Ils proposent une « seconde chance » aux chevaux de course pour les sauver de l’abattoir

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Depuis 2015, plus de 425 Pur-sang sont passés par les box de Ludyvine Crépeau, la créatrice de l’association Cœur de course, à l’hippodrome de Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes)…

L'hippodrome de Cagnes-sur-Mer prête généreusement quinze box à l'association pour accueillir les chevaux « en reconversion ». Photo : E. Martin/ANP/20 Minutes

Que deviennent les chevaux de course une fois leur carrière de champion terminée ? « Une partie est dressée, une autre, va à l’abattoir », répond Ludyvine Crépeau, créatrice de l’association Cœur de course, qui donne « une seconde chance » à ces animaux « retraités ». Elle a à sa disposition une quinzaine de box à l’hippodrome de Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes). « C’est comme une SPA au salon du chien », résume-t-elle en plaisantant.

En 2015, elle décide de créer cette association quand quatre pur-sang sont laissés à l’abandon après un meeting, ces rassemblements de professionnels qui viennent avec leur écurie de partout pour faire des courses tous les jours. Son compagnon et elle travaillent « depuis toujours » dans cet univers et trouvent une solution pour les garder. « À l’époque, on était la deuxième structure en France à proposer ce genre d’initiative. Il y a eu une grosse demande très vite. Depuis, ça n’a jamais arrêté. On en est à 425 chevaux passés par l’association », raconte la fondatrice.

Julia, la fille de Ludyvine, la créatrice de l'association Cœur de course, veut faire « comme maman » comme métier plus tard. Photo : E. Martin/ANP/20 Minutes

Une nouvelle vie pour les chevaux

Quand les pur-sang arrivent à Cagnes-sur-Mer, ils sont pris en charge pour les préparer à « une nouvelle vie ». Ludyvine développe : « On les soigne, on met à jour les vaccins, on traite leur estomac puisque ce ne sera plus le même régime que pour les courses, on les réhabilite à de nouvelles habitudes. C’est vraiment une reconversion et une remise en forme. On n’a pas le choix, ils doivent pouvoir être montés d’une nouvelle manière et être polyvalents. »

Ces animaux sont accueillis entre deux mois et un an avant d’être possiblement adoptés à « des prix beaucoup moins chers qu’ailleurs, entre 2.000 et 3.500 euros. » « Je fais une petite sélection avant de laisser les chevaux partir. Le but, c’est qu’ils ne reviennent jamais. Les personnes doivent le faire avec leur cœur et pas pour faire une bonne affaire. Je veux leur trouver une bonne famille », affirme la présidente de l’association.

« Chouchoutage total »

Ce jour-là, Julie, 33 ans, a fait « trois heures de route » pour rencontrer Gladys et Enfant, deux Pur-sang qui l’intéressent. « Il n’existe pas de centre comme celui-ci près de chez moi, indique-t-elle. J’ai commencé à monter à 3 ans. Ça comptait pour moi de pouvoir sauver un cheval et de lui donner une seconde chance dans sa vie. Au-delà du fait d’acheter un animal, j’aime pouvoir me dire que je repars avec un être vivant qui a toute une histoire derrière lui. »

Les chevaux récupérés sont soit des dons soit des animaux que l'association achète pour les sauver de l'abattoir… Photo : E. Martin/ANP/20 Minutes

En effet, la mère de Ludyvine, Jocelyne, « qui donne un coup de main », raconte : « Une fois, elle a acheté un cheval qui ne supportait plus d’avoir des fers. Il a dû faire huit mois de box. Sinon, pour son propriétaire, c’était direction l’abattoir. » Elle ajoute : « Une fois pris en charge, c’est le chouchoutage total avec des livraisons de carottes par 50 kg jusqu’au tapis chauffant pour leur masser le dos. C’est une passion vocation, il n’y a pas de vacances, pas de Noël. Mais quelle satisfaction de recevoir des vidéos de clients où on voit les chevaux qui sautent ou qui sont en concours, deux ans après l’achat ! »

Un travail à plein-temps et « quasi bénévole » car l’association ne reçoit pas de subventions. « Les courses ne s’arrêteront jamais, ça fait travailler beaucoup trop de monde donc on aura toujours besoin de nous. C’est important de souligner que l’hippodrome de Cagnes participe à protéger ces chevaux en nous accueillant gratuitement ». Pour le reste, Ludyvine précise : « Des particuliers peuvent parrainer des chevaux. Mais pour évoluer, il faudrait vraiment qu’on puisse avoir plus d’argent. » En attendant, l’association fait des partenariats avec des organismes d’équithérapie ou des sensibilisations avec des enfants en échec scolaire.

Elise Martin/MSN.com

 

 

 

 

 

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Publié dans Animaux, Portrait

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Z
Ces sauvetages mettent un peu de baume au coeur, et merci à ceux qui s'y dévouent , mais ce n'est que l"arbre caché de la maltraitance animale du milieu hippique qui me révolte . Totlement d'accord avec ton commentaire Jean-Louis.
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B
Bravo pour cette belle action de sauver des chevaux de course de l'abattoir...
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J
Une autre facette du milieu équestre et, plus particulièrement, de celui des courses : on achète (souvent très, très cher…) des individus qui ont quelques chances de devenir des ‘’cracks’’, on investit ensuite des sommes (souvent colossales…) dans le ‘’dressage’’ et l’entraînement du futur champion en question mais, on revanche, lorsque l’animal vieillit (ou, tout simplement, lorsqu’il est ‘’moins bon’’ qu’on l’espérait, on n’hésite pas à envoyer celui-ci ‘’à la casse’’ comme ils disent, entendez par là à l’abattoir… Monde décidément cruel et sans le moindre état d’âme ! Il y a de quoi être révolté… 30 Millions d’Amis et d’autres –comme Ludyvine en l’occurrence- sauvent ce qu’ils peuvent sauver : c’est beaucoup mais, ne nous leurrons pas, c’est une petite, une toute petite partie seulement de tous ces animaux envoyés chaque jour à la boucherie !
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M
Une heureuse initiative mais c'est triste de voir que le monde des courses qui brasse des sommes d'argent énorme ne daigne consacrer un peu d'argent pour s'assurer que les chevaux qu'ils utilisent puissent avoir une fin de vie heureuse. Pour eux les chevaux sont juste des machines à cash qu'on jette après usage c'est lamentable.
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C
Merci à eux pour ces sauvetages et bravo pour cette belle action.
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