Journal du couvre-feu/J. 02-Sanctuaire…

Publié le par Jean-Louis Schmitt

J’en ai entendu parler il y a quelque temps déjà ! J’ai essayé de contacter ‘’l’Arche de Cerise’’ mais je n’ai pas eu de réponse… Je découvre aujourd’hui ce bel article paru sur le site de ‘’La Relève & la Peste’’ et comme vous connaissez ma passion pour Goupil, je ne pouvais pas ne pas partager…

Cerise, la renarde qui a donné son nom au sanctuaire… Photo : l’Arche de Cerise (Cliquez pour agrandir)

Cerise, la renarde qui a donné son nom au sanctuaire… Photo : l’Arche de Cerise (Cliquez pour agrandir)

En Alsace, l’Arche de Cerise recueille des renards depuis 4 ans, au prix d’une lutte épuisante contre l’appareil administratif et les préjugés. Même s’ils sont soignés, les renards ne peuvent pas retourner à la vie sauvage car ils sont considérés comme une « espèce susceptible d’occasionner des dégâts » et doivent être abattus plutôt que relâchés. Pourtant, leur rôle est précieux pour réguler les milliers de petits rongeurs qui dévastent les champs des agriculteurs. Dans ce havre de paix, ils trouvent une nouvelle vie en toute tranquillité. L’Arche de Cerise est fermée au public pour le bien-être des animaux. Sa fondatrice Mélinda raconte à La Relève & la Peste l’histoire de ce lieu hors du commun.

En 2016, Mélinda s’occupe d’un Centre de soin pour la faune sauvage, près de Colmar. Elle accueille des animaux comme les biches ou les chevreuils. Jusqu’au jour où elle se voit confier deux renardeaux, Lulu et Chippie, âgées d’environ 2 semaines. Elle les soigne et les élève en pensant les renvoyer ensuite dans la nature.

Mais au bout de 5 mois, elle apprend que le renard étant considéré comme une « espèce susceptible d’occasionner des dégâts », le terme technocratique qui a remplacé le mot nuisible, il est impossible de les relâcher. Il faut les mettre à mort.

Elle monte alors un dossier pour créer un refuge-sanctuaire, recueillant des animaux handicapés, malades ou trop imprégnés — c’est à dire trop proches de l’homme pour retourner à l’état sauvage.

À partir de ce moment, l’aventure devient un calvaire. Elle reçoit des menaces, des intimidations, on l’informe qu’elle pose problème à quelqu’un de haut placé sans qu’elle sache de qui il s’agit. En janvier 2020, elle est mise en demeure :

« On sest rendu compte quen France il y a un gros vide juridique : un refuge d’animaux sauvages, ça n’existe pas.On mavait octroyé un statut qui juridiquement nest pas reconnu. Maintenant on essaye de faire évoluer la loi.» Mélinda

Embourbée dans ce problème administratif, Mélinda a aujourd’hui le droit d’accueillir les animaux, mais doit justifier pourquoi elle les garde. L’Arche de Cerise ne compte plus que des renards blessés, orphelins ou malades, uniquement amenés par des centres de soin.

Une association à but non lucratif a été montée, et le centre survit grâce aux dons. Une ligne de vêtements et d’accessoires a été créée et pour l’année prochaine, l’organisation d’un festival musical est envisagée afin de lever des fonds.

«Financièrement, je nai pas les mêmes moyens quun parc zoologique. Je suis dans les règles par rapport aux clôtures mais il me faudrait plus de fonds pour faire les choses vraiment correctement». Mélinda

« Une vie vaut n'importe quelle autre et chaque vie a son importance dans le monde qui est le nôtre. » Telle est la philosophie du refuge. Photo : L’Arche de Cerise (Cliquez pour agrandir)

« Une vie vaut n'importe quelle autre et chaque vie a son importance dans le monde qui est le nôtre. » Telle est la philosophie du refuge. Photo : L’Arche de Cerise (Cliquez pour agrandir)

Les renards ont besoin d’une quantité conséquente de nourriture, ils reçoivent au refuge une alimentation variée, comprenant beaucoup de fruits et légumes, des croquettes et de la viande. «On mappelle parfois dans la nuit parce quun renard a été percuté. Mais je ne peux pas tous les sauver ! » La capacité daccueil est de 6 renards : « pas le droit den avoir plus ».

De plus en plus, lorsqu’ils rencontrent des renards mal en point, les habitants semblent chercher d’autres solutions que l’euthanasie.

«Maintenant les gens commencent à changer de regard sur les animaux. Il faut des structures comme celle-là pour les accueillir». Mélinda

En France, malgré l’action d’organismes comme l’ASPAS, le renard roux figure toujours sur la liste des « espèces susceptibles d’occasionner des dégâts ». Les agriculteurs prennent peu à peu conscience du rôle bénéfique du renard sur les écosystèmes. En Aveyron par exemple, des maraîchers déplorent des dégâts causés par les campagnols, dont le renard est le prédateur naturel. Ce dernier, chassé en masse — on estime que plus de 600 000 renards sont abattus par an, ne peut assurer la régulation de certaines espèces.

À l’Arche de Cerise, les renards vivent dans de larges enclos en pleine forêt. En semi-liberté, il peut s’écouler plusieurs jours sans que Melinda ne les voie. Malgré son travail à côté, celle-ci vit sur place et prend soin d’eux quotidiennement.

«Les renards ont besoin de manger, qu’on s’occupe d’eux tous les jours. Certains doivent être nourris à la cuillère.»

En dehors de Melinda et de quelques vétérinaires, les animaux n’ont aucun contact avec les humains. La relation qu’elle a tissée avec eux est unique.

«Je suis leur repère humain. Si je reste près deux, ils peuvent rester sages avec le vétérinaire, alors que ce sont des animaux sauvages.  Jai de la chance. Parfois ils se blottissent contre moi. La relation avec un animal sauvage n’est vraiment pas la même qu’avec un animal domestique. Je pense qu’il y a une reconnaissance, j’ai l’impression qu’ils sentent qu’on fait ça pour les protéger». Mélinda

À la différence d’un chien qui viendrait lorsqu’on l’appelle, le renard reste libre : «Sil n’a pas envie de venir, c’est lui qui décide». En recueillant les deux premiers renardeaux, Melinda était loin d’imaginer ce qu’elle allait vivre avec ses pensionnaires ni ce qu’elle allait découvrir en les observant. «Par exemple il y une renarde qui sappelle Cerise», raconte-t-elle. «Elle a pris sous son aile un autre renard : Ragnar. Elle lui apporte des peluches, le protège. Il y a une vraie entraide. Je ne sais pas si cest comme ça dans la nature, mais ici cest fou ». Aujourd’hui, cette passionnée rêve de changer le regard sur ces animaux. «Ils sont très joueurs, curieux, drôles. Si je pouvais tout filmer, ce serait magique. Les gens auraient une autre image des renards. »

Marine Wolf/La Relève et la Peste (11.12.2020)

 

 

 

 

 

 

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Commenter cet article

Jacky 17/12/2020 08:38

Toutes ces initiatives remontent le moral.

Jean-Louis 19/12/2020 06:30

Bien d'accord avec toi mon cher Jacky...

Claire 17/12/2020 05:49

Merveilleux refuge que l'Arche de Cerise que je découvre grâce à vous !
A ma connaissance, peu de centre de soins accueillent les renards et c'est terriblement injuste. Je découvre aussi les nombreuses tracasseries qui sont faites à ces bénévoles motivés et très engagés pour la cause animale et je me pose plein de questions à ce sujet, en particulier :
- qui ?
- et pourquoi ?

Jean-Louis 17/12/2020 06:19

Je ne peux malheureusement pas répondre à vos interrogations et je le regrette ! Ce qui me semble évident en revanche c'est que ceux qui ont plaisir à tirer sur un animal quel qu'il soit, ils sont également prêts à défendre leur loisir ''bec et ongles''...

danièle 16/12/2020 18:36

chaque vie compte / démarche à encourager. J'adhère....

Jean-Louis 17/12/2020 06:16

En effet Danièle, chaque vie compte ! Beaucoup d'entre nous l'ont oublié et se retranche dans un individualisme au final très destructeur...
A ce propos, j'aime beaucoup la citation de l'Arche de Cerise : "Une vie vaut n'importe quelle autre et chaque vie a son importance dans le monde qui est le nôtre." qui rejoint complètement votre philosophie personnelle... et qui est la mienne aussi !

Béa kimcat 16/12/2020 18:22

Quel magnifique reportage...

Jean-Louis 17/12/2020 06:13

A partager et à soutenir sans modération chère Béatrice !
Bonne journée à toi...

Françoise 16/12/2020 17:05

Très belle initiative !

Jean-Louis 17/12/2020 06:12

J'aimerai en faire connaître une par jour de ce genre à mes lecteurs mais, il faut se rendre à l'évidence : les "mauvaises nouvelles" battent à plate couture -en nombre- les "bonnes" ! Bonne journée en Charente Françoise et, si vous le souhaitez, n'hésitez pas à m'adresser votre "Journal du couvre-feu"...

Mario 16/12/2020 16:34

Merci pour ce sympathique reportage.

Jean-Louis 17/12/2020 06:07

Une structure -une de plus- à soutenir autant qu'il nous est possible de le faire : les petits ruisseaux font les grands fleuves dit-on !
Merci pour ta fidélité Mario et tes commentaires toujours très pertinents !

Zoé 16/12/2020 15:51

Magnifique démarche ! Si seulement les mentalités évoluaient vraiment du côté des lois .

Jean-Louis 17/12/2020 06:05

On y travaille ma chère Zoé mais, malheureusement et comme tu le dis (et le vis) souvent toi aussi : "il n'est de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre" !
Bonne et douce journée à toi !

Cléo 16/12/2020 15:05

C'est superbe ce refuge! Bises et belle journée à vous deux.

Cléo 19/12/2020 15:24

Je t'ai envoyé un lien psr Contacter l'auteur : l'as-tu reçu? Bonne journée à vous deux !

Jean-Louis 19/12/2020 06:33

Merci pour ton retour Cléo,
-15° ? Il y a bien longtemps que nous n'avons pas connu une température pareille...
On ne désespère pas pour autant :)
Bon dimanche dans la neige donc !

Cléo 17/12/2020 14:30

Bonjour Jean-Louis. Au Québec, il y a plein d'organismes qui aident les animaux! Je t'envoie cela dès que j'ai du temps!
Oui, il y a de la neige, mais peu. Hier, nous avons atteint un pic de froid à-15. Brrrr! Belle journée aussi.

Jean-Louis 17/12/2020 06:03

Heureux de te l'avoir fait connaître !
Si tu as connaissance de belles initiatives canadiennes qui vont dans ce sens, n'hésite pas à les "dénoncer" auprès de moi : je les ferais connaître avec plaisir !
Belle journée à toi...

PS : avez-vous de la neige au Québec ?

CHASSERAUD Jean-Jacques 16/12/2020 13:07

Nous faisons partie de la nature et nous devons respecter dans la forêt les animaux qui étaient là avant nous. Une excellente initiative que de les reconnaître Cordialement.

Jean-Louis 17/12/2020 05:55

Merci à vous Jean-Jacques ! Je partage votre point de vue quant à notre appartenance à la Nature ! Malheureusement, le plus grand nombre l'a oublié et agit en maître universel en n'ayant justement que peu de respect pour les autres êtres vivants -y compris pour son espèce- et ne manifeste globalement que peu de compassion à l'égard des autres... C'est sans doute un des problèmes majeurs de notre société !
Merci à vous d'être passé ici...

Anne 16/12/2020 12:38

Chouettes, belettes renards etc... quand comprendra-t-on que ce sont eux les "régulateurs". Petit à petit, les agriculteurs qui ne sont pas tous chasseurs commencent à y réfléchir. merci Jean-Louis de divulguer l'information. Avançons !

Jean-Louis 17/12/2020 06:01

Non, Anne, les agriculteurs ne sont pas tous chasseurs ! Chez nous, en Alsace, rares seraient d'ailleurs ceux qui pourraient "se payer" une chasse et puis, de toute manière, comme ce sont pratiquement tous de "gros" exploitants, ils sont la plupart du temps sur leurs tracteurs... En revanche, ils "travaillent" main dans la mains avec les sociétés de chasse qu'ils préviennent lorsqu'ils repèrent par exemple un groupe de sangliers...
Cela dit, je suis très heureux que l'Arche de Cerise existe et je ferais ce que je peux pour soutenir cette structure tellement utile...