Un chevrier qui fait des émules
Voilà une histoire étonnante que je tenais absolument à partager avec vous, les amis ! Je sais que, comme moi, vous êtes nombreux dans le lot à ne plus consommer de fromages pour la simple raison que vous avez pris conscience de toute la détresse animale qui se trouve derrière la fabrication de ceux-ci. L’histoire de Jean-Yves et de ses chèvres révélée dans l’émission ‘’Les pieds sur terre’’ sur France Culture * constitue un formidable espoir pour qu’un jour nous puissions à nouveau consommer du fromage certes mais, surtout, démontre qu’on peut faire autrement, sans toute cette violence ! Mais, écoutez plutôt cette émission…
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Jean-Yves trait ses chèvres à la main…
En 2019, Jean-Yves Ruelloux, chevrier en centre-Bretagne, racontait la façon dont il menait son troupeau en lactation longue, méthode permettant de ne pas faire naître de chevreaux, de se passer de l'abattoir et de vivre avec ses bêtes jusqu'à leur belle mort. Son témoignage en a inspiré plus d'un.
En 2019, Inès Léraud avait rencontré Jean-Yves Ruelloux sur le marché de Rostrenen, en centre-Bretagne, où il vendait son fromage de chèvre. Éleveur depuis 1978, Jean-Yves comptait dans son troupeau 17 chèvres qu’il trayait à la main matin et soir en continu.
“Ici, le lait est produit sans que les petits soient séparés des mères et sans envoyer d'animaux à l'abattoir, ce qui est très rare. Dans les élevages laitiers classiques, les bêtes font un petit chaque année qui leur est aussitôt retiré pour qu'on puisse recueillir le lait. Les mâles sont envoyés à l'abattoir.” Inès
Après une quinzaine d’années d’élevage classique, Jean-Yves avait décidé de passer à la pratique de la longue lactation, une méthode qui offrait une meilleure qualité de vie à ses chèvres et lui permettait d’avoir des revenus corrects.
“Ces dernières années, j'arrivais à avoir le SMIC alors que des collègues en agriculture intensive, avec beaucoup d'hectares des fois, se retrouvaient avec un tiers de SMIC.” Jean-Yves
“On n'a plus l'impression de faire de la production, on a l'impression de partager la vie avec des animaux et de s'échanger des services les uns les autres.” Jean-Yves
Cette année, Inès Léraud est retournée voir Jean-Yves dans sa ferme, où il est bien entouré. Suite à la diffusion de la première émission sur le chevrier breton en 2019, de nombreuses personnes ont découvert la lactation longue et viennent maintenant en apprendre plus sur cette méthode auprès de Jean-Yves.
“En 2019, je voyais assez peu de monde. J'attendais tranquillement la retraite définitive. J'avais tendance à devenir un peu muet, au sens propre, j'avais carrément des difficultés à m'exprimer parce que je ne m'exprimais plus. J'aurais pu bêler plus facilement.” Jean-Yves
Après l’émission de 2019, plus d’une centaine de personnes l’ont contacté : de futurs agriculteurs, des chercheurs, des vétérinaires et surtout des éleveurs. Ça le remotive et il ajoute trois nouvelles chèvres à son troupeau.
Arnaud fait partie des éleveurs qui ont adopté la lactation longue après avoir rencontré Jean-Yves. Aziliz, elle, est vétérinaire et conseille maintenant cette méthode aux éleveurs avec qui elle travaille.
“J’ai l'impression finalement d'avoir vécu pour quelque chose. Et puis je suis reparti pour 30 ans là !” Jean-Yves
Réécoutez l’émission ‘’Un chevrier qui fait des émules’’ ICI
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