Accident de chasse dans le Lot : le tireur présumé mis en examen pour homicide involontaire

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Après le drame survenu à Calvignac dans le Lot, le tireur présumé a été placé ce vendredi sous contrôle judiciaire et mis en examen pour homicide involontaire. Il risque trois à cinq ans de prison.

La battue aux sangliers s'est déroulée lieu-dit La Garrigue. Photo : DDM/Marc Salvet

On en sait, ce vendredi 4 décembre, davantage sur le drame survenu à Calvignac dans le Lot mercredi en fin d'après-midi. Morgan Keane, un habitant de la commune de 25 ans a succombé à un tir fatal d'un chasseur alors qu'une battue se tenait dans les bois près de chez lui. Ce vendredi, Frédéric Almendros, le Procureur de la République de Cahors, donne des précisions sur les circonstances de ce qu'il qualifie " d'accident" : " Une battue au sanglier était organisée au lieu-dit La-Garrigue, entre 16h45 et 17 heures, l'un des chasseurs âgé de 33 ans et originaire de l'Aveyron, a tiré après avoir cru distinguer une masse sombre alors que, quelques instants auparavant, les chasseurs disent avoir aperçu plusieurs sangliers dans les bois".

L'auteur présumé tire donc en contre-haut : entre 80 et 100 mètres de là, Morgan Keane s'effondre, touché au thorax, alors qu'il était en train de couper du bois, une tronçonneuse éteinte au moment du tir, à proximité. L'un des chasseurs, alerté, viendra alors réaliser les premiers gestes de secours. En vain.

Une information judiciaire a été ouverte, le tireur présumé est placé ce vendredi sous contrôle judiciaire et mis en examen, il sera déféré devant un juge d'instruction. Inconnu des services judiciaires, il a été soumis à des contrôles d'alcoolémie et de stupéfiants qui se sont avérés négatifs. " Il n'apparaît pas indispensable de requérir son placement en détention provisoire car la personnalité du tireur permet de garantir sa représentation en justice et ne laisse aucun risque de réitération, je le rappelle, il s'agit d'un accident", souligne le Procureur de la République. L'hypothèse d'un règlement de compte est exclue. Le chasseur aveyronnais a d'ores et déjà une interdiction de chasser et de porter une arme. L'information judiciaire ouverte ne concerne pas que le tireur présumé mais douze autres personnes qui ont assisté à la battue et qui sont " susceptibles d'avoir des responsabilités".

3 à 5 ans d'emprisonnement

"Ce jeudi, sur le site, j'ai demandé à des experts en balistique d'établir des examens scientifiques et techniques sur les circonstances du tir, nous devons savoir comment les règles de la battue ont été respectées ou bafouées", ajoute Frédéric Almendros. Le chasseur faisait partie de la battue organisée par l'association La Diane cajarcoise. Il avait obtenu son permis de chasse très récemment, au mois de mai. Pour autant, il n'en était pas à sa première battue, d'après les éléments de l'enquête.

L'enquête doit désormais déterminer les circonstances du drame. " Hier sur le site, les enquêteurs se sont remis en condition réelle, au même moment de la journée pour déterminer la luminosité et la visibilité des lieux. Ils ont pris le maximum de photographies pour que le juge d'instruction ait le plus d'éléments. Une reconstitution de la scène n'est pas exclue", ajoute le Procureur. Il décrit l'endroit comme " dégagé" mais se demande si "le mis en cause avait assez de visibilité". A-t-il pris la victime pour un sanglier ? D'après nos informations, des riverains auraient aperçu plusieurs sangliers dans les bois de Calvignac ce mercredi après-midi mais à ce stade de l'enquête, rien ne permet d'affirmer qu'un sanglier était présent quelques instants avant le tir fatal. 

Le chasseur risque trois ans d'emprisonnement pour homicide involontaire sauf si les faits sont requalifiés en homicide involontaire par la violation manifestement délibérée d'une obligation particulière de sécurité ou de prudence imposée par la loi ou le règlement. Auquel cas, il risquerait alors une peine de 5 ans de prison.

Hommage ce samedi à Cajarc

Les auditions se poursuivent alors qu'un hommage organisé par l'entourage de la victime se tiendra ce samedi 5 décembre à Cajarc, place du Faubourg, à 14 heures. Une cagnotte solidaire est également en ligne sur le Pot commun pour aider la famille et les proches à financer les obsèques de Morgan Keane. Elle a déjà réuni plus de 2 000 euros en quelques heures

Manon Adoue/La Dépêche du Midi (4.12.2020)

 

Lire aussi : https://www.ladepeche.fr/2020/12/03/lot-qui-etait-morgan-25-ans-tue-par-la-balle-dun-chasseur-devant-sa-maison-9236245.php

 

 

 

 

 

 

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Publié dans Chasse

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G
La mort est leur passion

Un jeune homme d’une vingtaine d’années a été tué par un chasseur en battue, dans un village rural du LOT, CAJARC.
Le maire de cette commune redouterait, selon une rumeur, l’arrivée de « bobos anti-chasses » dans ce rural décidément très, très profond.
Les parents de la jeune victime sont décédés récemment de cancers et le jeune homme laisse un petit frère qui sera désormais bien seul.
Que redoute le maire ?
« L’arrivée de bobos antichasses » dans son trou à chasseurs.
Il advient ainsi, chaque année, que le loisir de mort qui tue trente millions d’animaux fauche également la vie de quelques dizaines de bipèdes.
Sociologiquement, les chasseurs homicideurs craignent d’abord le retrait de leur permis et il est fréquent de les retrouver, quelques années après l’accident meurtrier, en action de chasse avec leur instrument de mort.
L’habitude est une seconde nature.
Ôter la vie immunise contre les douleurs de la conscience.
Ecole de violence, la chasse entraîne l’homme à considérer comme banal le fait de retirer la vie.
Bien sûr, la chasse n’est pas le meurtre.
Il y a entre eux une différence de degré mais bien des similitudes de nature car la sensibilité s’émousse au spectacle de la mort donnée gratuitement.
LAMARTINE avait raison : « L’homme n’a pas deux cœurs. Un pour l’animal et un pour l’homme. Il en a un ou n’en a pas ».
Partout dans les campagnes, le sang coule et des animaux, êtres sensibles, sont blessés, traqués, mordus par les chiens, criblés de plombs, broyés par les balles.
Les humains hominisés qui, parfois, assistent par inadvertance à ces scènes répugnantes en éprouvent une bouleversante émotion.
Personnellement, je n’ai jamais fondé mon opposition radicale à la chasse sur des considérations techniques tenant, par exemple, à la disparition des espèces, aux agressions contre la biodiversité par une activité récréationnelle aux multiples dégâts collatéraux pour toute la faune, y compris celle devenue trop rare et en théorie protégée par la loi inappliquée.
Non, ce sont des raisons morales fondamentales qui me commandent cette condamnation d’un loisir dont l’enjeu est la souffrance et la mort d’un être sensible.
Le mépris de la vie animale, la banalisation de la cruauté, l’édification en jeu de l’acte de tuer prépare les chasseurs à ne voir dans la mort d’un autre homme qu’un accident comportant "l’immense risque" qu’une commune soit arpentée par des « bobos anti-chasses ».
La chasse nous donne la nausée.
Et dire que le président de la république actuel couvre cette pratique, ce qui insulte le peuple français.
La mort loisir ne demeure une passion que pour une minorité rétrograde et aux abois. Abolissons la chasse à l’instar de l’abolition des sacrifices humains du passé, des ordalies, des bûchers, des galères, de l’esclavage, de la peine de mort et pour les mêmes raisons : celles du cœur.
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B
Bien triste !!
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P
comment un chasseur qui cherche a tirer un sanglier peu t'il faire une telle erreur de tirer sans voir la cible quand les juge corrompus vont ils punir tout ces mort par accident de chasse ..ont ce fait meme mettre en joue lorsque l'on passe en voiture trop pres de certains chasseurs pres a nous tirer comme des sanglier
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J
Drame "ordinaire" de la chasse : on tire sans avoir formellement identifiée la "cible" et très près des habitations ! Il y a là de quoi s'interroger...Combien faudra-t-il encore de victimes innocentes, de familles brisées par l'inconscience de certains, pour que la chasse disparaisse à jamais ?
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