Le cirque sans animaux sauvages, une révolution sous le chapiteau

Publié le par Jean-Louis Schmitt

L’avenir du cirque se fera sans les animaux sauvages. D'ici 5 à 8 ans, il n'y aura plus de lions, d’éléphants, de tigres au nom d’une loi contre la maltraitance animale. Certains professionnels ont déjà anticipé ce changement d'époque. D'autres absolument pas et ne veulent pas se séparer de leurs bêtes exotiques.

Les propriétaires de cirque devront se séparer de leurs animaux sauvages d’ici 5 à 8 ans, pour les laisser passer le reste de leur vie dans des refuges, comme ici celui de la Tanière, près de Chartres. Photo : Géraldine Hallot

André-Joseph Bouglione a provoqué un séisme au sein de sa famille, si légendaire dans le milieu du cirque. En 2017, celui qui a appris à marcher au milieu d’animaux sauvages décide de s’en passer dans ses spectacles. Il réinvente une formule sans tigre, sans lion, ni ours etc. A la place des hologrammes sont projetés. C’est l’Eco Cirque, qu’il a créé avec sa femme. Le but est aussi de réduire au maximum l’empreinte carbone engendrée par les représentations.

C’est aussi une réponse à une attente de plus en plus grande de l’opinion publique. Selon un sondage réalisé en 2018, près de 70% de la population ne supporte plus l’utilisation d’animaux dans les cirques itinérants. Longtemps en retard sur la question, la France est en train de rejoindre la vingtaine de pays européens, qui ont déjà interdit les animaux sauvages dans les cirques.

D’ici 5 à 8 ans, les propriétaires devront se séparer de leurs animaux exotiques.

Une bonne partie du secteur crie au scandale, comme William Kerwich, directeur du cirque du même nom, qui s'estime "attaqué. Nous avons deux crises à surmonter en ce moment, le Covid-19 et les écologistes". "Dans toutes les professions, il y a des brebis galeuses, mais les gens de cirque aiment les animaux" se défend celui qui représente un cirque existant depuis six générations. 

Quand la loi contre la maltraitance animale sera définitivement votée -probablement d’ici la fin de l'année- les circassiens, comme on appelle les professionnels du cirque, seront accompagnés. Une enveloppe de 8 millions d'euros est prévue.

Pour les animaux, le reste de leur nouvelle vie devra se faire dans des refuges.

Il en existe trois aujourd’hui pour les espèces sauvages. Il y aurait en France près d’un millier d’animaux non domestiques, dont 500 fauves environ, même s’il est difficile d’établir un état des lieux précis. 

Il y a cependant une évidence : ces bêtes ne peuvent pas être réintroduites en milieu naturel. "Ces animaux sont nés en captivité, bien souvent en captivité depuis des générations. Ils n'ont pas les codes, leurs parents n'avaient pas les codes non plus", explique Sophie Fernandes de la direction de la Tanière, refuge situé de Chartres. Elle poursuit : " Ces animaux n'ont jamais appris à construire leur propre abri, ils ont toujours été abrités par l'Homme. Ils n'ont jamais appris à chercher leur nourriture." Tous ces éléments indiquent que les réintroduire dans la nature n'est pas possible. 

Ce bannissement des animaux sauvages ne concerne que les cirques itinérants, et non les cirques fixes, tel le Cirque d’Hiver à Paris ou encore les zoos et les parcs animaliers.

Géraldine Hallot.

Pour aller plus loin

 

 

 

 

 

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Publié dans Animaux

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J
Bravo à Géraldine Hallot pour les références de son article fort positif "Le cirque sans animaux sauvages: une révolution sous le chapiteau". C'est ce qu'a fait le "Cirque du Soleil"! Très réconfortant de savoir que les éléphants du cirque Ringling se retrouveront dans une réserve naturelle. Auront-ils la possibilité de parader encore une fois en plein air? J'ai récupéré un cheval de cirque et il ressent le besoin de se mettre sur ses deux pates arrières, chaque fois que l'on va partir se promener. Une manière de démontrer qu'il n'a pas oublié le milieu dont il provient. Le cirque lui manquerait-il? Un comportement dont je suis fier et qui m'inspire le plus grand respect. Comment va t'on s'occuper dans les réserves de ces animaux, habitués et nés aux biberons dans le milieu du cirque comme souvent le sont le sont également leur dompteur? N'a t'on pas le sentiment d'abandon quand on met ses parents dans la plus belle des maisons de retraites alors que cela se passait si mal à leur domicile? Le lien affectif doit être conservé sans partis pris. La vie est une tragédie dans un sens comme dans l'autre. Entre animal et humain, pas de frontière. Nous sommes responsable jusqu'au bout. Saura t'on ressentir l'avis des animaux que l'on va déplacer? Saura t'on tenir se rapprocher des gens du cirque pour le bien-être des animaux? Comme on se rapproche de parents qui se séparent pour le bien être des enfants? La thèse de Julie Lacoste sur la représentation animale est à "dévorer" nous plonge dans le milieu des zoos et du cirque. Et par internet nous pouvons nous plonger sur celui de William Kerwich . Il serait bon d'avoir l'avis de la famille Bouglione. Avec les conditions sanitaires, le Cirque du Soleil a fait faillite et la culture national du cirque traditionnel est à sauver...
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B
C'est une bonne chose d'interdire les animaux dans le cirques...
Mais dans un délai bien long...
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C
Je partage l'opinion générale : huit ans c'est long, beaucoup trop long...
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D
Encore qq années ... !!! Alors que d’autres états ont légiféré il y a longtemps. Et ce Bouglione, nous l’avons su, a pris conscience il y a quelques années. Je constate avec joie qu’il a tenu bon !
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Z
Une décision qui va dans le bon sens même si le terme est bien loin! Ce qui est fou c'est qu'il aura fallu tant de temps pour la prendre!
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J
Les cirques itinérants sont de toutes façons en voie de disparition. Cette loi devrait également concerner les parcs animaliers.
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D
Pourquoi attendre 5 à 8 ans ??? Les récalcitrants devraient prendre la place de leurs animaux; peut-être
comprendrait ils ce qu'il font subir. Espérons que la loi sera appliquée !!!
Merci à André-Joseph Bouglione pour avoir pris la bonne direction. Tout est évolution ! Et cela pourrait se faire dans l'harmonie avec tous les êtres humains de bonne volonté.
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J
Huit ans, c'est long : il n'y plus qu'à espérer que d'autres législateurs ne reviennent pas sur cette décision de bon sens !
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