Découvrons les lamiers…

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Proches des orties, leurs fleurs roses, blanches, jaunes ou encore pourpres s'épanouissent d'avril à juin. Pour distinguer les lamiers des orties, c’est très simple : les secondes –les orties- piquent alors que les lamiers ne sont jamais urticants ! Dans le doute, il suffit donc de faire preuve d’un peu de courage et de prendre la plante concernée à pleine main : selon le cas, l'effet est garanti et on est très rapidement fixé…

Lamier pourpre ou ortie rouge (Lamium purpureum). Photo : JLS

Lamier pourpre ou ortie rouge (Lamium purpureum). Photo : JLS

Bon, cela dit, en période de floraison, il est inutile de recourir à ce test vaguement sadique puisque, concernant les lamiers, on distingue aisément les fleurs disposées en verticille (ce qui signifie insérées au même niveau tout autour de la tige, au nombre de 3 ou plus). En revanche, celles de l’ortie dioïques sont vertes et minuscules !

Pour résumer, il existe le lamier pourpre (Lamium purpureum), le lamier blanc (Lamium album) appelé également ortie blanche, le lamier jaune (Lamium galeobdolon) aussi appelé ortie jaune ainsi que d’'autres types de lamiers: le lamier hybride (Lamium hybridum), le lamier tacheté (Lamium maculatum) appelé aussi lamier rouge, le lamier amplexicaule (Lamium amplexicaule)On en compte une cinquantaine d’espèces au total !

Le lamier est rustique et pousse naturellement dans les taillis dégagés, les bords de chemins et les bois humides, mais au jardin, il fait un joli couvre-sol surtout grâce à son feuillage.

Lamier pourpre

Photo : JLS (Cliquez pour agrandir)

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L'utilisation du lamier pourpre en tant que plante médicinale était fort connu des populations depuis bien des siècles, les feuilles étaient considérée comme astringente et vulnéraire, anticatarrheuse (contre l'inflammation des muqueuses) et antiscrofuleuse (fistule purulente). En externe, les feuilles lavées et broyées étaient d'une grande efficacité pour désinfecter et cicatriser les plaies et blessures. Une décoction de la plante permettait de réguler toute sorte d'hémorragie, et calmait les diarrhées…

Le lamier jaune

Lamier jaune ou Ortie jaune (Lamium galeobdolon). Photos : JLS (Cliquez pour agrandir)
Lamier jaune ou Ortie jaune (Lamium galeobdolon). Photos : JLS (Cliquez pour agrandir)Lamier jaune ou Ortie jaune (Lamium galeobdolon). Photos : JLS (Cliquez pour agrandir)Lamier jaune ou Ortie jaune (Lamium galeobdolon). Photos : JLS (Cliquez pour agrandir)

Lamier jaune ou Ortie jaune (Lamium galeobdolon). Photos : JLS (Cliquez pour agrandir)

Le lamier jaune est régulièrement renvoyé d’un genre à l’autre : Linné le considérait initialement comme un membre du genre galéopsis (Galeopsis), mais il a été ensuite associé au genre de l’ortie (Lamium). Aujourd’hui, il est classifié dans son propre genre. Les marques d’identification distinctive les plus nettes sont la couleur jaune de la corolle et la lèvre inférieure nettement trilobée.

Propriétés médicinales : feuilles et sommités fleuries sont utilisées comme astringent, hémostatique et expectorant.

Utilisations culinaires : 
- jeunes pousses effeuillées en salade ou cuites en légumes ou en lasagnes, 
- fleurs en décor, 
- en soupe.

Le lamier blanc

Ortie blanche le lamier blanc (Lamium album). Photos : JLS (Cliquez pour agrandir)
Ortie blanche le lamier blanc (Lamium album). Photos : JLS (Cliquez pour agrandir)Ortie blanche le lamier blanc (Lamium album). Photos : JLS (Cliquez pour agrandir)

Ortie blanche le lamier blanc (Lamium album). Photos : JLS (Cliquez pour agrandir)

Le lamier blanc, ou ortie blanche, ne pique pas et recèle de nombreuses vertus en phytothérapie. On l'utilise comme diurétique, comme hémostatique et aussi pour ses propriétés toniques, rafraîchissantes ou vulnéraires. C'est également l'ortie blanche que l'on utilise contre la goutte.

Les jeunes feuilles se consomment en salade puis adultes, elles sont cuites, en potage ou préparées comme les épinards. Les feuilles contiennent des flavonoïdes (antioxydants), des tanins, du mucilage, du potassium. Les fleurs se consomment également, elles ont un petit goût sucré.

Les sommités fleuries sont astringentes, anti-inflammatoires et dépuratives. Elles sont recommandées en cas d’hémorragie utérine légère, de pertes blanches, de règles irrégulières ou douloureuses, d’infections urinaires et de troubles gastriques. Sa richesse en mucilage favorise la digestion et l’expectoration. C’est une plante légèrement sédative même si elle est rarement utilisée pour cet usage.

On utilise le lamier blanc en infusion (1 cuillère à café de sommité fleurie fraîche ou séchée) pour une tasse d’eau frémissante, en teinture mère ou en lotion (tisane refroidie).

Au jardin

Planté avec les pommes de terre, le lamier blanc repousse les doryphores.

 

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Commenter cet article

Antoine 09/01/2021 17:54

intéressant, mais le lamier blanc est dur à prélever au bord de la Mayenne surtout très proches des orties mais je vais essayer d'en prélever d'autres afin d'avoir une nouvelle plante pour le seau d'eau. Sinon j'ai le lamier jaune en plus du lamier tacheté blanc et j'ai aussi le lamier pourpre et lamier amplexicaule

Druide 07/03/2020 20:06

Est ce que le lamier hybride est le lamier amplexicaule sont til toxique ?

colette WEHR 09/05/2018 21:03

Je fabrique des tisanes qui contiennent du lamier blanc et jaune pour le petit déjeuner de mon père, qui a des problèmes de vessie: polypes récurrents, énurésie et ça l'améliore beaucoup.
Je découvre que cela agit pour la goutte, j'informe mon beau frère!

Jean-Louis 10/05/2018 05:59

Merci pour tes bons mots : pour soigner tes maux et ceux d'autrui, rien de tel en effet que les plantes et certaines "recettes de grand-mère" car, tout est dans la Nature...
Dommage qu'on l'ai un peu oublié !

kimcat 03/05/2018 17:50

Merci pour la présentation de cette plante !

dominique 03/05/2018 17:09

Et si chaque plante comestible avait sa plante protectrice comme la pomme de terre a le lamier...c'est certainement le cas alors l'agro chimie doit rendre les armes immédiatement
Monsanto-Bayer...EXIT !!!

Jean-Louis 03/05/2018 21:39

Ce n'est pas faux !

Cléo 03/05/2018 14:12

Très intéressant ce billet! Et jolies fleurs. Je ne sais pas si nous en avons au Québec , mais il me semble en avoir déjà vues. Bises et bonne journée.

Jean-Louis 03/05/2018 21:37

Merci à toi de suivre mes publications au Canada !
A quand une "Carte Postale de..." ?
Bien cordialement...

Anja 03/05/2018 11:34

C'est donc pour ça que je n'ai jamais de problèmes de doryphores et ma voisine si :-) J'en ai plein le jardin des lamiers (blanc, pourpre, rouge et jaune) Merci :-)

Jean-Louis 03/05/2018 21:35

Hé hé, voilà que tu vas pouvoir pouvoir faire d'une pierre deux coups Anja :

- informer utilement ta voisine
- peut-être même lui faire apprécier ces jolis lamiers !

On peut rêver, non ?

l'Univers d'Erika 03/05/2018 08:17

Merci pour toutes ses informations très intéressantes.
Bonne journée
Erika

Jacky 03/05/2018 07:07

Je trouve ces fleurs magnifiques. Elles me font penser aux orchidées.

Jean-Louis 03/05/2018 21:33

On les dit "banales", certains les trouvent "communes", d'autres "trop envahissantes"... et si, comme toi Jacky, on regardait ces plantes un peu mieux et avec un œil nouveau !
C'est vrai que, même s'ils ne sont pas rares, ces lamiers ne manquent pas de charme pour autant...

domi 03/05/2018 06:33

Précieuses plantes à sauvegarder ! Merci pour ce bel article donnant un moyen écolo de protéger les pommes de terre