L’agression russe sur l’Ukraine, un cauchemar pour l’écologie

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Cela fait partie des scénarios déjà annoncés par le Giec cet été : la montée des conflits pourrait entraîner une hausse moyenne des températures mondiales de 3 à 3,5 degrés d’ici à la fin du siècle, quand l’objectif est, actuellement, de les limiter à 1,5 degré.

Une vue de la ville abandonnée de Pripyat, près de la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine, où des combats étaient en cours, jeudi 24 février 2022. Photo : Gleb/Garanich/Archive

Si un autocrate se met à massacrer un peuple sans raison, comment espérer de lui qu’il mette son pays sur la voie d’une transition écologique ? La Russie, premier producteur de gaz fossile avec Gazprom –l’une des trois entreprises au monde les plus émettrices de gaz à effet de serre– avait déjà tardé à adopter l’accord de Paris de 2015. Elle ne l’a ratifié que quatre ans plus tard. Entre-temps, la production du géant gazier a augmenté de 15 %...

À Odessa, Mykolaïv, Marioupol, les ports ukrainiens de la mer Noire et de la mer d’Azov, des cargos de céréales à destination des marchés mondiaux sont bloqués. Les prix flambent ; mardi soir, la tonne de blé a atteint un nouveau record de 351 euros. Dans les allées du Salon de l’agriculture, qui se tient cette semaine porte de Versailles à Paris, la réponse apportée par les organisations dominantes du monde agricole était d’en appeler à la souveraineté nationale afin que l’Hexagone soit moins dépendant des importations en provenance du grenier à blé ukrainien. Elles en profitaient pour exiger, une nouvelle fois, un assouplissement des mesures environnementales que tente de mettre en place, laborieusement, la politique agricole européenne.

Alors que des denrées de première nécessité, tant pour l’alimentation humaine que pour l’alimentation animale, pourraient venir à manquer dans quelques mois, l’argument écologique d’une agriculture plus respectueuse des écosystèmes aura certes peu de poids. Pourtant, les urgences sont là aussi, moins spectaculaires, moins marquées sous le sceau de l’évidence.

Dans une enquête publiée dimanche, Mediapart raconte comment le n° 2 de la volaille français, Duc, a abandonné la production bio et d’autres labels pour ne produire que du poulet bas de gamme à travers un vaste plan de construction de mégapoulaillers dans lesquels sont entassés 22 poulets au mètre carré. Depuis longtemps, l’élevage porcin, notamment en Bretagne, est également engagé dans cette voie de l’industrialisation hors-sol. Ces modes d’élevage recourent au soja brésilien… comme aux maïs et tournesols ukrainiens.

Amélie Poinssot/Médiapart

 

 

 

 

 

 

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Publié dans Environnement

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B
Pas rassurant du tout...<br /> C'est dramatique... Inquiétant !!
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J
Ce n'est guère rassurant. Ce n'est qu'un début.
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C
C'est décourageant tout cela et force est d'admettre que Nostradamus l'avait prédit... Ouf! Ça ne va pas bien du tout...
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J
La France à exporté l’an dernier plus de 4millions de tonnes de blé !!! Et on en importe? Cherchez l’erreur ou alors comment nous arnaque t-on sur le prix du blé ? Que cherche t-on à nous faire croire sur ce sujet ? Qu’il faut produire plus et « sale » … donc continuer d’augmenter la quantité faramineuse de pesticides utilisés ?
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Z
Je suis désespérée par tout cela . Et trés pessimiste !
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