Henri Jenn, “L'oiseau au cœur”

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Ornithologue, ancien président du Centre d'initiation à la nature de Lutterbach, ancien président de la Ligue de protection des oiseaux d'Alsace, Henri Jenn a vraiment l'oiseau à cœur. A 78 ans, il a décidé de prendre la plume pour raconter ses combats pour la nature…

Henri Jenn, ornithologue et auteur d'un ouvrage intitulé "L'oiseau au cœur"Photo Judith Jung/France 3 Grand Est

Pourquoi écrire un livre ? C'est la question que pose Henri Jenn dans son introduction. Il y répond par ces mots : "Lors de discussions avec les uns et les autres, il apparaît que je suis porteur d'une mémoire qui remonte aux années 50 ; je pense donc pouvoir mettre celle-ci à la portée de tous, avec ma subjectivité".

Rien ne prédisposait Henri Jenn à l'ornithologie. Ouvrier d'entretien chez "Air Liquide" à Mulhouse dès 1959, entreprise dans laquelle avait travaillé son père et son grand-père, il gravit les échelons jusqu'à devenir chef de l'usine. Sa rencontre avec les oiseaux s'est faite là, dans son entreprise. Un hiver, un oiseau se pose sur le rebord d'une fenêtre. Henri Jenn l'observe et se demande bien quel peut être son nom. Après le travail, il court dans une librairie pour se procurer un livre sur les oiseaux. Il y apprend qu'il s'agit d'une mésange charbonnière. Un premier livre auquel se rajouteront des dizaines par la suite. "L'oiseau est un animal très proche de l'homme, dit-il. Il chante dans nos jardins au printemps, il vient manger dans nos mangeoires. Regarder un oiseau est un vrai spectacle. Et puis cela me rappelle ma mère qui pouvait passer des heures à les regarder".

Henri Jenn s'engage dès lors dans la lutte pour la protection des oiseaux. Dans les années 60, sa route croise celle de Solange Fernex et d'Antoine Waechter. Avec d'autres défenseurs de la nature, ils décident que le moment est venu de présenter des écologistes aux élections. C'est Henri Jenn sui se portera volontaire et qui deviendra en 1973, le premier candidat écologiste à une élection en France. Solange Fernex sera sa suppléante aux législatives du 4 mars 1973, Antoine Waechter (encore mineur à l'époque), sera son directeur de campagne. Ils se présentent sous la bannière de "Ecologie et survie". Ils ne recueillent que 2,7 % des voix.

En 1974, il fait partie de ceux qui accueilleront René Dumont dans le Haut-Rhin, premier candidat écologistes aux élections présidentielles françaises. Henri Jenn se présentera à d'autres élections mais se concentrera par la suite sur ses travaux d'ornithologue. Dans son livre d'ailleurs, la politique n'est évoquée que sur une seule page.

 

‘’Halte au cancer de l'expansion’’, l'affiche de la candidature d'Henri Jenn aux législatives en 1973. Photo : Cathy Huber

Henri Jenn préfère et de loin, le travail associatif. "Dans le milieu associatif, vous pouvez dire ce que vous voulez. Dans la politique, ce n'est pas le cas. Il faut suivre la ligne du parti", constate-t-il. Il n'a d'ailleurs jamais pris sa carte chez les Verts. Henri Jenn a par contre renouvelé chaque année jusqu'à ses 78 ans, son engagement auprès de la LPO, la Ligue de protection des oiseaux. Il en a été le président régional mais aussi le trésorier national. Depuis 50 ans, il ne manque pas une seule campagne de baguage des oiseaux. Il continue de voyager pour aller observer les oiseaux aux quatre coins de l'Europe.

Judith Jung/France 3 Grand Est (21/10/2020)

Vidéo : Henri Jenn, écologiste alsacien engagé depuis 50 ans (6 :20)

 

 

 

 

 

 

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B
Quelle belle personne !
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Z
Quel beau reportage et quelle magnifique personne! Merci de me l'avoir fait connaître.
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F
Magnifique personnage, très beau reportage, doublé d'un cours de langue que j'apprécie tout particulièrement. Merci !
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J
Je découvre un fameux et intéressant personnage. Les associations de protection des oiseaux ont 1 million d'adhérents en Angleterre, 500 000 en Allemagne et 50 000 en France. Cela m'interpelle. Il n'y a pas de poids devant le lobby de la chasse, pour faire infléchir nos politiques.
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C
Merci pour cet article passionnant. Cela fait plaisir de lire un tel hommage et met une belle énergie en cette période si troublée. Amitié, Séverine.
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J
J'apprécie l'homme ! J'apprécie également qu'on rende hommage à ceux qui le méritent tant qu'ils sont encore parmi nous : Henri Jenn, pour celles et ceux qui ne se sont pas de la région, est une figure importante de la protection des oiseaux !
Son bref parcours dans le domaine de la politique -il était un pionnier alors- était certainement une grande désillusion pour lui : Cela dit, il avait à ses côtés une Solange Fernex, féministe et écologiste engagée et, cela doit demeurer une belle aventure malgré tout !
Solange était à nos côtés au ROC et, amie du regretté Théodore Monod, elle était aussi de tous les combats contre le nucléaire...
J'en profite pour honorer ces "chers disparus" en ce premier novembre !
Merci à Henri Jenn pour son combat et son authenticité !
Voilà par ailleurs une belle occasion pour les non-locaux de découvrir notre langue locale : ici l'alsacien du Haut-Rhin qui diffère sensiblement du nôtre, celui du Bas-Rhin...
Bonne journée "confinée" à tous...
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D
Bien ! Mais prendre la plume pour parler de l'oiseau ... ;-)
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J
Bien vu Domi ! J'espère que nous aurons également à nouveau quelques "piques" de notre ami Pierre qui est très (trop) silencieux à mon goût ces derniers temps !