Dans l'Orne, des récoltes bio détruites par du prosulfocarbe, un herbicide pulvérisé par un exploitant voisin

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Dans le Perche, des agriculteurs bio alertent sur l'utilisation du prosulfocarbe. Ce pesticide, pulvérisé en agriculture conventionnelle sur les blés, pourrait se répandre sur plusieurs kilomètres. Il a été retrouvé sur des cultures de sarrasin bio qui ont dû être détruites. 

Dans l'Orne, des récoltes bio détruites car polluées par des pesticides. Photo : JLS

Des traces de pesticides ont été retrouvées dans des récoltes de sarrasin bio, à Nocé dans l'Orne. Quatorze d'entre elles ont dû être détruites. Pour les agriculteurs bio, ce pesticide, le prosulfocarbe, a vraisemblablement été épandu par un exploitant à proximité de leurs parcelles.

Les agriculteurs du Gaec du Pis Vert dans l'Orne se désolent en constatant que leurs récoltes produites dans le cadre de l'agriculture biologique sont perdues à cause d'un herbicide. Le prosulfocarbe, puissant désherbant volatil, a atterri dans les parcelles des exploitants du Gaec et dans un périmètre de 6 kilomètres à la ronde.

« On a récolté toute une parcelle de 7 hectares qui a été contaminée par le prosulfocarbe » Jérémie Ouy, agriculteur bio.

Le prosulfocarbe aurait été pulvérisé sur des champs de blé voisins par un ou plusieurs agriculteurs. Dans les règles, ce produit ne doit pas être utilisé à moins de 500 mètres d'une culture voisine mais dans les faits il pourrait dériver sur plusieurs kilomètres. "Le produit est très volatil" précise Josué Diesny, agriculteur bio, "et si il s'est déposé sur cette parcelle-là, il y a des chances qu'ils se soit déposé aussi dans les jardins des riverains, à l'époque où on récolte les pommes, les poires"

Pour eux, il s'agit d'un véritable problème de santé publique, qui se mesure concrètement par le nombre d'adhérents de la coopérative Biocer touchés par ce phénomène. Ici, seize agriculteurs bio sur vingt-deux ont retrouvé des traces de prosulfocarbe dans leur sarrasin et parfois à des taux très élevés. "Tous mes lots ont été contaminés et ont été détruits, de ce fait" explique Mathilde Siguré, agricultrice bio en Eure-et-Loir, " et un des lots a dépassé la dose limite autorisée (la LMR) de 100 fois au-dessus de cette dose autorisée. Ce n'était pas utilisable ni en conventionnel, ni pour des couverts végétaux, rien quoi".

"Je ressens un mélange d'incompréhension et de colère. J'ai l'impression d'avoir travaillé pour rien : ce n'est que du temps de gâché et des pertes financières", confie Mathilde Séguré, agriculture bio. La perte sèche se chiffre à près de 5.000 euros pour chaque agriculteur.

De leur côté, les assurances demandent aux victimes de retrouver l'exploitant responsable de l'épanchement du pesticide, sans quoi elles ne peuvent les dédommager. Les agriculteurs ont décidé d'interpeller le ministère de l'Agriculture et souhaitent que le prosulfocarbe soit retiré de la vente, "par précaution". La Coopérative demande que l'utilisation de ce pesticide soit mieux encadrée ou tout simplement interdite.

D.M/S.Z/L.A/France3 Normandie (16.06.2021)

Vidéo : Des cultures bio victime des pesticides dans l'Orne (2 :00)

 

 

 

 

 

Si vous avez apprécié cette publication,

partagez-là avec vos amis et connaissances !

Si vous souhaitez être informé dès la parution d’un nouvel article,

Abonnez-vous !

C’est simple et, naturellement, gratuit !

 

 

 

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Béa kimcat 07/07/2021 16:25

Consternant oui...

Zoé 07/07/2021 12:33

C'est consternant! Et ce sera en toute impunité ou alors un lampiste va payer pour les vrais responsables!

danièle 07/07/2021 09:55

En 2021 le monde empoisonné ne devrait plus exister ! Honte à nos dirigeants qui le savent et qui ne font rien : ils sont complices et criminels ... ! Que toutes les victimes des poisons se regroupent et portent plainte +++ . L'agriculture biologique est l'avenir de l'humanité !

Françoise 07/07/2021 09:52

C'est d'ailleurs pour cette raison que certaines personnes prétendent que rien ne peut être bio, alors à quoi bon vouloir changer ? Argument pratique, autant rester dans le non bio... Cercle vicieux, tant que des agriculteurs achètent ces produits, ça se vend et tant que ça se vend, pourquoi ne pas l'acheter... Le profit est toujours en tête des valeurs dans nos sociétés dépravées et tout est fait pour que rien ne change...

Jacky 07/07/2021 08:31

C'est vraiment un problème de santé publique.

schneider jo 07/07/2021 17:53

bonjour les Amis du site
on nous empoisonne ce n'est pas d'aujourd'hui , la multiplication des cancers n'est pas
sans raison, c'est comme la vaccination actuelle qui aura des conséquences néfastes à moyen terme ... informez vous , fermer la télé et ouvrez votre cerveau , n'hésitez pas
à regarder la " minute de Ricardo " sur le net , chaque jour , instructif , bon été à tous
le beau temps revient toujours après la pluie , salutations alsaciennes , 7 7 21