Emmanuel Macron… et la chasse !

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Voici la transcription d’un entretien d’Emmanuel Macron, candidat à l’Elysée, avec le rédacteur en chef de la revue de chasse « Chassons.com ». (Merci à Christine C.) ! Si vous étiez tenté de lui donner votre suffrage, réfléchissez bien : si Macron n’est pas porteur de fusil lui-même, il est en revanche aussi démago que bien d’autres et prêt à n’importe quel compromis pour obtenir quelques hypothétiques voix de plus y compris celles des chasseurs…

Emmanuel Macron… et la chasse !

Baudouin de Saint Leger : Monsieur Macron, merci de nous recevoir et de répondre à cette interview du magazine Chassons.com. Avez-vous déjà chassé ou assisté à une chasse? Si oui, quel souvenir en gardez-vous ?

Emmanuel Macron : Je n’ai jamais chassé moi-même, mais j’ai à plusieurs reprises accompagné des amis chasseurs en Picardie comme dans le Pas-de-Calais. La Picardie est une terre connue de gibier d’eau et de migrateurs, de faisans, de perdreaux. Les récits de chasse ont accompagné mon enfance.

Baudouin de Saint Leger : Qu'est-ce que la chasse représente pour vous ?

Emmanuel Macron : Un moment d’échange, qui renvoie à quelque chose de beaucoup plus profond, un ancrage dans un territoire, dans une culture dans un mode de vie. La chasse est une pratique ancestrale pour bien des Français.

Baudouin de Saint Leger : Les chasseurs ont la sensation d'être chassés avant les élections et généralement peu aidés après, en quoi nos lecteurs peuvent-ils avoir confiance en vous en ce qui concerne la défense de la chasse et de ses traditions?

Emmanuel Macron : Ils ne sont pas les seuls à avoir ce sentiment, qui est commun à de nombreuses catégories de Français. D’abord, je ne vois pas les chasseurs comme une clientèle électorale mais d’abord comme des citoyens qui partagent les préoccupations du pays et c’est d’abord à cette conscience citoyenne que je m’adresse. Ensuite, je ne saurais dissocier la chasse des problématiques qu’affrontent bien des activités et bien des secteurs en France, à savoir l’excès de normes et l’inadaptation de celles-ci à la réalité du quotidien. Les chasseurs, attachés à leurs traditions, n’aiment pas qu’un règlement abstrait les oblige à les modifier. Ils ne sont pas les seuls Français dans ce cas et j’y suis particulièrement attentif.

Baudouin de Saint Leger : Un anti-chasse vient d'être élu à la présidence de l’Agence Françaisepour la biodiversité, quelle est votre réaction? Pensez-vous que cela soit cohérent avec le travail effectué chaque jour sur le terrain par les chasseurs?

Emmanuel Macron : Je souhaite que l’on sorte des polémiques stériles. Je souhaite que le travail des chasseurs pour la biodiversité soit reconnu, mais que les chasseurs admettent aussi que la biodiversité est un souci légitime qui doit embarquer d’autres parties prenantes.

Baudouin de Saint Leger : Avez-vous déjà tiré avec une arme à feu ?

Emmanuel Macron : Oui, bien sûr. C’était avec le fusil de mon grand-père. C’est une école de calme et de précision.

Baudouin de Saint Leger : Quelle est votre position sur la législation de la vente des armes en France ?

Emmanuel Macron : Nous vivons dans une société violente. La législation sur les armes en France permet d’éviter les débordements que l’on constate dans des pays où la législation est plus souple. Je me félicite que les porteurs d’armes, qui sont essentiellement des chasseurs, démontrent qu’on peut détenir une arme pour autant que l’on sait en maîtriser l’usage. C’’est un esprit de responsabilité qu’il faut saluer.

Baudouin de Saint Leger : Si vous êtes élu, allez-vous relancer les chasses présidentielles?

Emmanuel Macron : Je n’ai pas d’opposition de principe, mais si cela devait être le cas, cela ne serait pas pour un petit moment d’entre-soi aux frais de la République mais uniquement pour les intérêts de la France.

Baudouin de Saint Leger : Pourquoi nos lecteurs devraient-ils voter pour vous ?

Emmanuel Macron : Je n’aime pas qu’on caricature les chasseurs en citoyens à part attachés jalousement à des traditions immuables. Tous les chasseurs que je connais sont des experts de leur environnement, des citoyens conscients de leurs droits comme de leurs devoirs. Je propose pour ma part de rendre du pouvoir aux citoyens, de leur permettre de choisir leur vie, de lever les blocages qui enferment les Français dans des schémas rigides ou stériles. Je pense que cette philosophie est de nature à parler aux chasseurs.

Baudouin de Saint Leger : Si vous deviez choisir des chasseurs dans votre gouvernement lesquels choisiriez-vous?

Emmanuel Macron : J’ai d’éminents chasseurs dans mon entourage mais je privilégie leur compétence politique, leur honnêteté, leur compréhension des enjeux de la France sur leur talent de chasseur, je l’avoue. Ce qui est sûr, c’est que je choisirai toujours des ministres qui sauront respecter leur interlocuteur et comprendre les problématiques du terrain.

https://www.chassons.com/emmanuel-macron/#

 

Dans un autre registre de chasse –mais aux casseroles cette fois- lisez ou relisez : Emmanuel Macron : la chasse aux casseroles est ouverte (Marianne -02/06/2016)

Publié dans Chasse

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Denis S. 04/03/2017 06:39

Si Fillon vous a effaré, Macron devrait vous achever...

« Je n’ai jamais chassé moi-même » (un petit coup pour les non-chasseurs) « mais j’ai à plusieurs reprises accompagné des amis chasseurs » (et un petit coup quand-même pour les chasseurs)…
« Les récits de chasse ont accompagné mon enfance » (plus menteur que ça tu meurs) !
« La chasse moment d’échange, qui renvoie à quelque chose de beaucoup plus profond, un ancrage dans un territoire, dans une culture dans un mode de vie » (ça y est, il nous fait le coup habituel de la "tradition")
« Je ne saurais dissocier la chasse des problématiques qu’affrontent bien des activités et bien des secteurs en France » (il fallait oser, c'est ÉNORME mais il a osé) !
« Je souhaite que le travail des chasseurs pour la biodiversité soit reconnu » (ça mériterait une revue de détail)…
« Oui, bien sûr… » (tirer parait être une évidence, sans ça t'es pas un homme) « j'ai tiré avec le fusil de mon grand-père » (ah, si en plus c'est celui de Papy ça lui fait deux points de plus)…
« C’est une école de calme et de précision » (le lancer de couteau, la vivisection et la taxidermie… ça marche aussi ?)
« Je me félicite… » (On n'est jamais mieux servi que par soi-même) « que les porteurs d’armes, qui sont essentiellement des chasseurs, démontrent qu’on peut détenir une arme pour autant que l’on sait en maîtriser l’usage. C’est un esprit de responsabilité qu’il faut saluer » (en plus, il s'exprime mal le bougre !)
« Si je relançais les chasses présidentielles ce serait uniquement pour les intérêts de la France » : (quelqu'un peut-il m'expliquer de quels intérêts il parle ?)

Rassurez-moi : tout ça n'est qu’une vaste plaisanterie... ?

Michele Enault 04/03/2017 07:09

"On ne BROSSE pas les non-chasseurs dans le sens du poils" : désolé...

Jean-Louis 04/03/2017 06:50

Hélas non Denis : ce n'est pas une plaisanterie mais, comme je le disais en préambule : la grande majorité des candidats sont prêts à tout pour attirer les chasseurs dans leur sillage ! Les promesses –naturellement au détriment de la nature et de la biodiversité…-vont donc bon train ! Les intéressés –les « chasseurs de voix »- oublient juste quelques points pourtant évident :
- Les chasseurs votent mais, en grande majorité, à droite, très à droite…
- Malgré la puissance de leur lobby, les chasseurs ne représentent qu’une infime partie de la population (ils sont environ 1 100 000 et, fort heureusement, ce nombre continue de diminuer d’année en année…) : autant que je sache, les non-chasseurs votent aussi et, pourtant, on ne les brasse pas de même dans le sens du poil. Au contraire, ils sont régulièrement méprisés et présentés comme de dangereux activistes (des « terroristes », des « khmers verts »…) alors même qu’ils ne font que défendre notre bien commun : la biodiversité !