent .

Jean-Louis 22/12/2018 07:24

Oui, même si, pour nombreux d'entre-nous, les images sont véritablement insoutenables, il faut rendre hommage et bien sûr soutenir autant qu'il nous est possible de le faire, ces authentiques lanceurs d'alerte que sont les militants (entre autres) de L214 ! Rendre public de telles images -qui ne sont nullement de la fiction mais bel et bien le quotidien des abattoirs- est courageux et risque, une fois encore, de coûter cher en procès aux activistes : ne les abandonnons pas !
Merci aussi, au passage, pour votre commentaire... Cordialement !

kimcat 20/12/2018 10:46

Je ne peux pas regarder la vidéo...
Trop sensible...
Je n'arrive pas à comprendre que l'on tue un cheval pour le manger...
Bonne journée

Jean-Louis 20/12/2018 11:22

Un cheval, un veau, une vache, un agneau, une dinde, une pintade, un lapin, un cochon... Ailleurs, ce sont des chiens, des rennes ou encore des phoques... En fait, aucun être sensible ne mérite pareil sort !

Christine 20/12/2018 09:19

Bonjour Jean-Louis et merci pour cet article au sujet bien douloureux que je me suis permis d'intégrer à la proposition de vidéo surveillance dans les abattoirs (qui n'a hélas rien de neuf) dans la plateforme de consultations citoyennes du CESE (ouverte jusqu'au 4 janvier prochain) : https://participez.lecese.fr/projects/avec-ou-sans-gilet-jaune-citoyennes-et-citoyens-exprimez-vous/collect/depot/proposals/camera-dans-tous-les-abattoirs

Jean-Louis 20/12/2018 11:24

Bonjour Christine, Merci pour l'info : je vais m'empresser de participer également à cette consultation ! Bonne journée.

Jean-Louis 20/12/2018 07:53

Le cheval… La plus noble conquête de l’homme est aussi un ‘’met’’ de choix pour certains ! Le sort des animaux –équidés, bovidés, ovins, caprins, volailles, lagomorphes, poissons, crustacés…- durant leur vie tout comme lors de leur mise à mort, indiffère complètement à ces consommateurs dont le ‘’plaisir’’ de manger semble impérieux, en tous cas supérieur à des considérations métaphysiques ! Tant qu’il y aura des amateurs de ces aliments-là, il y aura donc forcément aussi de la souffrance pour les bêtes concernées…
Il existe de nombreux refuges dans notre pays, accueillant des équidés pour leur éviter cette ultime cruauté qu’est l’abattoir : il y en a beaucoup mais, assurément, pas assez pour faire face à l’afflux des chevaux trop âgés ou malades dont les propriétaires ne peuvent –ou ne veulent- pas assurer la retraite… Et puis, il y a les élevages de purs-sangs, de chevaux de course etc. qui, eux, ne s’embarrassent pas de ‘’sensiblerie’’ : l’animal est un ‘’objet’’ de rapport et, s’il n’est pas ou plus productif, il part tout simplement ‘’à la casse’’ (l’abattoir dans leur jargon…) ce qui génère encore quelques devises…

Haberland 07/01/2019 16:49

Haine aux abattoirs
Cela me boulverse
Ils faut arrêter de manger de la viande.

Jean-Louis 20/12/2018 07:13

Il y a de toute évidence un dysfonctionnement avec les commentaires ce matin : problème signalé à Overblog… J’attends la suite !

Zoé 19/12/2018 23:33

Je suppose qu'il existe des refuges ou sanctuaires qui sont prêts à accueillir les vieux chevaux de course pour une retraite bien méritée, ils pourraient être subventionnés . Mais je rêve...

Dominique ARNAUD 19/12/2018 21:35

la réduction de 25% n'est pas réaliste, c'est mettre la charrue avant les boeufs!
la priorité est à l'amélioration des conditions d'abattage : respect de la loi et dans la foulée amélioration de la loi ; pour ce qui est de l'activité abattage, elle se réduira si la consommation se réduit, mais il faut là convaincre le consommateur, et c'est une affaire qui prendra plus de 5 ans.
c'est une affaire politique, convaincre est le plus difficile, et si on met une taxe sur la viande, comme pour le pétrole, on aura des ... gilets couleur sang