Journal du Couvre-feu/J. 58 ''Un collectif veut « libérer la parole » autour des accidents de chasse''

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Après la mort d’un jeune homme de 25 ans dans le Lot, tué accidentellement par un chasseur début décembre, un collectif demande un durcissement des règles de chasse.

Un chasseur dans un bois à Hirsingue, dans le Haut-Rhin, le 8 octobre. Photo : Sébastien Bozon/AFP

« Libérer la parole » autour des accidents de chasse : après la mort accidentelle de leur ami, tué par un chasseur, six femmes ont lancé un collectif pour demander un durcissement des règles de chasse. Morgan Keane, un jeune homme de 25 ans d’origine britannique, est mort début décembre dans le Lot alors qu’il coupait du bois dans son jardin, touché au thorax par un chasseur lors d’une battue aux sangliers. Le chasseur a été mis en examen pour homicide involontaire. Son décès a provoqué une vive émotion dans la région : des centaines de personnes ont assisté à son enterrement et à des marches blanches à Carjac et à Cahors.

« Après son décès, nous avons eu besoin de partager notre sentiment d’incompréhension », explique une de ses proches, Peggy.

Un recueil d’accidents de chasse

Elle et cinq autres femmes, qui ont grandi à la campagne, dans des zones de chasse, ont lancé une page Facebook « Un jour un chasseur » où elles recueillent des récits d’incidents de chasse : intrusions sur des terrains privés, animaux de compagnie criblés de plombs, accidents à cheval, balles perdues… Lundi soir, elles ont été reçues par la secrétaire d’État à la biodiversité, Bérangère Abba, à Paris.

Sur la saison de chasse 2019-2020, 141 accidents de chasse ont eu lieu, dont 11 mortels, des chiffres en forte baisse sur 20 ans. « Les accidents restent rares par rapport au nombre de sorties de chasse », avec un million de chasseurs en France, relève Loïc Obled, de l’Office français de la biodiversité (OFB).

« La quasi-totalité des accidents s’expliquent par une imprudence », poursuit-il, entre mauvaise manipulation des armes, tirs à hauteur d’homme, vers des habitations ou des routes, non-respect d’un angle de tir de 30° lors des battues… La majorité a lieu lors de chasses au grand gibier. Dans 90 % des cas, les victimes sont des chasseurs. « C’est le b.a.-ba de la chasse, on ne tire pas sur quelque chose qu’on n’a pas identifié », souligne Willy Schraen, président de la Fédération nationale des chasseurs (FNC).

La sécurité à la chasse renforcée

Depuis 2019, la sécurité à la chasse a été renforcée : port du gilet orange rendu obligatoire pour certaines chasses, indication de chasses en cours par des panneaux, remise à niveau tous les dix ans. Pour les jeunes femmes, ce n’est pas suffisant. Au-delà des morts et des blessés, elles posent la question des incidents de chasse. « Ce qui nous interpelle, c’est une certaine impunité dont bénéficient les chasseurs », déclare Peggy. « Des gens ne parlent pas parce qu’ils ont peur, d’autres voient leurs plaintes classées sans suite, et quand il y a un procès, la peine est ridicule », déplore son amie Léa. « Des gens nous disent qu’ils n’osent pas sortir le week-end. » Leurs revendications, portée par une tribune : améliorer la formation des chasseurs, porter l’âge du permis de chasser de 16 à 18 ans, interdire les véhicules dans les battues, signaler les battues 48 heures à l’avance, interdire les tirs à 1 km des habitations, un meilleur contrôle des armes…

« Nous ne sommes pas contre la discussion pour améliorer la sécurité à la chasse des chasseurs et des autres usagers de la nature », répond Willy Schraen. Il s’oppose en revanche à « une réflexion sur un partage de la nature » (avec des jours non chassés). Des associations comme l’ASPAS (Association pour la protection des animaux sauvages) défendent ainsi le principe du dimanche sans chasse, en vain. Huit Français sur dix y sont favorables, selon un sondage Ifop de 2016.

Les périodes de chasse dépendent de chaque département et elles vont en général de septembre à mars. Les chasseurs pourraient aussi être soumis à un certificat médical délivré chaque année, comme pour les autres sports, suggère Madline Rubin de l’ASPAS…

Ouest France avec AFP (02.02.2021)

 

 

 

 

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Publié dans Initiative, Chasse

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LUC HOMMEL 13/02/2021 13:44

Bonjour,
Je suis entièrement d'accord avec ces revendications et il y a des sociétés de chasse qui font même mieux que çelles-ci (pas toutes malheureusement).
Je sais d'avance que vous allez m'allumer pace que je ne pense pas comme vous, mais pour votre information et votre culture générale :
- avant de passer le permis de chasse un médécin doit vérifier votre intégrité physique ET mentale
- il y a une formation théorique puis pratique (simulation de tir et de battue) obligatoire avant l'examen
- si on ne respecte pas les règles de sécurité on est renvoyé sur le champ à la maison, le jour de l'examen (çà m'est arrivé...)

Zoé 10/02/2021 17:50

Les propos de Schraen sont scandaleux , il n'accepte même pas le débat : un grand démocrate , on voit bien qu'il se sait protégé en haut lieu!

Cléo 10/02/2021 15:54

Il est évident que les chasseurs semblent privilégiés plus que les autres usagés. C'est dommage pour toutes les victimes... et pour les amoureux de la nature... Belle journée à vous deux!

Françoise 10/02/2021 10:26

Le point de vue de Willy Schraen est intolérable.

Françoise 10/02/2021 10:26

Le point de vue de Willy Schraen est intolérable.

danièle 10/02/2021 08:43

Nous devrions créer un collectif ou fédération "anti-fusils et droit à la nature" en quelque sorte des "gilets jaune et vert" pour nous rassembler les dimanches partout où se trouvent des chasseurs ! Réagissons.

Jean-Louis 10/02/2021 06:39

Willy Schraen "s’oppose à une réflexion sur un partage de la nature" parce que pour lui, pour eux, la nature leur appartient et que, tous ceux qui ne sont pas chasseurs, n'ont tout simplement rien à y faire ! Voilà le point de vue du milieu cynégétique : casses-toi et boucles-là !