Le tichodrome échelette où l’Oiseau Papillon investit la vieille pierre
Hivernant régulier mais rare en Alsace, le tichodrome échelette, petit passereau aussi atypique que méconnu, affectionne les falaises et ne dédaigne pas le patrimoine architectural. Ces derniers mois, il est présent en nombre inhabituellement élevé dans la région, visitant notamment l’abbaye de Murbach et le château du Haut-Koenigsbourg...
Sa taille modeste (celle d’un moineau) et sa robe grise en feraient un invité patrimonial quasi indiscernable, ton pierre sur pierre. Mais l’oiseau prend toute sa dimension lorsqu’il ouvre ses ailes arrondies et bariolées. Rouge, blanc, noir, les couleurs éclatent. Le vol léger et irrégulier, la trajectoire hésitante et incertaine : tout ici rappelle le lépidoptère. Son surnom sonne comme une évidence, ce sera l’oiseau-papillon.
Et que vient faire un papillon sur un édifice classé ? Il butine, bien sûr. Son long bec effilé est fait pour ça. Des petits insectes, des araignées : les anfractuosités séculaires en sont pleines. L’hiver venu, ce nicheur d’altitude, parfois au-delà de 2 000 m (essentiellement dans le massif alpin pour la population européenne), descend en « plaine », fuyant le froid et la neige.
« J’aperçois une petite boule grise sur un des murs… C’était bien lui ! »
Sa capacité de dispersion est grande : on l’a vu jusqu’au Mont Saint-Michel. Une donnée sur Notre-Dame-de-Paris dans les années 1960 et sur presque tout ce que la France compte de cathédrales. Dont celle de Strasbourg. « C’était en 72 ou en 73 », croit se souvenir un observateur.
À l’abbaye de Murbach, aussi. « Je m’en souvenais, c’est pourquoi on est allé le chercher, raconte Lionel Gilot, ornithologue originaire de la vallée de Guebwiller, premier observateur de la saison. C’était le 31 décembre, il faisait très doux. J’aperçois une petite boule grise sur un des murs. J’y croyais à peine, mais c’était bien lui. » Une fois la découverte rendue publique, ornithologues et photographes défilent. Et d’autres sites sont prospectés avec succès : carrières de Saint-Nabor et Bergholtz-Zell, château du Haut-Koenigsbourg, falaises de Willer-sur-Thur.
Le phénomène n’est pas nouveau, son ampleur inhabituelle. « Le tichodrome est mentionné depuis longtemps en tant qu’hivernant régulier dans la région entre novembre et mars, confirme Christian Dronneau, administrateur de la LPO Alsace. Un ou deux individus sont vus quasiment chaque année. Mais autant à la fois [quatre à cinq individus, observés aux mêmes périodes, donc, N.D.L.R.], je n’en ai pas souvenir. »
L’explication attendra. « Il y a peu de données sur l’espèce. On peut supposer que la reproduction a été bonne l’an dernier, mais c’est à peu près tout. La pression d’observation et internet doivent jouer. Du temps où il y avait un suivi “faucon pèlerin” sur les falaises de Gueberschwihr, le tichodrome y était vu quasiment chaque année. Plus on le cherche, plus on le trouve… »
Mathieu PFEFFER
Sa taille modeste (celle d’un moineau) et sa robe grise en feraient un invité patrimonial quasi indiscernable, ton pierre sur pierre. Mais l’oiseau prend toute sa dimension lorsqu’il ouvre ses ailes arrondies et bariolées. Rouge, blanc, noir, les couleurs éclatent. Le vol léger et irrégulier, la trajectoire hésitante et incertaine : tout ici rappelle le lépidoptère. Son surnom sonne comme une évidence, ce sera l’oiseau-papillon.
Et que vient faire un papillon sur un édifice classé ? Il butine, bien sûr. Son long bec effilé est fait pour ça. Des petits insectes, des araignées : les anfractuosités séculaires en sont pleines. L’hiver venu, ce nicheur d’altitude, parfois au-delà de 2 000 m (essentiellement dans le massif alpin pour la population européenne), descend en « plaine », fuyant le froid et la neige.
« J’aperçois une petite boule grise sur un des murs… C’était bien lui ! »
Sa capacité de dispersion est grande : on l’a vu jusqu’au Mont Saint-Michel. Une donnée sur Notre-Dame-de-Paris dans les années 1960 et sur presque tout ce que la France compte de cathédrales. Dont celle de Strasbourg. « C’était en 72 ou en 73 », croit se souvenir un observateur.
À l’abbaye de Murbach, aussi. « Je m’en souvenais, c’est pourquoi on est allé le chercher, raconte Lionel Gilot, ornithologue originaire de la vallée de Guebwiller, premier observateur de la saison. C’était le 31 décembre, il faisait très doux. J’aperçois une petite boule grise sur un des murs. J’y croyais à peine, mais c’était bien lui. » Une fois la découverte rendue publique, ornithologues et photographes défilent. Et d’autres sites sont prospectés avec succès : carrières de Saint-Nabor et Bergholtz-Zell, château du Haut-Koenigsbourg, falaises de Willer-sur-Thur.
Le phénomène n’est pas nouveau, son ampleur inhabituelle. « Le tichodrome est mentionné depuis longtemps en tant qu’hivernant régulier dans la région entre novembre et mars, confirme Christian Dronneau, administrateur de la LPO Alsace. Un ou deux individus sont vus quasiment chaque année. Mais autant à la fois [quatre à cinq individus, observés aux mêmes périodes, donc, N.D.L.R.], je n’en ai pas souvenir. »
L’explication attendra. « Il y a peu de données sur l’espèce. On peut supposer que la reproduction a été bonne l’an dernier, mais c’est à peu près tout. La pression d’observation et internet doivent jouer. Du temps où il y avait un suivi “faucon pèlerin” sur les falaises de Gueberschwihr, le tichodrome y était vu quasiment chaque année. Plus on le cherche, plus on le trouve… »
Mathieu PFEFFER
Le tichodrome échelette n’a pas de problème pour rester statique à la verticale. Photo DNA /Jean-Marc HOOG
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