Les hérissons mal en point

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Déshydratation, manque de nourriture, perte des parents écrasés par des voitures, noyés dans des piscines ou tués par des prédateurs… Les hérissons, petits ou grands, ont beaucoup de raison d’être en détresse.

Émilie Dusausoy inspecte minutieusement le ventre, les pattes et le museau d’un hérisson arrivé au centre le jour même. Photo : Franck Kobi

La soigneuse Émilie Dusausoy examine un hérisson très maigre arrivé le jour même au centre de soins de Rosenwiller. « Ce n’est pas un hérisson de cette année. Il a sans doute au moins deux ans. Rien qu’en le touchant avec mes gants, je sais qu’il est déshydraté parce que ses piquants ne piquent plus. » Elle le déboule, c’est-à-dire qu’elle le manipule jusqu’à ce que la petite bête se déplie et montre son museau et ses pattes. « C’est une femelle », précise la soigneuse. « Elle nous a été amenée par un particulier qui l’a trouvée dans son jardin à Rountzenheim, en pleine journée et en plein soleil, ce qui est anormal. Le hérisson est un animal nocturne. » Elle regarde soigneusement l’état des pattes et du ventre et prend sa température. « On a de la chance. Elle n’y a pas de plaie apparente et pas d’asticots. En revanche, elle est en hypothermie. » Pour ce hérisson, ce sera une injection sous-cutanée de 30 ml de solution de réhydratation, chauffée pour remonter sa température, du repos et de la nourriture pour la requinquer.

« C’est l’espèce qui nous prend le plus de temps »

Beaucoup des hérissons pris en charge au centre ont des plaies infectées. D’où la nécessité de changer de gants pour chaque hérisson à chaque session de soins. Quand il y a 100 hérissons, il faut 100 paires de gants…

Puis vient le tour de deux petits hérissons de se retrouver sur la table d’examen. Ils pèsent respectivement 150 et 138 g. Ils, ou plutôt elles car ce sont deux petites femelles, ont été trouvées à Maisonsgoutte dans le val de Villé. Émilie Dusausoy met du temps à les débouler. « Il faut être très patient avec les hérissons. C’est l’espèce qui nous prend le plus de temps. » Les deux petites boules de piquants n’ont pas de plaies apparentes mais des puces et des tiques. La soigneuse les masse avec une solution à base d’extrait de lavande. « On évite sur des jeunes de mettre des produits chimiques. La lavande est un bon répulsif pour leurs puces. »

Des installations adaptées

Ces faucons crécerelles font partie d’un groupe de huit individus en convalescence dans une volière du refuge de Rosenwiller. Photo : Franck Kobi

Outre les huit salles de l’infirmerie au rez-de-chaussée du bâtiment, le centre de soins LPO Alsace de Rosenwiller a aussi des volières plus ou moins grandes, des boxes pour accueillir des mammifères ou des oiseaux en cours de guérison et qui ne doivent pas se blesser à nouveau. On trouve aussi, un peu à l’écart, des caisses d’hibernation pour les hérissons. « Nous avons aussi des salles de quarantaine », explique Cathy Zell, chargée de mission à la LPO Alsace, « isolées des autres bâtiments et essentiellement réservées aux colombidés, qui regroupent notamment les pigeons, les colombes et les tourterelles. Car ces oiseaux peuvent être porteurs de salmonelles ou de trichomonas, un parasite. »

Pour les jeunes oiseaux qui doivent apprendre à voler et à retrouver la vie sauvage, ou pour des oiseaux convalescents, le centre dispose d’une volière de 35 mètres, pour permettre à l’animal de s’exercer. Les adultes qui ont retrouvé la santé seront ensuite relâchés sur leur lieu de découverte.

Pour les jeunes, il y a des dispositifs de relâchés au taquet par émancipation progressive. « Ce sont des plates-formes sur lesquelles on met de la nourriture. L’oiseau s’envole de cette plate-forme et s’il ne trouve pas suffisamment à manger par lui-même, il peut y revenir se nourrir, jusqu’à ce qu’il soit complètement autonome. » Ce relâché au taquet, qui imite ce que le jeune oiseau apprend de ses parents au nid, peut se faire au centre, mais aussi chez des bénévoles pour élargir les territoires disponibles pour ces oiseaux.

G.D. (13 août 2021)

Les hérissons en détresse, ici un jeune adulte très déshydraté, représentent plus de la moitié des petits mammifères accueillis au centre de soins LPO Alsace pour la faune sauvage à Rosenwiller.

 

 

 

 

 

 

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Z
Que c'est triste! Un grand merci à ces centres de soins.
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M
Chez moi ils ont tous disparus ! ???? Je m'acharne depuis qlqs années à les faire venir ... Je souhaite créer un refuge???? si qlq1 est intéressé ...? ???? C avec plaisir ???? possibilité de venir sur place ✌️ je suis aux confins de la Dordogne, de la Corrèze, et du Lot. ????
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B
C'est bien triste pour ces petits hérissons.
Bravo à ce centre de soins.
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J
les miens se porte bien,ça ma coute 250gr de nourriture à chat tout les jours !
ma caméra "de chasse" se déclenche une vingtaine de fois par nuit ,impossible de les identifier pour en connaitre le nombre, quelques bagarres de temps en temps sans dégâts la lutte consiste a se pousser, genre sumo.
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J
Ces centres de soins sont admirables.
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J
Sommes-nous encore hérisson compatibles ? Ce qui s’applique aussi à beaucoup d’autres espèces animales.
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D
des animaux si sympas
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C
C'est heureyx que cet endroit existe pour aider ces animaux. Bon mercredi!
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