Le Danemark prévoit d’abattre sa population de visons après la propagation de la mutation du coronavirus aux humains

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Le Danemark abattra sa population de visons -jusqu’à 17 millions- après qu’une mutation du coronavirus trouvée dans les animaux se soit propagée à l’homme, a déclaré mercredi le Premier ministre…

Dans un élevage de visons à Jyllinge (Danemark), près de Copenhague... Photo : Fabian Bimmer

Les autorités sanitaires ont trouvé des souches de virus chez l’homme et chez le vison qui présentaient une sensibilité réduite aux anticorps, ce qui pourrait potentiellement réduire l’efficacité des futurs vaccins, a déclaré la Première ministre Mette Frederiksen. «Nous avons une grande responsabilité envers notre propre population, mais avec la mutation qui a maintenant été découverte, nous avons une responsabilité encore plus grande envers le reste du monde aussi», a déclaré Frederiksen lors d’une conférence de presse.

Les résultats, qui ont été partagés avec l’Organisation mondiale de la santé et le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies, reposaient sur des tests de laboratoire effectués par l’Institut national du sérum, l’autorité danoise chargée des maladies infectieuses. Le chef du programme d’urgence de l’OMS, Mike Ryan, a appelé vendredi à des enquêtes scientifiques à grande échelle sur le problème complexe des humains –en dehors de la Chine– infectant le vison qui à son tour a transmis le virus aux humains.

« Nous avons été informés par le Danemark d’un certain nombre de personnes infectées par le coronavirus du vison, avec quelques changements génétiques dans le virus », a déclaré l’OMS dans un communiqué envoyé par courrier électronique à Reuters à Genève. «Les autorités danoises étudient la signification épidémiologique et virologique de ces résultats.» Les autorités danoises ont déclaré que cinq cas de la nouvelle souche virale avaient été enregistrés dans des élevages de visons et 12 cas chez l’homme, et qu’il y avait entre 15 et 17 millions de visons dans le pays.

Les épidémies dans les fermes de visons ont persisté dans le pays nordique, le plus grand producteur mondial de fourrures de vison, malgré les efforts répétés pour abattre les animaux infectés depuis juin. La police, l’armée et la garde intérieure du Danemark seront déployées pour accélérer le processus d’abattage, a déclaré Frederiksen.

Christian Sonne, professeur de médecine vétérinaire et de la faune à l’Université d’Aarhus, a déclaré dans un courrier électronique qu’il pensait que l’abattage du troupeau maintenant par mesure de précaution était une décision judicieuse et pourrait empêcher une future épidémie qui serait plus difficile à contrôler. Sonne a co-écrit une lettre publiée dans la revue Science la semaine dernière appelant à l’abattage.

«La Chine, le Danemark et la Pologne devraient soutenir et étendre l’interdiction immédiate et complète de la production de visons», ont écrit Sonne et ses co-auteurs la semaine dernière. Des restrictions de verrouillage plus strictes et des efforts de traçage intensifiés seront mis en œuvre pour contenir le virus dans certaines régions du nord du Danemark, qui abrite un grand nombre d’élevages de visons, ont déclaré les autorités.

«Le pire des cas est une nouvelle pandémie, qui recommence depuis le Danemark», a déclaré Kare Molbak, directeur de l’Institut national du sérum. Des visons ont également été abattus aux Pays-Bas et en Espagne après la découverte d’infections.

Reportage de Nikolaj Skydsgaard et Jacob Gronholt-Pedersen; reportage supplémentaire de Stephanie Nebehay à Genève et Michael Erman à Maplewood, NJ Montage par Jon Boyle, Nick Macfie, Timothy Heritage et Tom Brown/FR 24 News (05.11.2020)

 

 

 

 

 

 

 

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B
C'est une horreur !
Pauvres bêtes...
Il faudrait de toute façon interdire ces élevages !!!
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Z
L'horreur dans ce qui est déjà une horreur! Que ces élevages ferment une bonne fois pour toutes!
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J
Une fois de plus l’on y voit l’influence très néfaste de l’homme qui construit des usines à fourrure complètement indignes et barbares mais en plus complètement inutiles sauf pour quelques « friqués » s’estimant bien au dessus des autres mais finalement habillés avec des cadavres. Tristes personnages ne m’inspirant que du dégoût et du mépris.
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C
Une horreur de plus qui s'ajoute à celles que nous vivons déjà car, outre le coronavirus, il y a la grippe aviaire, la peste porcine et puis ces chasseurs qui réclament des dérogations ! Trop c'est trop...
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J
C'est exact Claire ! En plus, il y a l'insoutenable suspens du décompte des bulletins de vote américains qui n'en finit pas... Croisons les doigts pour qu'une certaine démocratie revienne outre-Atlantique !
C
Ouf, Jean-Louis! J'ai entendu cela aux nouvelles et j'en ai eu des frissons! Tu as bien raison : l'idéal serait qu'il n'y ait plus d'élevages pour des fourrures...
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J
Tous les élevages intensifs sont potentiellement des sources de pandémies et devraient, à ce titre, être interdits ! Mais voilà, il y le fric et il fait faire les pires horreurs...
Ce drame soulève un pan du voile de l'industrie de la fourrure et il n'est pas rose, loin de là : j'ai déjà publié de nombreux articles à ce sujets mais, dans les faits, les choses sont longues à changer !
Si vous ignorez comment fonctionnent ces "ferme de l'horreur" tapez "fourrure" dans la rubrique "recherche" ci-contre...
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J
"Fermes de l'horreur" au pluriel bien sûr... Mais, vous aurez rectifié par vous-même ! Merci pour votre indulgence...