Journal du Couvre-feu/J. 52 "Un Rougequeue à front blanc mâle a imité plus de 50 espèces d’oiseaux en une heure en Estrémadure (Espagne)"

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Il s'agit probablement d'un nouveau record documenté pour ce passereau : les espèces imitées étaient d'une remarquable variété, incluant aussi bien le Héron cendré que l'Aigle botté ou le Loriot d'Europe.

Rougequeue à front blanc (Phoenicurus phoenicurus) mâle chanteur à Rauwiller (Alsace Bossue). Photo : JLS (Cliquez pour agrandir)

Rougequeue à front blanc (Phoenicurus phoenicurus) mâle chanteur à Rauwiller (Alsace Bossue). Photo : JLS (Cliquez pour agrandir)

Plusieurs espèces d’oiseaux sont mondialement célèbres pour leurs talents d’imitateurs, comme l’Étourneau sansonnet (Sturnus vulgaris) en Europe, le Moqueur polyglotte (Mimus polyglottos) aux États-Unis, le Méliphage tui (Prosthemadera novaeseelandiae) en Nouvelle-Zélande ou le Ménure superbe  (Menura novaehollandiae) en Australie. D’autres oiseaux sont également très doués, mais leurs capacités sont moins connues : c’est le cas par exemple de la Mésange charbonnière (Parus major), mais aussi du Rougequeue à front blanc (Phoenicurus phoenicurus).

Le Rougequeue à front blanc est un passereau insectivore migrateur moins connu que le Rougequeue noir (Phoenicurus ochruros) : comme ce dernier, il hoche fréquemment sa queue rousse. Le mâle en plumage nuptial est facile à reconnaître avec sa poitrine orangée, un masque noir et sont front blanc. La femelle est plus discrète (dessus gris brun et dessous fauve orangé). Il vit dans une grande variété de milieux arborés et niche dans les cavités d’arbres et de bâtiments, et il utilise volontiers les nichoirs semi-ouverts.

Plusieurs études ont souligné son aptitude à imiter les cris et chants d’autres espèces : dans un article publié en mars 1994 dans la revue Nos Oiseaux, Jacques Comolet-Tirman avait présenté les résultats de son analyse des chants de 36 Rougequeues à front blanc en forêt de Fontainebleau (Seine-et-Marne). Il avait recensé au total 53 espèces imitées, dont 35 par un seul mâle. Les pouillots (Phylloscopus sp.) (17,5 % du total des imitations), et principalement le Pouillot de Bonelli (Phylloscopus bonelli), suivis par les mésanges (Parus sp. Et Cyanistes sp.) (10,5 %), la Sittelle torchepot (Sitta europaea) (7,29 %) et le Troglodyte mignon (Troglodytes troglodytes) (7,19 %) étaient les « modèles » favoris. Chaque mâle se singularisait par son choix de motifs imités, appartenant à une quinzaine d’espèces en moyenne, une particularité qui joue probablement un rôle dans la reconnaissance individuelle, et qui peut permettre à un observateur attentif de différencier plusieurs individus voisins. Cette capacité d’imitation n’est pas également répartie chez toutes les espèces du genre Phoenicurus : en effet, le Rougequeue noir (P. ochruros) a un chant assez stéréotypé, d’où les imitations sont en général absentes.

Photos : JLS (Cliquez pour agrandir)Photos : JLS (Cliquez pour agrandir)
Photos : JLS (Cliquez pour agrandir)

Photos : JLS (Cliquez pour agrandir)

Dans les régions méditerranéennes, le mâle du Rougequeue à front blanc chante de façon continue pendant des heures en avril et en mai, et même durant les premiers jours de juin, répétant régulièrement sept à neuf motifs par minute, chacun durant environ trois secondes, séparés par une pause d’environ quatre à cinq secondes. Dans un article publié en novembre 2020 dans la revue Quercus, on découvre qu’un mâle enregistré pendant une heure en Estrémadure (Espagne) avait imité plus de cinquante espèces aussi variées que le Héron cendré (Ardea cinerea), la Perdrix rouge (Alectoris rufa), l’Aigle botté (Aquila pennata), la Pie bavarde (Pica pica), le Guêpier d’Europe (Merops apiaster) ou le Loriot d’Europe (Oriolus oriolus) : un probable nouveau record documenté…

Source : Ornithomedia.com

 

 

 

 

Si vous avez apprécié cette publication,

partagez-là avec vos amis et connaissances !

Si vous souhaitez être informé dès la parution d’un nouvel article,

Abonnez-vous !

C’est simple et, naturellement, gratuit !

 

 

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
Z
Des photos magnifiques pour ce petit recordbird!
Répondre
T
Intéressant et très surprenant : c'est un grand plaisir de découvrir toutes ces facultés chez ce bel oiseau ! Les photos d'illustration sont magnifiques !
Répondre
C
Wow! Quel surprenant oiseau! Quand on dit que quelqu'un a une cervelle d'oiseau, il faudrait dire qu'il est très intelligent! ;) Merci de ce superbe billet!
Répondre
B
Magnifique billet !!
Que du bonheur pour les yeux et les oreilles
Répondre
G
Dans la nature, on entend souvent le chant avant de voir l'oiseau, comment si retrouver avec un tel imitateur. A-t-il un chant particulier, propre au rouge queue à front blanc ?
Merci pour cette présentation et magnifiques photos
Répondre
J
Tes photos sont magnifiques. Le fond, avec un superbe ciel bleu, est actuellement en voie de disparition.....
Répondre
C
Très intéressant !
Bravo pour cette belle page superbement illustrée.
Répondre
J
Performance incroyable mais...il faut avoir l'oreille pour distinguer les différentes imitations et ce n'est pas évident du tout !
Qu'importe : c'est un bel oiseau que j'ai hâte de revoir aux Joubarbes !
Vivement le printemps donc...
Répondre
D
donc de quoi y perdre son latin...
Répondre