Journal du couvre-feu/J 105 ‘’La Corse a enfin son centre de soins de la faune sauvage’’

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Ils font rarement la Une des journaux et peu de personnes savent qu’ils existent. Pourtant, les centres de soins pour animaux sauvages sauvent chaque année des milliers d’oiseaux, de mammifères, d’amphibiens et de reptiles, et les réintroduisent dans la nature quand leur état le permet. Depuis peu, la Corse a (enfin) le sien…

Arrivé il y a peu au centre de soins, ce jeune faucon crécerelle (Falco tinnunculus) a été trouvé affaibli vers Ghisonaccia. Le centre de soins lui a prodigué les soins nécessaires pour lui redonner des forces avant de lui rendre sa liberté.… Photo : U Pettirossu (Cliquez pour Agrandir)

Arrivé il y a peu au centre de soins, ce jeune faucon crécerelle (Falco tinnunculus) a été trouvé affaibli vers Ghisonaccia. Le centre de soins lui a prodigué les soins nécessaires pour lui redonner des forces avant de lui rendre sa liberté.… Photo : U Pettirossu (Cliquez pour Agrandir)

Un centre de soin proche du Corsica Zoo

Tout est presque prêt pour accueillir les premiers animaux blessés du printemps. Et c’est tant mieux, car la haute saison pour les centres de soins démarre toujours avec l’arrivée des beaux jours. C’est ce que confirme Pascal Wohlgemuth, président de l’association U Pettirossu qui gère le centre de sauvegarde et directeur du Corsica Zoo : « Nous réalisons 80 % de notre activité entre les mois d’avril et septembre ».

Pour parvenir à ouvrir dans les temps, il aura fallu pas moins de deux ans de travail et de démarches administratives diverses. Car les centres de soins sont très encadrés. Pascal Wohlgemuth a par exemple dû décrocher un certificat de capacité pour chacune des espèces pouvant être accueillie sur la structure. « Autrement dit, toute espèce vivant naturellement en Corse, à l’année ou temporairement comme les oiseaux migrateurs », précise-t-il. Il a également créé une association dédiée : U Pettirossu, qui signifie « le rouge-gorge » en français.

Le centre de soins se situe à Olmeta-di-Tuda, en Haute-Corse, juste à côté du Corsica Zoo. Et pour cause, les deux structures ont une histoire commune. « Lorsque nous avons ouvert le zoo en 2019, nous avons rapidement été sollicités par des personnes qui trouvaient des animaux mal en point, explique Pascal Wohlgemuth. On nous appelait ou venait directement nous déposer des animaux, car à l’exception d’un centre de soins pour rapaces géré par le parc naturel régional de Corse à Corte et du parc A cupulatta pour les tortues dans le Sud, il n’existe aucune véritable structure dans toute l’île. »

Hérissons, rapaces, tortues…

Soutenu financièrement par l’Office de l’Environnement de la Corse et par le Corsica Zoo –qui a cédé un terrain de 2 hectares et fait un don pour aider à lancer la construction d’un premier bâti– le centre U Pettirossu démarre donc officiellement son activité de soins aux animaux sauvages blessés.

Cette petite chauve-souris a été récupérée alors qu’elle était très faible. Avec l’aide du Groupe Chiroptères Corse, le centre a pu la réhydrater, la déparasiter et lui redonner des forces pour qu’elle reprenne son envol. Quant aux bébés Hiboux Petits-Ducs –une fratrie de quatre- ils sont arrivés suite à l’abattage du palmier qui abritait leur nid. Nourris plusieurs fois par jour, ils ont grandi rapidement et ont pu être relâché quelques semaines après… Photos : U Pettirossu (Cliquez pour Agrandir)Cette petite chauve-souris a été récupérée alors qu’elle était très faible. Avec l’aide du Groupe Chiroptères Corse, le centre a pu la réhydrater, la déparasiter et lui redonner des forces pour qu’elle reprenne son envol. Quant aux bébés Hiboux Petits-Ducs –une fratrie de quatre- ils sont arrivés suite à l’abattage du palmier qui abritait leur nid. Nourris plusieurs fois par jour, ils ont grandi rapidement et ont pu être relâché quelques semaines après… Photos : U Pettirossu (Cliquez pour Agrandir)

Cette petite chauve-souris a été récupérée alors qu’elle était très faible. Avec l’aide du Groupe Chiroptères Corse, le centre a pu la réhydrater, la déparasiter et lui redonner des forces pour qu’elle reprenne son envol. Quant aux bébés Hiboux Petits-Ducs –une fratrie de quatre- ils sont arrivés suite à l’abattage du palmier qui abritait leur nid. Nourris plusieurs fois par jour, ils ont grandi rapidement et ont pu être relâché quelques semaines après… Photos : U Pettirossu (Cliquez pour Agrandir)

« Il devrait s’agir essentiellement d’oiseaux à cette période, reprend Pascal Wohlgemuth. Au printemps, les oisillons tombent parfois du nid ou des promeneurs, pensant bien faire, nous ramènent des rapaces juvéniles sans savoir que les faucons crécerelles et les petits ducs sont nourris au sol par leurs parents et qu’ils ne sont donc pas, a priori, en danger. » Le centre devrait par ailleurs s’occuper de hérissons, souvent blessés par les tondeuses ou débroussailleuses dans les jardins, ou parfois même par des chiens. Il en va de même pour l’un des emblèmes de la faune corse : la tortue d’Hermann.

Cette tortue est la seule tortue terrestre présente naturellement en France, sur l’Ile de Beauté et dans le Var, et elle est classée « en danger » d’extinction. « Un plan national d’action, dont nous faisons partie du comité de pilotage depuis l’an dernier, est en place pour cette tortue. Nous aimerions aller plus loin, en créant par exemple une unité de récupération des individus –et pas seulement Hermann– détenus par des particuliers souhaitant s’en séparer », poursuit le directeur d’U Pettirossu. Récemment, la structure a par exemple recueilli 22 tortues de Floride, espèce exotique envahissante, qui avaient été relâchées en Haute-Corse. Laissées libres, elles auraient pu causer d’importants dégâts à la biodiversité locale. Pour les gros mammifères sauvages de l’île, à savoir le mouflon et le cerf, des programmes existent déjà. Ils sont gérés par le parc régional de Corse, qui intervient généralement rapidement en cas d’animal blessé.

Besoin d’aide

Les premiers financements ont permis au centre de commencer son activité, mais l’association espère que d’autres soutiens –et notamment des dons de la part des particuliers– s’ajouteront progressivement afin de développer les infrastructures et, à terme, accueillir tout animal sauvage en ayant besoin. « L’idée, c’est de diviser la structure en plusieurs unités : pour les petits oiseaux, pour les rapaces, pour les tortues, pour les hérissons, pour les amphibiens… Nous aimerions aussi créer avec l’aide du parc naturel marin du Cap Corse et de l’Agriate une unité de soins pour oiseaux marins, comme les cormorans et les goélands. »

L’an dernier, en se débrouillant avec les moyens du bord,U Pettirossu a déjà aidé une centaine d’animaux à recouvrer la santé pour retourner dans leur milieu naturel. Désormais mieux préparé, il espère en sauver plusieurs centaines. « C’est toujours frustrant de voir les appels à l’aide, sur les réseaux sociaux par exemple, et de ne pas pouvoir faire grand-chose. » Heureusement, les choses devraient changer…

Jennifer Matas/Espèces menacées (03.03.2021)

 

 

 

 

Si vous avez apprécié cette publication,

partagez-là avec vos amis et connaissances !

Si vous souhaitez être informé dès la parution d’un nouvel article,

Abonnez-vous !

C’est simple et, naturellement, gratuit !

 

 

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
P
Je n'ai pas de commentaire particulier à ajouter, sinon que dans mon message d'hier, je t'indiquai la présence de la société QBC fournisseur d'appeaux, située dans la Drôme; coup du sort ???, le soir même, son fondateur François Morel était interviewé à la télévision: il existe donc encore, à part quelques cheveux blancs supplémentaires, mais c'est le sort de tous ceux qui prennent quelques années de plus. Toujours aussi avenant et avec la même foi qui soulève des montagnes: il a exposé comment lui est venue la passion de "parler" aux oiseaux grâce aux appeaux qu'il fabrique depuis le plus jeune âge. Content d'avoir appris qu'il est encore de ce monde, avec le même goût pour la nature et ses occupants: tu t'entendrai très certainement avec lui et ses passions. Je vous adresse mes meilleurs souvenirs et vous embrasse. Philippe
Répondre
B
Quelle bonne nouvelle !
Répondre
C
Je suis toujours heureusement impressionnée par toutes ces personnes qui s'investissent dans l'aide et le secours aux personnes ou aux animaux en détresse ! Je crois que c'est une vraie vocation... A nous de les aider de notre mieux avec les moyens dont nous disposons.
Répondre
Z
C'est une trés bonne nouvelle!
Répondre
F
Très bonne nouvelle !
Répondre
J
Est ce que ces tortues de Floride vont rester dans ce centre de soins? Est ce leur place?
Répondre
J
Il n'y a malheureusement pas beaucoup d'autres solutions ! Je sais que certains centres les "endorment" ce qui, personnellement, ne me convient pas non plus !
Il y a encore un gros travail à faire pour que des irresponsables cessent de les relâchers dans la nature lorsqu’elles sont devenues trop ‘’encombrantes’’… Enfin et surtout, il faudrait interdire leur commerce dans les animaleries…
J
Bravo pour eux. Petit à petit l’oiseau fait son nid.
Répondre
D
attention, il y a risque à toucher les chauves-souris
Répondre
J
Pour les animaux quels qu’ils soient, il y a également un gros risque si, par crainte de ceci ou cela, personne ne fait rien ! Il y a heureusement des personnes sensibles et dévouées qui agissent… certes avec les précautions d’usage lorsqu’il s’agit d’un animal blessé ou malade, mais qui agissent !