À Saint-Brieuc, chasses à l’arc pour réguler la population de sangliers

Publié le par Jean-Louis Schmitt

La nécessaire régulation des sangliers a conduit à la signature, à Saint-Brieuc, d’une convention entre chasseurs et municipalité. L’arc étant retenu comme mode de prélèvement, notamment pour sa discrétion.

La chasse à l’arc est une chasse « de contact », avec des distances de tir inférieures à 15 ou 20 m. (Photo d’illustration Le Télégramme/François Destoc)

Depuis la fin du mois de septembre, trois chasses au sanglier se sont déroulées, à Saint-Brieuc. Trois opérations encadrées par une convention passée entre la Ville et la Fédération des chasseurs des Côtes-d’Armor. La dernière en date, le lundi 18 octobre, a concerné le secteur du Bois-Boissel, où une population de plusieurs dizaines d’individus a été recensée. Elle a nécessité la mobilisation du service environnement, de la Police municipale, de la fédération des chasseurs, mais aussi -et c’est une première dans les Côtes-d’Armor- 20 à 25 chasseurs à l’arc. Membres d’associations costarmoricaines, renforcés d’archers venus du Morbihan et d’Ille-et-Vilaine, ils étaient appuyés par les sociétés de Trégueux, de Plérin et des Villages, pour la fermeture du périmètre.

Discrétion et régulation

Pour Yvon Méhauté, le président de la fédération costarmoricaine, ce mode de chasse est « bien adapté » à la pratique en milieu urbain et périurbain. « La volonté première, c’est d’être extrêmement discret, de perturber les gens le moins possible. Et dans le même temps d’être efficace », affirme le responsable. Car il s’agit au bout du compte d’une action visant à réguler la population de suidés, responsable de nuisances et dégâts dans un nombre grandissant de jardins.

« La volonté première, c’est d’être extrêmement discret, de perturber les gens le moins possible. Et dans le même temps d’être efficace ».

Sans compter les potentiels problèmes sanitaires et de sécurité publique que peut poser la présence du sanglier à proximité immédiate des populations humaines et animales domestiques. Selon nos informations, une dizaine de chasses similaires, au total, seraient programmées.

Une vingtaine d’individus à Cesson, une quarantaine à Bois Boissel et une centaine à Plérin… Les sangliers prolifèrent dans le secteur. Si rien n’est fait, la population sera multipliée par deux d’une année sur l’autre. (Archives Le Télégramme)

Une chasse « de contact »

Qu’en est-il d’ailleurs de la dangerosité collatérale et d’éventuels débordements ? Ils seraient très faibles, dixit Théophile Rault, archer et vice-président des Lames de chasse d’Arvor, à Plérin. Et bien moindres qu’en battue classique. « C’est une chasse de contact, explique ce dernier, qui implique des distances de tir bien plus courtes qu’avec une arme à feu. On ne décoche pas à plus de 15 m, 20 au maximum ». La nécessité étant d’être d’une extrême précision, en visant exclusivement les organes vitaux de l’animal à prélever, soit des zones de 10 ou 15 cm de diamètre. Une distance qui permet aussi de s’assurer que l’animal correspond bien aux critères de prélèvement définis en amont de la chasse.

Acceptabilité sociétale

« Je tire mon chapeau à la Mairie ? -laquelle a confirmé au Télégramme l’existence de cette convention, NDLR- qui a accepté la mise en place de ces chasses ? ainsi qu’aux services de l’État, qui ont insisté pour que cela puisse se faire », témoigne le responsable fédéral, parfaitement « conscient » de la « sensibilité du sujet » et de son acceptabilité sociétale.

« Je souhaite faire de Saint-Brieuc et de Plérin des communes référentes ».

« Cela fait maintenant trois ans que je multiplie les contacts dans ce sens. Je souhaite faire de Saint-Brieuc et de Plérin des communes référentes. Je pense qu’on peut faire évoluer les mentalités. Pour nous, chasseurs, cette démarche va dans le bon sens. Et l’image de l’archer est bien meilleure que celle du chasseur classique. Sur le terrain, tous les témoignages nous le démontrent ». À noter que des pratiques similaires se développent en France, comme en périphérie d’Avignon, depuis 2019.

Le Télégramme (22.10.2021)

 

 

 

 

 

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Publié dans Animaux, Chasse

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S
Abominable loisir inutile et cruel sous le prétexte fallacieux de régulation alors que dans le même moment on effectue des relâchés de sangliers
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Z
Marre aussi de ces alibis , juste pour s'en prendre aux animaux! Pauvres sangliers!
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J
Chasse à l'arc, chasses "traditionnelles", chasse à courre ou chasse tout court... y'en a marre !<br /> Aucun argument ne justifie cet acharnement à détruire le vivant, pas même les problèmes de densité qui sont, j'ose le dire et le répéter, sciemment orchestrés pour permettre à une minorité de se "lâcher" et de se défouler sur d'autres animaux (eh oui, nous, les humains, en faisons partie de ce règne animal !) !
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M
La chasse à l'arc c'est sympathique, beaucoup moins dangereux pour les autres usagers de la nature (une flèche ne va pas très loin au delà de la cible en cas de loupé et perd très vite en force de pénétration.)<br /> Par contre elle est peu efficace pour réguler des animaux en surnombre car très peu productive. Pour abattre un animal il faudra 5 à 10 sorties pour un bon archer ce qui fait qu'il faudrait vraiment beaucoup d'archers pour que la méthode soit efficace. A envisager quand on aura régler le problème de la surdensité de sangliers c'est valable pour les autres espèces en surnombre aussi. <br /> <br /> Simple point de vue technique qu'on aime la chasse ou pas on a plus le choix les dégâts sont là . <br /> Autrement si on voulait être vraiment efficace il y a le piégeage en cage piège, ça marche très bien et n'est dangereux pour personne. Cela a été utilisé sur les zones atteintes par la peste porcine, mais les chasseurs n'auraient plus l'occasion de s'amuser et donc ne veulent pas en entendre parler ...Bien qu'ils soient totalement incapable de gérer quelque espèce que ce soit ...
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M
En effet comme dit Dominique la surpopulation de sangliers est due et a été maintenue par les chasseurs. <br /> Problème maintenant ils sont là et d'une manière ou d'une autre il faut réduire leur population sinon elle va exploser et les problèmes qui vont avec aussi.
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B
Tirer à l'arc pour tuer des sangliers, on aura tout vu !<br /> Qu'un humain reçoive aussi une flèche ou un autre animal, il n'y a pas des kilomètres !!
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J
Les pays qui ne font pas l’agrainage connaissent une augmentation de population de sangliers
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D
Y en a marre marre marre de ces alibis de prélèvements et de régulation: tout le monde sait maintenant que parmi les sangliers se trouvent ceux qui ont été élevés pour la chasse ! C'est d'ailleurs avec l'agrainage une des raisons de leur prolifération . Allons-nous supporter longtemps cette hypocrisie !!? Moi je verrais bien une grande campagne pour faire savoir cela à toute la population .
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