Elisa Pilarski est morte alors qu’elle était partie se promener le 16 novembre 2019 avec son chien Curtis.
Dans leur rapport d’expertise, rendu samedi, les deux vétérinaires estiment que « Curtis est l’unique auteur des morsures ayant causé le décès ». Ils dédouanent ainsi une meute participant à la chasse à courre.
/image%2F1972810%2F20201101%2Fob_0c8040_elisa-pilarski-est-morte-alors-qu-el.jpg)
Elisa Pilarski est morte alors qu’elle était partie se promener le 16 novembre 2019 avec son chien Curtis.
Le 16 novembre 2019, Elisa Pilarski, une femme enceinte de 29 ans, est retrouvée morte à la suite de morsures de chien dans la forêt de Villers-Cotterêts (Aisne), près de Soissons. Faute de témoins, et dans l’attente des résultats d’analyses ADN, la controverse battait son plein : Quelles mâchoires se sont acharnées sur elle ? Celles de son chien, Curtis ? Celles de la meute participant à la chasse à courre qui, ce samedi-là, se donnait à quelques centaines de mètres ?
Un seul chien est à l’origine de la mort d’Elisa Pilarski, et il s’agit bien de son propre animal de compagnie. Deux vétérinaires ont rendu leur rapport d’expertise, samedi 31 octobre, et ils sont formels : « Le chien Curtis est l’unique auteur des morsures ayant causé le décès ». Selon eux, les comparaisons des mâchoires ne laissent aucun doute : « Les morsures individualisables sont compatibles avec la mâchoire du seul Curtis, et non des chiens de chasse ».
Les experts relèvent, en outre, que Curtis fait preuve d’un comportement de « prédation détourné de sa finalité » en raison de son dressage « contre nature », qui relève d’une « forme de maltraitance animale ». Le pitbull était, en effet, entraîné pour des concours interdits en France. L’animal est « obnubilé par le fait de mordre, quel que soit l’objet, et ne connaît pas l’inhibition de la morsure sur les humains, même familiers », constatent les experts.
La chasse à courre accusée à tort par des associations animalistes
« Ce qui importe pour connaître les causes du décès est l’analyse des morsures. Le résultat est sans appel, ce sont celles de Curtis, la chasse à courre est donc définitivement mise hors de cause », a réagi Me Guillaume Demarcq, avocat du maître d’équipage du Rallye la passion dans un communiqué publié par la Société de Vènerie. « La chasse à courre tout entière, et au-delà l’ensemble des chasseurs, ont été traînés dans la boue, traités de meurtriers et jetés en pâture sur les réseaux sociaux », a ajouté l’avocat.
De nombreuses associations animalistes, militants anti chasse et défenseurs de la cause animale avaient, à la découverte des faits, accusé la chasse à courre d’être responsable de ce décès.
Brigitte Bardot, notamment, avait adressé une lettre ouverte à la ministre de la transition écologique Elisabeth Borne, le 19 novembre, écrivant qu’une « jeune femme, enceinte de 6 mois, partie promener son chien s’est retrouvée prise pour cible par la meute de chiens de l’équipage de chasse à courre le Rallye de la passion ». Elle dénonçait aussi « le diktat des chasseurs, cette minorité armée qui représente 1,5 % de la population mais qui empêche 98,5 % de profiter des forêts en toute sécurité ».
Marion Esquerre/Le Monde (31.10.2020)
Si vous avez apprécié cette publication,
partagez-là avec vos amis et connaissances !
Si vous souhaitez être informé dès la parution d’un nouvel article,
Abonnez-vous !
C’est simple et, naturellement, gratuit !