Lacs, rivières et zones humides : des trésors de biodiversité

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Indispensables pour l’eau potable, l’irrigation des cultures et la santé, les écosystèmes d’eau douce sont soumis à de nombreuses pressions et de rudes épreuves. Leur préservation est aujourd’hui une urgence et une priorité…

15 des 80 espèces de poissons d’eau douce présentes en France métropolitaine, soit près d’une sur cinq, sont menacées de disparition. Photo : Adobe Stock

Elle est à l’origine de toute forme de vie sur Terre. Principal constituant des êtres vivants, l’eau, apparue il y a environ 4 milliards d’années sur notre planète, s’écoule, se transforme et se recycle à l’infini. Tout aussi indispensable à la nature qu’à l’homme, elle sculpte les reliefs, façonne et habille les paysages de nos campagnes, irrigue le tissu économique, social et culturel de nos civilisations. Le constat est simple: tous les êtres vivants et toutes les sociétés ont besoin deau pour exister et pour se développer. Seulement voilà: si la planète bleue” semble en regorger, force est de constater que l’eau de qualité, elle, se fait plus rare. Il en découle un autre constat, simple lui aussi, établi ces dernières décennies: 100 % de la pollution aquatique est dorigine humaine.

Des milieux qui souffrent

Quelques chiffres. En 2015, seulement 45 % des cours d’eau en France étaient “en bon état écologique” et seuls 62 % présentaient “un bon état chimique” selon les chiffres du ministère de la Transition écologique. D’après l’association de protection de l’environnement WWF, les fleuves et les rivières d’Europe, ainsi que les zones humides qui leur sont associées, comptent parmi les milieux ayant le plus souffert des activités de l’homme. 25 % des cours d’eau d’Europe occidentale et méridionale sont pollués à un niveau extrême. 50 % des zones humides françaises ont disparu au cours des 30 dernières années.

Dans la zone Rhône-Méditerranée-Corse, parmi les rivières en mauvais état, plus de la moitié ont subi de graves déformations physiques (dues aux endiguements, bétonnage, enrochement des berges, déboisements des rives…). Les barrages empêchent la circulation des espèces et des sédiments (sable, vase…). Résultats: les poissons migrateurs (saumons, anguilles) nont plus accès à leur zone de reproduction provoquant des dégénérescences et des disparitions d’individus; quant aux sédiments, piégés, ils saccumulent et concentrent les polluants

En 2019, le Comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature et le Muséum national d’histoire naturelle tiraient la sonnette d’alarme: 15 des 80 espèces de poissons deau douce présentes en France métropolitaine, soit près dune sur cinq, sont menacées de disparition. «La destruction et la dégradation des milieux naturels constituent les principales menaces», indiquent les auteurs.

Mais si les problèmes sont connus, les solutions le sont aussi! Malgré des chiffres souvent inquiétants, les mesures prises ces dernières années commencent à porter leurs fruits. Même sil reste des progrès à faire, la qualité des cours d’eau s’améliore et les prélèvements et analyses n’ont jamais été si nombreux. Des projets de contournements de barrages, des passes à poissons et la désartificialisation des rives permettent de réduire notre empreinte sur les écosystèmes. Lacs, rivières et zones humides sont le berceau de la diversité biologique. Leur préservation est un enjeu majeur pour notre avenir.

Le Progrès (16 mars 2022)

 

 

 

 

 

 

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Z
Enjeu majeur, espérons qu'il sera entendu!
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B
Des trésors humides à préserver de toute urgence...
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