Journal du couvre-feu/J. 05-Des vies françaises…

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Aurélie et Samuel sont éleveurs laitier dans le Perche. Un petit troupeau de 80 vaches qu’ils nourrissent principalement à l’herbe. En octobre 2018, ils ont fait le choix, avec 3 autres éleveurs de leur région, de quitter le système industriel pour commercialiser leur propre marque de lait, le « Lait du Perche ». Voici la suite de l'épisode précédent « Aurélie et Samuel, éleveurs laitiers (1) » dans la série « Des vies françaises » de Charlotte Perry…

Aurélie Suzanne et Samuel Sarceaux sont éleveurs laitiers à Belforêt-en-Perche. En 2018, ils ont cessé de vendre leur lait à Lactalis pour commercialiser leur propre marque de lait, "Pur Perche". Photo : Charlotte Perry/Radio France

Aurélie Suzanne et Samuel Sarceaux sont éleveurs laitiers à Belforêt-en-Perche. En 2018, ils ont cessé de vendre leur lait à Lactalis pour commercialiser leur propre marque de lait, "Pur Perche". Photo : Charlotte Perry/Radio France

Parce que financièrement ils ne pouvaient plus vivre de leur métier, parce qu'éthiquement ils ne supportaient plus de savoir que leur lait était mélangé à celui de fermes intensives, parce qu'ils voulaient maintenir un élevage à taille humaine et préserver les paysages bocagers du Perche, Aurélie Suzanne et Samuel Sarciaux ont claqué la porte du système industriel pour voler de leurs propres ailes.

Avec trois autres éleveurs percherons, ils ont créé leur propre marque "Pur Perche", pour commercialiser un lait sans OGM, qui ne subit pas de "cracking" (une pratique des industriels qui consiste à casser une molécule organique en plusieurs éléments et qui a une valeur commerciale importante) , et qui est issu de vaches en pâturage. 

Deux fois par jour, Samuel va chercher les vaches pour les emmener à la traite. Là où autrefois il y avait des champs de céréales, il a tout remis en herbe pour préserver les paysages bocagers. Photo : Charlotte Perry/Radio France

Deux fois par jour, Samuel va chercher les vaches pour les emmener à la traite. Là où autrefois il y avait des champs de céréales, il a tout remis en herbe pour préserver les paysages bocagers. Photo : Charlotte Perry/Radio France

« Lorsque l'on travaille avec un industriel, on a du mal a récupérer de la consistance dans notre métier, ça nous vide de l'intérieur. On se demande où vont nos produits, après on est jugé comme quoi on fait mal notre travail, donc on se dit "pourquoi exercer ce métier-là". Et ça, moi, je le vivais mal. Il fallait que ça change. »

Aurélie passe près de 4 heures par jour dans la laiterie. Auparavant, lorsque Lactalis collectait leur lait, il était mélangé avec celui d'autres éleveurs en système intensif. Une absurdité pour eux, qui produisent sans soja, ni OGM. Photo : Charlotte Perry/Radio France

Aurélie passe près de 4 heures par jour dans la laiterie. Auparavant, lorsque Lactalis collectait leur lait, il était mélangé avec celui d'autres éleveurs en système intensif. Une absurdité pour eux, qui produisent sans soja, ni OGM. Photo : Charlotte Perry/Radio France

« On veut recréer du lien avec le consommateur parce que la brique, elle a une histoire. Le lait qui est dedans il est produit d'une certaine manière, il sert à préserver les paysages, dedans il y a le bien-être de nos animaux, il a une valeur sociale, parce qu'il préserve nos exploitations, et quand les gens l'achètent, ils participent à cette histoire. C'est ensemble qu'on le crée. »

Aurélie, Samuel, Pascal, Stéphane et Céline sont cinq éleveurs du Perche qui produisent leur lait avec le même cahier des charges. Ils sont sortis du système industriel pour commercialiser leur lait eux-mêmes. Photo : Charlotte Perry/Radio France

Aurélie, Samuel, Pascal, Stéphane et Céline sont cinq éleveurs du Perche qui produisent leur lait avec le même cahier des charges. Ils sont sortis du système industriel pour commercialiser leur lait eux-mêmes. Photo : Charlotte Perry/Radio France

Charlotte Perry*

*Charlotte Perry présente ‘’Des vies françaises’’ chaque samedi à 6h11 sur France Inter

 

Ecoutez Aurélie et Samuel raconter leur histoire dans le second épisode de cette rencontre.

Pour aller plus loin:

 

 

 

 

 

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J
Pour moi, le problème des produits laitiers est désormais complètement résolu et, comme pour le végétarisme, c'est un grand soulagement !
Cela dit, pour ceux qui tiennent à consommer ces produits où qui pensent que ça leur est utile, autant faire les bons choix et opter pour des productions de ce genre (Pur Perche...) qui sont à taille humaine et ont le mérite de respecter davantage leurs animaux !
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E
Belle initiative qui demande à être reprise par d'autres éleveurs.
Il y a très longtemps que je ne bois plus de lait (fade et sans goût).
Le rêve ne coûte rien alors pourquoi s'en priver... Boire du vrai lait sortant du pis, comme je pouvais le faire dans mon enfance ???
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C
C'est une belle initiative et il y a certainement beaucoup de consommateurs à qui cela plaît! Bises et bonne soirée à vous deux!
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B
Bravo à eux !!
Belle soirée de samedi Jean-Louis
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C
Prduisent ils du lait frais et non en brique et que l'on peut goûter en allant au Perche ?
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J
Je ne peux malheureusement pas répondre à votre question Jean-Jacques : le plus simple serait, je pense, de vous adresser directement à ces jeunes producteurs en passant par le formulaire de contact que vous trouverez en cliquant sur le lien de "Pur Perche" ci-dessus !
Merci d'être passé...
J
Je viens de lire un article sur le cracking. C'est sidérant. Bravo aux personnes qui dénoncent ces pratiques. Les autres, dirigez vous vers vos fourneaux.
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J
Je reviendrai très prochainement sur ce "cracking" dont nous sommes nombreux à tout ignorer...
S
Merci pour cette info Jean Louis.. Espérons que leur produit soit distribué partout, aussi ! Ce serait merveilleux si plus d'éleveurs se remettaient en question, mais financièrement ce n'est pas évident, on s'en rend bien compte. Bises
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J
Je suis toujours ravi de te lire Simone même si tu te fais trop rare à mon goût !