La police de l’environnement victime d’intimidations de la part d’agriculteurs

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Une nouvelle action d’intimidation de la police de l’environnement par des représentants d’agriculteurs a eu lieu ce lundi 29 juin à la Marre dans le Jura.

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10 jours avant en Côte d’or

Le 18 juin dernier, nous ne ne pouvions déjà que nous indigner de l’action (voir vidéo ci-dessous) de la FDSEA 21, accompagnée des Jeunes Agriculteurs (JA) et de la Chambre d’agriculture du même département. L’OFB (Office Français de la Biodiversité) qui agit en tant que police de l’environnement, avait ouvertement et très clairement été comparée à la GESTAPO par les représentants des agriculteurs ! Sans parler de la dégradation induite par la construction de plusieurs murs en parpaings. Il y avait déjà de quoi être choqué. Les médias n’ont que très peu relayé cette information. Antoine Carré, président des Jeunes Agriculteurs de Côte-d’Or, cité dans un article d’Infos Dijon allait très loin affirmant « On va rompre le dialogue et si ça continue, on passera vraiment à l’acte » !

Nouvel acte d’intimidation : dans le Jura cette fois

Après cette action qui marquera certainement durablement la police de l’environnement, de plus en plus empêchée de faire son travail, une nouvelle action d’intimidation de la part des agriculteurs a eu lieu ce lundi 29 juin, dans le Jura cette fois. Et c’est la FDSEA du Jura qui s’en fait l’écho sur sa page Facebook.

Les faits sont également relatés dans cet article de la Voix du Jura. Le parti pris par le journaliste dans cet article, qui ne laisse aucune place à la parole de l’OFB, est hallucinant de complaisance envers des pratiques inacceptables d’intimidation de l’autorité publique et il oublie le principal : le rappel des faits !

Rappel des faits et du contexte

Fin 2018, un agriculteur a réalisé des travaux au casse-caillou sur une surface de 2 hectares sur la commune de La Marre (39). Dans le cadre de l’enquête diligentée et vu que le casse-caillou impliqué avait déjà servi dans d’autres affaires d’atteintes à l’environnement, la substitut du parquet de Lons-le-Saunier en charge des dossiers de l’environnement a demandé la saisie du casse-caillou concerné.

Un rendez-vous a donc été pris avec l’auteur pour procéder à la mise sous scellés de l’engin. Sauf qu’à l’arrivée des agents de l’OFB et des forces de gendarmerie, c’est tout un comité d’accueil qui les attendait. Pas moins d’une centaine (jusqu’à 130 selon certains chiffres) d’agriculteurs, auxquels s’est jointe la sénatrice Mme Sylvie Vermeillet, se sont rassemblés pour s’opposer à la mise sous scellés. 

On notera sur la vidéo que l’auteur présumé des faits, interrogé par un agent a précisé de son côté qu’il ne s’y opposait pas. En revanche, le représentant des agriculteurs qui prend la parole, M. Christophe Buchet, président de la FDSEA du Jura, a formellement indiqué qu’il s’opposait à la mise sous scellés.

Impunité et soutien politique ?

Il s’agit ici non seulement d’un exemple flagrant de l’impunité dont bénéficie une certaine catégorie d’agriculteurs mais également d’une intimidation supplémentaire que devrons porter les salariés de l’OFB, qu’on empêche tout bonnement de réaliser leur travail ! Ces derniers doivent être soutenus par le monde politique et par-delà, par tous les citoyens !

On attend désormais de voir ce que décidera le procureur de Lons-le-Saunier confronté à un obstacle manifeste faite aux dépositaires de l’autorité publique.

 

Collectif SOS Loue et Rivières Comtoises

 

 

 

 

 

 

 

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Z
Je ne connaissais pas non plus le casse-caillou. Ce qui est intolérable c'est la parfaite impunité des groupes d'agriculteurs de la FNSEA qui peuvent s'opposer comme bon leur semble!
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A
Je ne connaissais même pas ce casse caillou. Comme le signale Jacky, le problème vient encore sans doute de la démesure de son utilisation. Chez nous je ne connais pas de problème avec les agriculteurs locaux et ils sont même plutôt soutenus en cette période de crise. Nos paysages sont « raisonnables » avec des coquelicots en bordure de presque tous les champs. Il faut donc veiller à ce que ce soit semblable partout.
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M
Comme d'hab les agriculteurs utilisent la manière forte, en l'occurrence ici l'intimidation<br /> Quand ce n'est pas les bureaux de la Ministre de l'environnement (Voynet) qu'ils saccagent, les dépôts de matériaux divers et variés comme le fumier ou de l'ensilage déversés devant les locaux d'Alsace Nature, ou les autoroutes squattées par les agriculteurs se rendant à leurs manifestations en tracteurs, tout cela en parfaite illégalité mais sans conséquence pour leurs auteurs !<br /> Il faut également savoir que quand le syndicat majoritaire, la FNSEA organise une manifestation d'envergure, les agriculteurs qui n'y participent subissent également des intimidations de la part de leurs collègues !<br /> Il faut souhaiter dans les années à venir, que les syndicats agricoles minoritaires ( Coordination Rurale, Conf' ) prennent le pouvoir dans les chambres d'agriculture et que les mentalités agricoles évoluent<br /> Ça en prend doucement le chemin, mais c'est très long !!!
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J
Ces casse cailloux peuvent être utiles pour l'agriculteur à petite échelle. Le danger est son utilisation massive. Cette dernière semble se dessiner. Il est important de protéger le patrimoine paysager. La police de l'environnement tient son rôle. Bravo !
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J
Voilà une affaire pour le moins choquante : ces engins -les casse-caillou- sont une horreur de plus pour l'environnement qu'on ne cesse de malmener ! Qu'une sénatrice puisse soutenir de tels faits est, par ailleurs, incompréhensible : cette femme devrait être de "l'autre côté" et agir pour la préservation des paysages et devrait bien sûr soutenir les agents de l'OFB...
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