Qu'est devenu le renardeau orphelin secouru par la Fondation 30 Millions d’Amis ?

Publié le par Jean-Louis Schmitt

La Fondation 30 Millions d’Amis a recueilli un renardeau trouvé au bord de la route près du corps inerte de sa mère, fauchée par une voiture (28/05). Transféré au CHUV Faune Sauvage de Maisons Alfort (94), il a pu être relâché dans son environnement naturel après avoir suivi un long processus d'apprentissage.

Le renardeau sauvé par la Fondation 30 Millions d'Amis suit un long processus d'apprentissage avant de retrouver son milieu naturel. Photo : Fondation 30 Millions d'Amis

Le renardeau sauvé par la Fondation 30 Millions d'Amis suit un long processus d'apprentissage avant de retrouver son milieu naturel. Photo : Fondation 30 Millions d'Amis

Triste découverte. Un membre de l’équipe de la Fondation 30 Millions d’Amis a trouvé un renardeau livré à lui-même après la mort accidentelle de sa mère et de son jeune frère, sur une route départementale de Seine et Marne. Pris en charge avec le plus grand soin, le petit orphelin a été immédiatement transféré au Centre Hospitalier Universitaire Vétérinaire - Faune sauvage (CHUV-FS) d’Alfort (94).

Un long processus d’apprentissage

« Lors de son admission, le renardeau allait très bien : il ne présentait aucune anomalie clinique et était proche du sevrage, confie à 30millionsdamis.fr Cécile Le Barzic, Dr vétérinaire au CHUV-FS de Maisons-Alfort. Depuis, il a déjà pris 200 grammes et rejoindra très bientôt le groupe que nous avons en réhabilitation ». Car avant d’être relâchés en milieu sauvage, la vingtaine de renardeaux recueillis, chaque année au centre hospitalier, suivent un processus d’apprentissage long et minutieux. Au cours des 6 premières semaines, les jeunes goupils, souvent sevrés ou proches de l’être, sont élevés au centre. Dès qu’ils atteignent un kilogramme, ils sont transférés vers le site de Mandres-Les-Roses (94) où ils vivent en groupes jusqu’à ce qu’ils atteignent leur poids d’adolescent de 2,5 kilogrammes.

« Débute alors la phase de lâcher progressif, explique à 30millionsdamis.fr Jean-François Courreau, Président de l’Association Faune Alfort. Dans un vaste enclos de 800 mètres carrés (94), les jeunes renards continuent d’être nourris tout en évoluant naturellement pour développer le comportement de l’espèce : ils y installent leur terrier et chassent leurs proies ». Au bout d’un mois, les soigneurs ouvrent l’enclos pour leur permettre de s’émanciper tout en assurant leur sécurité alimentaire pendant plusieurs semaines. « Fin juin, le petit renardeau – sauvé par la Fondation 30 Millions d’Amis – a rejoint ce grand enclos du Val-de-Marne, assure J-F. Courreau. Vers le milieu de l’été, il a pu commencer à s'émanciper dans son milieu naturel. » Sa remise en liberté a été suivie de près par nos équipes !

«Le renardeau sera relâché dans un secteur exempt de chasse et où le goupil n'est pas classé ‘’nuisible’’». J-F Courreau - Président de Faune Alfort

La place de l’animal sauvage est dans la nature

 

Attention, détenir chez soi un animal sauvage que l'on a sauvé n'est pas autorisé. Il faut impérativement le confier à un Centre de sauvegarde la faune sauvage, dont les équipes sont seules habilitées à s'en occuper. L'une de leurs missions est de relâcher les animaux remis sur pattes et en bonne santé. « La loi prévoit que les centres de soins ont cet objectif, confirme le Dr Courreau. Nous ne cessons de le marteler : la place d’un animal sauvage est dans le milieu naturel, pas chez un humain. » Quant aux plus fragiles ou ceux trop imprégnées par l'Homme, et par conséquent non relâchables : seules quelques structures sont autorisées à les recueillir.

 

Que l’on se rassure : notre protégé a conservé tous ses instincts pour lui permettre de retourner à la vie sauvage en toute sérénité, notamment à l'abri des balles des chasseurs : « En Val-de-Marne, le renard n'est pas déclaré ''espèce nuisible'', rassure le Président de Faune Alfort. Et le secteur où les renardeaux sont relâchés est exempt de chasse. » En dehors de ce département, de Paris, de la Corse, des Hauts-de-Seine et de la Seine-Saint-Denis, les renards peuvent être détruits par tir, piégeage ou déterrage sur l’ensemble du territoire métropolitain et ce, toute l’année. Ce statut obsolète méconnaît totalement leur sensibilité, tout comme leur rôle écologique qui n’est plus à prouver. Il revient au ministère de la Transition Ecologique et Solidaire de déclasser, à l’échelle nationale, le goupil de la liste des nuisibles !

« Soyez attentifs sur les routes et roulez prudemment : il ne sera pas rare d’observer des animaux traverser les voies ». Faune Alfort

Vigilance sur les routes !

Comme ce renardeau sauvé par la Fondation 30 Millions d’Amis, des centaines d’autres se retrouvent tous les ans orphelins de mère, victime de la circulation routière. Un risque d’autant plus accru depuis la fin du confinement : habitués au calme, certains animaux sont moins préparés à éviter le trafic routier. « En notre absence, la nature s’est petit à petit réinstallée dans nos villes, pour le plaisir de nos yeux ! Mais soyons vigilants (…) : le déconfinement ne doit pas être synonyme de danger pour notre belle faune sauvage, met en garde Faune Alfort. Il va falloir redoubler de vigilance ! Soyez attentifs sur les routes et roulez prudemment : il ne sera pas rare d’observer des animaux traverser les voies. »

Et apercevoir un juvénile n’implique pas nécessairement de le recueillir. En effet, si les nouveau-nés dépendent de leur mère -qui doit rester constamment à leurs côtés les 2 premières semaines- en revanche, « à 3-4 semaines, ils commenceront à sortir du terrier pour explorer leur environnement et là… c’est le drame, explique Faune Alfort. A cette période (entre avril et juin), les centres de soins se trouvent avec des juvéniles bien trop souvent ramassés à tort ». Un renardeau seul n’est effectivement pas systématiquement orphelin : il peut simplement s’être éloigné et attendre le retour de sa mère, la mieux placée pour l’élever. Pour ne pas recueillir un animal à tort, assurez-vous, avant d’intervenir, de ne pas le soustraire à ses parents. Cette précaution est d’autant plus nécessaire qu’un jeune goupil s’imprégnerait rapidement à l’humain… au risque de ne pas pouvoir survivre dans la nature s’il venait à être relâché. « En ramassant un jeune animal, vous avez plus de chances de faire du mal que du bien, alors réfléchissez toujours avant d’agir », conclut le spécialiste.

La Fondation 30 Millions d’Amis s’intéresse aux solutions susceptibles d’être mises en œuvre pour limiter les risques d’accidents liés à la circulation et rappelle les bons gestes à adopter face à un animal sauvage en détresse.

Vidéo : Alfox, l'orphelin qui retrouve la liberté (12 :54)

 

 

 

 

 

 

 

Si vous avez apprécié cette publication,

partagez-là avec vos amis et connaissances !

Si vous souhaitez être informé dès la parution d’un nouvel article,

Abonnez-vous !

C’est simple et, naturellement, gratuit !

 

 

 

 

 

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

dominique 29/09/2020 13:34

Du temps et du dévouement compétent, pour le maintenir en vie d'abord puis le réadapter progressivement à la vie sauvage dont ses sauveteurs veillent à ne pas l'éloigner en l'habituant le moins possible à l' Humain; des semaines de patience et organisation intelligente; alors que en une seconde.... !!!!

Béa kimcat 28/09/2020 16:28

Je lui souhaite une belle vie de renard.
J'en avais parlé aussi le 17 septembre dernier sur mon blog
http://kimcat1b58.eklablog.com/alfox-le-renardeau-a-retrouve-la-liberte-a202020004

Chantal33300 28/09/2020 14:44

espérons qu'il échappera aux chasseurs

Zoé 28/09/2020 11:20

Je lui souhaite aussi une belle vie loin des fusils !

Jean-Louis 28/09/2020 07:19

Une histoire qui se termine bien et on ne peut que s'en réjouir et espérer que ce jeune renard puisse vivre sa vie sans faire de mauvaises rencontres... Tant d'autres n'ont pas cette chance !