L’écologie princière

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Je vous dois un aveu mes amis : je suis totalement ignorant pour tout ce qui concerne ceux que l’on nomme les ‘’people’’ : je ne me suis jamais intéressé à cette catégorie de personnes et, même lors de mes passage dans les salles d’attentes de certains praticiens, je n’ai jamais éprouvé la moindre curiosité ne serait-ce que pour feuilleter les magazines à disposition des patients, généralement vieux et informes à force d’être triturés -les magazines, pas les patients, quoique…- relatant avec force détails la vie des célébrités et autres ‘’grands’’ de ce monde. Et vous savez quoi ? Je m’en porte très bien… La récente disparition du Prince Philip ne m’a donc pas bouleversé outre mesure. Ce n’est qu’en apprenant l’engagement de l’intéressé pour l’écologie que j’ai daigné me pencher sur la vie de l’illustre ‘’mari de’’…

‘’SAR le Prince Philip, qui était un grand défenseur de l'environnement et un passionné d'ornithologie. En 1985, alors que je travaillais pour le WWF, j'ai eu le privilège de passer trois jours avec le Prince Philip dans les parcs nationaux de la montagne d'Ambre et de l'Ankarana à Madagascar pour observer les oiseaux et les lémuriens endémiques…’’ Olivier Langrand [DR] (Cliquez pour agrandir)‘’SAR le Prince Philip, qui était un grand défenseur de l'environnement et un passionné d'ornithologie. En 1985, alors que je travaillais pour le WWF, j'ai eu le privilège de passer trois jours avec le Prince Philip dans les parcs nationaux de la montagne d'Ambre et de l'Ankarana à Madagascar pour observer les oiseaux et les lémuriens endémiques…’’ Olivier Langrand [DR] (Cliquez pour agrandir)

‘’SAR le Prince Philip, qui était un grand défenseur de l'environnement et un passionné d'ornithologie. En 1985, alors que je travaillais pour le WWF, j'ai eu le privilège de passer trois jours avec le Prince Philip dans les parcs nationaux de la montagne d'Ambre et de l'Ankarana à Madagascar pour observer les oiseaux et les lémuriens endémiques…’’ Olivier Langrand [DR] (Cliquez pour agrandir)

Bien entendu, je n’ignorais pas que le duc d’Edimbourg était un des fondateurs de la branche britannique du WWF en 1961 et même qu’il l’avait présidé de 1981 à 1996 ! En revanche, je n’avais pas connaissance de certains de ces propos qui, avec le recul, me rendent le prince consort –et qu’on sortait aussi pour les grandes occasions- plutôt sympathique ! Je le soupçonne aussi d’avoir été d’un tempérament quelque peu blagueur même si ses paroles ont souvent été prises au premier degré et en ont probablement choqué plus d’un…

Ainsi, le Prince Philip déclara en août 1988, selon l’agence de presse Deutsche Presse Agentur (DPA) : ‘’Si j’étais réincarné, j’aimerais l’être sous la forme d’un virus mortel afin de contribuer à résoudre le problème de la surpopulation.’’ L’augmentation de la population le préoccupait de toute évidence considérablement. Sur Europe 1, en 1991, il enfonçait le clou : ‘’On a besoin de manger, de place pour habiter, pour l’agriculture. Le changement du climat est dû à l’augmentation de la population. La désertification, c’est la faute des humains, ce n’est pas un phénomène naturel.’’

Autre combat : obtenir des "conventions internationales sur la pêche" dans les eaux internationales où, à l’époque, "on peut utiliser toutes les technologies, pêcher tous les poissons, et rien n’est contrôlé". Le prince Philip souhaitait également que les agences internationales qui viennent en aide aux pays pauvres accordent plus d’importance "aux projets de conservation de la nature". "C’est plus difficile pour les pays pauvres de le faire", estimait-il, "car la priorité est toujours donnée à la santé, l’éducation ou le logement".

Surtout, le prince consort soulignait déjà l’importance de mobiliser massivement sur le sujet de l’écologie. "Cela progresse, beaucoup plus de gens ont entendu parler des problèmes. Mais tous ne se sentent pas également concernés." Selon lui, "on a besoin des poètes, des dramaturges et des musiciens pour promouvoir la protection de la nature. C’est aussi important de susciter l’intérêt des religions. Il ne faut pas engager uniquement les scientifiques et les amoureux des animaux, mais tout le monde." Tout le monde au-delà, aussi, des clivages politiques, "les communistes comme les réactionnaires [sic]". "Si cela devient électoral", estimait alors le prince Philip, "cela deviendra quelque chose qui divise. Et j’aimerais que cela ne divise pas, que tout le monde ait la même volonté de protéger [l’environnement]."

Dans un autre entretien il se défend : ‘’Quand on évoque la démographie, les gens pensent que vous cherchez à la contrôler. Je ne veux pas la contrôler, je veux que les gens la contrôlent eux-mêmes pour leurs propres bonnes raisons. Ces raisons peuvent leur venir de leur religion, de leur compréhension scientifique ou simplement de leur bonne intelligence. Mais on ne va pas survivre sur cette planète limitée si la population continue à croître : il ne va rien rester.’’

En 2010, dans The Ecologist il déclarait : ‘’La Terre fera tout ce qu’elle pourra pour survivre avec nous [les humains] comme le virus qui la menace de destruction. Le changement climatique est une façon pour elle de réagir…’’. Plutôt réaliste, le prince que, désormais, on ne sortira plus ! Pour autant, ‘’l’écologie princière’’ n’a peut-être pas dit son dernier mot puisque Charles, le ‘’fils de’’, est lui aussi très engagé dans le domaine de la préservation de l’environnement… et c’est tant mieux !

‘’En 1999, alors que je travaillais pour le WWF dans le bassin du Congo, j'ai accompagné le Prince Philip au Sommet des forêts d'Afrique centrale à Yaoundé, au Cameroun et l'ai guidé au Parc national de Sette Cama Loanga au Gabon et dans la réserve de Dzanga-Sangha en République centrafricaine pour observer les éléphants de forêt et les gorilles des plaines.’’ Olivier Langrand [DR] (Cliquez pour agrandir)

‘’En 1999, alors que je travaillais pour le WWF dans le bassin du Congo, j'ai accompagné le Prince Philip au Sommet des forêts d'Afrique centrale à Yaoundé, au Cameroun et l'ai guidé au Parc national de Sette Cama Loanga au Gabon et dans la réserve de Dzanga-Sangha en République centrafricaine pour observer les éléphants de forêt et les gorilles des plaines.’’ Olivier Langrand [DR] (Cliquez pour agrandir)

Le guide des oiseaux de Madagascar d’Olivier Langrand avait bénéficié d’une préface signée du Prince Philip [DR] (Cliquez pour agrandir)Le guide des oiseaux de Madagascar d’Olivier Langrand avait bénéficié d’une préface signée du Prince Philip [DR] (Cliquez pour agrandir)

Le guide des oiseaux de Madagascar d’Olivier Langrand avait bénéficié d’une préface signée du Prince Philip [DR] (Cliquez pour agrandir)

 

 

 

 

Si vous avez apprécié cette publication,

partagez-là avec vos amis et connaissances !

Si vous souhaitez être informé dès la parution d’un nouvel article,

Abonnez-vous !

C’est simple et, naturellement, gratuit !

 

 

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
D
J’ignorais ... mais j’ai du mal à y croire... quant au fils Charles alors là je je n’y crois pas du tout . Un triste sire!
Répondre
E
Intéressant et, effectivement très ambigu ! J’avoue être perplexe devant ces personnages qui prônent la protection de la nature d’un côté et chassent de l’autre ! Pour moi, cela reste totalement incompatible ! Il y a là une grande hypocrisie qui ne dit pas son nom…
Répondre
C
Je ne suis pas non plus très au fait de la vie des têtes couronnées et ce que je lit aujourd'hui ici et là me conforte dans mon attitude de refus d'en savoir davantage sur ces gens-là : l'hypocrisie semble en effet primer dans leur attitude qui se veut à la fois proche du "peuple" mais aussi très attaché à leurs nombreux privilèges... dont la chasse ! Cela me suffit pour m'en détourner définitivement...
Répondre
J
Ce grand écart me choque également Claire : comme vous, j'ai du mal à croire que l'on puisse à la fois défendre le vivant et pratiquer ce funeste loisir qu'est la chasse ! Mais, je ne suis ni anglais, ni monarchiste, c'est peut-être la clef du mystère !
M
Les anglais en général sont beaucoup plus attachés à la protection de la nature que les français . La LPO anglaise compte plus d'un million d'adhérents sans compter les nombreuses associations locales.
Répondre
J
Article passionnant ...
Répondre
B
Un article bien intéressant.
Paix à son âme...
Répondre
C
Je suis comme toi, même si le Canada est lié à la monarchie britannique. C'est intéressant cet article... Bises et belle journée à vous deux!
Répondre
J
C'était également un ardent chasseur !
Répondre
J
S’agit-il là d’une autre bizarrerie typiquement britannique mais, il semblerait que la famille royale, très attachée à la conservation de la nature comme on peut le constater ci-dessus, l’est également en ce qui concerne la chasse ! La reine elle-même a tiré son premier cerf à Balmoral à 19ans…
Philip, donc président du WWF, aimait également traquer les faisans (il en aurait tiré 30 000 !) mais pas que : sangliers, canards et lapins ont également péri sous les royales balles ! Par ailleurs, selon certaines sources officielles, en 1961 en Inde, il avait tué un tigre, un crocodile et six mouflons ! Il a également initié ses petits-fils Harry et William à ce royal divertissement : le premier a tué son premier faisan à 12 ans et, le second, son premier cerf à 14 ans ! William qui fait également campagne pour la conservation de la vie sauvage fut vivement critiqué en février 2014 car il s’était envolé en Espagne tirer le sanglier, juste avant de présider une conférence… contre le commerce illégal des espèces protégées !
Quant au très écologiste Charles, s’il est très discret sur sa passion de la chasse, il n’en serait pas moins un ardent pratiquant surtout à Balmoral…
Hypocrisie ou tradition anglaise ? Toujours est-il que tous ces écologistes passent allègrement d’un camp à l’autre et ceci sans complexe aucun… It's shocking !