Sous la botte et affaire Élisa : suite.

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Le pouvoir politique en place sert les féodalités de la finance, de l’agro productivisme, des oligarques et de la chasse. Cette servilité révèle le degré de corruption et d’indigence éthique des décideurs…

Dans son milieu naturel, le sanglier joue un rôle nécessaire pour l’équilibre des écosystèmes. Du fait de son comportement fouisseur, le sanglier retourne et aère la terre des forêts, ce qui est plutôt positif pour la structure du sol et son activité microbienne. En outre, comme il se frotte constamment aux arbres, il contribue à la bonne diffusion des spores de champignons et des graines d’autres végétaux qu’il porte dans ses soies et ses sabots : il a par exemple été constaté qu’après un incendie, la présence de sangliers permet de revégétaliser plus rapidement, de façon naturelle. Par ailleurs, comme le sanglier est nécrophage, il joue un rôle sanitaire en évitant que des cadavres de petits animaux viennent polluer les eaux de surface. Photo : Daniel Crisman (Cliquez pour agrandir)

Dans son milieu naturel, le sanglier joue un rôle nécessaire pour l’équilibre des écosystèmes. Du fait de son comportement fouisseur, le sanglier retourne et aère la terre des forêts, ce qui est plutôt positif pour la structure du sol et son activité microbienne. En outre, comme il se frotte constamment aux arbres, il contribue à la bonne diffusion des spores de champignons et des graines d’autres végétaux qu’il porte dans ses soies et ses sabots : il a par exemple été constaté qu’après un incendie, la présence de sangliers permet de revégétaliser plus rapidement, de façon naturelle. Par ailleurs, comme le sanglier est nécrophage, il joue un rôle sanitaire en évitant que des cadavres de petits animaux viennent polluer les eaux de surface. Photo : Daniel Crisman (Cliquez pour agrandir)

80% des Français condamnent le loisir de mort dont le nombre des adeptes n’est plus de un million trois cent mille comme le clament les petits Goebbels de la chasse, mais de l’ordre de huit cent mille. Le 27 août 2018, le monarque recevait à l’Elysée ses amis les chasseurs dont leur lobbyiste professionnel. Le lendemain matin, sur France-Inter, Nicolas Hulot, ministre de l’écologie, annonçait son départ du gouvernement, cette réception cynégétique étant la goutte d’eau qui fit déborder le vase des impostures.

Diminution du coût du permis de chasser et promesses d’autres cadeaux à venir signaient la soumission du chef de l’état Français à un lobby hargneux, cramponné à ses privilèges, obsédé par une viscérale hostilité à l’approche écologique de l’animal et de la nature. Le premier janvier 2017, une agence Française de la biodiversité voyait le jour, instance créée par l’ancienne majorité politique et les chasseurs, propriétaires de l’office national de la chasse et de la faune sauvage, refusaient l’intégration dans cette structure par trop naturaliste de leur office national de la chasse.

Changement, à ce jour, de stratégie du lobby chasse qui intègre volontiers l’agence modifiée par le nouveau pouvoir encore plus docile que le précédent aux injonctions des cynégécrates. Le 24 janvier 2020, l’assemblée nationale adopte la loi créant une agence française de la biodiversité, de la chasse et de la faune sauvage regroupant les deux précédentes instances : AFB et ONCFS.

Pourquoi cette volonté des chasseurs de se regrouper ?

Vous le devinez : Ils resteront les maîtres de l’espace rural, de la faune, de la nature et des financements affectés à ces secteurs d’activités. Ainsi, lors de la validation du permis de chasser, 5 euros seront prélevés en faveur de la préservation de la nature et l’état abondera par le versement de 10 euros. Cela pourrait être salué favorablement, mais le ravi serait bien naïf de se réjouir. La France vit sous la botte et le pouvoir est gangréné par le lobbying et les réseaux en tous genres. Cet argent public sera géré localement par les fédérations départementales des chasseurs… dont on connaît le zèle écologiste !

Par un décret du 23 décembre dernier, publié au JO du 26 décembre, le pouvoir macronien remettait aux fédérations départementales des chasseurs la gestion des espaces ruraux et les propriétaires fonciers opposants à la chasse, dans les communes à ACCA, devaient solliciter des fédérations et non plus des préfets la mise en zone hors-chasse de leurs fonds. Le plan de chasse aux grands animaux, naguère de la compétence des préfets, est dévolu aux fédérations, associations militantes et non administrations neutres, impartiales et sereines. Un décret est en préparation pour permettre aux addictifs des saignées de tuer le cochongliers dès le premier juin ce qui évitera un sevrage estival du tueur agréé.

Les propagandistes de la chasse évoquent la prolifération des sangliers.

Loin d’être la solution à ce problème, la chasse est le problème. La France va subir une chasse permanente, ouverte toute l’année. Les vacanciers estivaux, les randonneurs et la faune apprécieront ! 82% des Français veulent des dimanches sans chasse. Qu’à cela tienne, le monarque leur offre la chasse perpétuelle.

Pour nombre de petits commentateurs, journalistes, essayistes de métier, la chasse est un sujet bien subalterne, amusement innocent de bouseux arriérés mais folkloriques. La chasse n’est pas un sujet sérieux d’observation, de commentaire, d’étude car le phénomène affecte des territoires périphériques loin des salles de rédactions, des cercles universitaires, des bibliothèques où l’agent de la voie publique vit et travaille. Le journaliste, l’essayiste, formaté par un monde urbain, considèrent avec une indulgence mêlée de condescendance le monde de la chasse désuet et tellement lointain. Erreur, car la chasse révèle le mal profond du pays.

La chasse tue, pollue, dégrade la biodiversité mais elle prouve avec éclat la servilité des dirigeants politiques aux jeux d’influences des réseaux et des petits copains. L’affaire Elisa illustre cet embarras des décideurs confrontés au lobby chasse. Cette jeune femme est morte suite à une attaque par des chiens alors qu’elle se promenait en forêt, dans Le département de l’Oise où se déroulait une chasse à courre. A-t-elle été victime d’une meute de vénerie ou d’une agression par des chiens d’une autre race ?

Il suffisait d’analyser les traces ADN et la nature des morsures, non pas pour identifier individuellement les chiens mordeurs, sans doute disparu à tout jamais, mais d’en connaître la race. Inutile d’analyser les ADN des 67 chiens de meute présentés à la gendarmerie par les veneurs. Il paraît que cela serait trop onéreux (cent mille euros) et le service public de la justice n’a plus les moyens de financer une telle expertise. Il suffirait de dire quel type de chien est impliqué. Chiens de chasse ou chiens de compagnie ?

La vérité, c’est pour quand ?

Le peuple Français peut bien souhaiter vivre sans la chasse, sa voix ne sera pas entendue dans ce domaine à l’instar de tous les autres. Démocratie et abolition de la chasse attendront que tombe un régime politique indigne de ce pays. Pour que tombe ce régime oligarchique, il faut l’unité du peuple contre les féodaux du temps.

Gérard Charollois

 

 

 

 

 

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Commenter cet article

simone 25/03/2020 22:42

Que la route est longue pour obtenir cette humanité, humanité qui , pourtant devrait être naturelle !! Et cette affaire va sombrer dans l'oubli, j'en suis sûre..

Jean-Louis 26/03/2020 05:32

"Grâce" au confinement, je crois que c'est fait !

Jean 01/03/2020 13:15

Dommage que vous ne vous soyez pas plus renseigné sur L affaire Pilarski

Stéphane 26/02/2020 09:02

"Monarque", "condescendance la chasse révèle le mal profond du pays", "Pour que tombe ce régime oligarchique", ces termes indiquent des raccourcis assaisonnés d'une sur-émotivité ce qui nuit, voire discrédite, en tout cas à mes yeux, les propos. D'une certaine façon il est difficile de réduire la vision d'une société complexe à la petite lorgnette de la chasse, avec en plus avec des partis pris tout à fait réducteurs sur celle-ci, sur la politique, sur l'état de la société. Tout mélanger n'est peut-être bon qu'en cocktail, et encore...

kimcat 25/02/2020 17:33

Oui, la vérité sur cette affaire, c'est pour quand ?
Bonne soirée Jean-Louis

kimcat 25/02/2020 17:33

Oui, la vérité sur cette affaire, c'est pour quand ?
Bonne soirée Jean-Louis

dominique 25/02/2020 14:04

C'est toujours un plaisir de lire Gérard Charollois, constater qu'on n'est pas seul à penser contre la chasse et ceux qui la protègent voire la font prospérer (et je crois qu'avec Macron nous avons atteint le fond de l'abîme ) découvrir les arcanes de la réalité si bien analysée par lui avec des compléments d'information qui nous permettent de nous battre en informant à notre tour. Je suis inquiète moi aissipour la suite de ce drame de la jeune future maman qui prend une sale tournure, avec de fausses infos comme celle de sa morsure à la main qui s'avère être bien une griffure de chat infectée, et une avalanche d'infos relatant des attaques de personnes par des chiens, certes réelles mais naguère on ne nous les relatait pas toutes; c'est sûr je le sens, si ce n'est complot, des actions de presse concertées sous l'égide du lobby chasse !
Il est vrai que certains chiens pas cadrés voire dressés à devenir agressifs peuvent se comporter ainsi mais la faute en incombe à notre société qui a fait du chien un objet de commerce; de nouvelles races inconnues, des salons du chiot où on va faire un tour comme ça et dont on ressort avec un chien de grand prix qui sera sans doute malade ou souffrant de tare car les éleveurs pratiquent la consanguinité; bref encore un problème créé par l' Homme ces attaques de chiens et on n'entend pas parler d'une réglementation stricte pour interdire l'importation, la reproduction et le commerce .

Jean-Louis 24/02/2020 17:44

Je l’ai déjà dit à diverses reprises : j’aime tout autant la prose de Gérard Charollois que l’individu lui-même ! Son humanisme et sa sensibilité devant les choses de la nature, son profond respect des animaux quels qu’ils soient, son engagement sans faille dans la lutte écologique depuis au moins quatre décennies… en ont fait un ami très cher et ce depuis fort longtemps ! Ce qu’il dit n’est que la stricte vérité : certains mots peuvent certes choquer ceux qui ne partagent pas notre point de vue, il n’empêche que son propos n’en demeure pas moins parfaitement réaliste et juste…

crisman 24/02/2020 15:14

Excellente analyse, comme souvent de notre ami G.Charollois. L'infâme macron veut encore allonger les périodes de chasse. Les cadeaux aux chassassins continuent de pleuvoir. A vomir.

Sylvie 24/02/2020 14:15

Essayons de faire changer les choses en donnant un maximum de voix aux élections pour ceux qui défendent réellement la Nature et les animaux.