Plus de 100 tonnes de plastique repêchées par une expédition dans le Pacifique, un triste record

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Après 48 jours en mer, le navire S/V Kwai est retourné au port d’Honolulu à Hawaï le 23 juin 2020. Affilié à la mission Ocean Voyages Institute, l’équipage à bord du bateau a pu récupérer plus de 100 tonnes de plastique dans l’Océan Pacifique. Un triste record.

Entre l'île d'Hawaï et la côte ouest américaine se dresse un 7e continent : le continent de plastique. Photo: Lokhart Maclean/Ocean Voyages Institute

Entre l'île d'Hawaï et la côte ouest américaine se dresse un 7e continent : le continent de plastique. Photo: Lokhart Maclean/Ocean Voyages Institute

Depuis 2009, l’association Ocean Voyages Institute écume les mers pour y repêcher du plastique. On estime qu’il y a actuellement 150 millions de tonnes de plastique dans les océans de la planète aujourd’hui. En se décomposant lentement en micro plastiques, cette immense masse devient ingurgitable par les espèces marines, mettant en danger tout l’écosystème aquatique de la planète. “L’ONU déclare qu’en 2050, il y aura plus de plastiques que de poissons dans l'eau. C’est une statistique très optimiste, 2040 serait une date plus adéquate” déclare Mary Crowley, fondatrice d’Ocean Voyages Institute.

Partis d’Hawaï le 4 mai 2020, les membres de l’association ont fait cap vers le Gyre, ce continent de plastique dans l’Océan Pacifique. L’expédition de 48 jours (précédée de trois semaines de quarantaine imposée par la pandémie du nouveau coronavirus) a permis de récupérer 103 tonnes de plastique, dépassant ainsi l’ancien record de 48 tonnes, détenu aussi par Ocean Voyages Institute. Les filets, souvent issus de pêches clandestines, constituent le plus gros des récoltes en plastique.

Un traqueur GPS de filets de pêches

Nous utilisons des équipements qui ont fait leurs preuves pour nettoyer de manière efficace les océans, tout en innovant à l’aide de nouvelles technologies” explique Mary Crowley. Depuis 2018, et sous son l’initiative, les expéditions sont planifiées par traçage GPS des filets de pêche perdus dans l’océan. Cette technique permet une meilleure localisation des bancs de plastique, dans un rayon d’environ 25 km. Les filets de pêche regroupent la plupart du temps d’énormes quantités de plastiques en tout genre : bouteilles, chaises, seaux, etc. Des poissons, des tortues de mer et d’autres espèces marines se coincent également souvent dans les mailles des filets, et meurent.

L’avantage, c’est que tout le monde peut participer

Mais les actions en mer ne suffisent plus. L’autre objectif phare de l’association, c’est la sensibilisation aux conséquences d’une utilisation massique de plastique. “Notre message : c’est l’éducation. Nous devons prendre soin de notre planète” insiste Mary Crowley. “Nous espérons réellement aider [à sensibiliser sur le sujet]. Quand tout le monde voit le bateau se décharger de ces tonnes de plastique, l’impact que cela peut avoir sur la vie aquatique… C’est une image très bouleversante.” Une fois récupéré par les navires de l’association, le plastique est recyclé et réutilisé de manière durable par des entreprises partenaires du mouvement. “Nous ne devrions pas avoir à utiliser du plastique à usage unique. Il existe plein d’autres solutions ! Mais l’avantage [de notre cause], c’est que tout le monde peut participer. Tout le monde peut arrêter le plastique, tout le monde peut recycler” conclut Mme Crowley.

Antoine Duval/Sciences et Avenir (26.06.2020)

La plupart du temps, un filet récupéré entraîne avec lui tous les plastiques aux alentours. Photo: Lokhart Maclean/Ocean Voyages Institute

La plupart du temps, un filet récupéré entraîne avec lui tous les plastiques aux alentours. Photo: Lokhart Maclean/Ocean Voyages Institute

Les filets ainsi récupérés sont stockés dans la cale du bateau, puis au-dessus lorsque celle-ci est pleine. Photo: Lokhart Maclean/Ocean Voyages Institute

Les filets ainsi récupérés sont stockés dans la cale du bateau, puis au-dessus lorsque celle-ci est pleine. Photo: Lokhart Maclean/Ocean Voyages Institute

Une fois rempli, le bateau repart vers Hawaï, d'où il était parti. Photo: Lokhart Maclean/Ocean Voyages Institute

Une fois rempli, le bateau repart vers Hawaï, d'où il était parti. Photo: Lokhart Maclean/Ocean Voyages Institute

Plus de 80 % des plastiques flottants finissent par couler, d'après The Sea Cleaners. Photo: Lokhart Maclean/Ocean Voyages Institute

Plus de 80 % des plastiques flottants finissent par couler, d'après The Sea Cleaners. Photo: Lokhart Maclean/Ocean Voyages Institute

Des bouteilles, des seaux mais également des poubelles ou des chaises ont été retrouvées à la mer grâce à ces expéditions. Photo: Lokhart Maclean/Ocean Voyages Institute

Des bouteilles, des seaux mais également des poubelles ou des chaises ont été retrouvées à la mer grâce à ces expéditions. Photo: Lokhart Maclean/Ocean Voyages Institute

En se décomposant, le plastique finit par former des morceaux de tailles de plus en plus petites, et de plus en plus difficiles à récupérer. Photo: Lokhart Maclean/Ocean Voyages Institute

En se décomposant, le plastique finit par former des morceaux de tailles de plus en plus petites, et de plus en plus difficiles à récupérer. Photo: Lokhart Maclean/Ocean Voyages Institute

Certains animaux de mer sont piégés par les filets laissés en mer, et finissent par mourir. Photo: Lokhart Maclean/Ocean Voyages Institute

Certains animaux de mer sont piégés par les filets laissés en mer, et finissent par mourir. Photo: Lokhart Maclean/Ocean Voyages Institute

 

 

 

 

 

 

 

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Publié dans Environnement, Pollution

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C
c'est incroyable !ahurissant. Je n’arrive pas à comprendre un tel je-m’en-foutiste
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B
C'est bien triste...
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A
Rien à rajouter... ah si maintenant il va y avoir des masques en plus...navrant...
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C
C'est une horreur !<br /> Cette pollution qui est du seul fait de l'être humain est inacceptable et je n'arrive pas à comprendre comment on peut continuer à produire autant de matières plastiques tout en en connaissant les nombreux inconvénients ! Qu'attendent les gouvernants pour imposer d'autres règles ? Ces images, pourtant, doivent aussi leur parvenir... Sont-ils à ce point indifférents quant à l'état de la planète ?
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Z
Rien , rien ne sert de leçon! C'est décourageant ! <br /> Sur le même sujet , lu aujourd'hui :<br /> https://www.goodplanet.info/2020/07/13/bangladesh-course-pour-sauver-des-tortues-prises-dans-une-maree-geante-de-plastiques/?fbclid=IwAR3zzU9S4BhF0KzdkZ8XVSNfhuQiDhtt1tVXMQYV4TlNWzSpIV0v_-x6G7c#.Xw29nq1FdL4.facebook
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J
Diffusion ce soir sur Arte à 21h d'un reportage :"Plastic partout, histoires de déchets ".
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D
Plus encore que nous le croyons; hier mon mari a vu un "jeune" faire la vidange de sa voiture dans la rue, laissant s'y écouler son huile usagée; essayant d'intervenir il s'est fait traiter de "pépé la ferme, je suis chez moi je fais ce que je veux" ; face à un tel raisonnement que faire ? Il est vrai que la société a donné tous les droits sans exiger de devoirs....J'ai cru que la crise jouerait un rôle positif or c'est pire comme avec les masques et gants jetés à la rue . Pouah...plus d'espoir !
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J
C'est impressionnant et, surtout, semble dérisoire face à l'ampleur du problème de la pollution : l'humain est décidément un "gros dégueulasse" !
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