Les renards des villes se révèlent bien différents de ceux des champs

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Leur proximité avec l’Homme engendre des changements comportementaux et morphologiques…

https://dailygeekshow.com/wp-content/uploads/2020/06/une-renard-ville-1024x576.jpegPhoto: Jamie Hall / Shutterstock.com

Des chercheurs britanniques ont récemment établi que les renards roux vivant dans les zones urbaines ressemblaient de plus en plus aux chiens domestiques. Une adaptation à leur environnement pouvant en partie expliquer comment les chiens ont pu évoluer pour devenir des animaux de compagnie à part entière.

Des renards roux bien établis dans plusieurs agglomérations britanniques

Suite aux mesures de confinement mises en place pour endiguer la propagation du Covid-19, de nombreuses images d’animaux sauvages ou d’élevage arpentant les rues désertes des villes, comme ces chèvres au pays de Galles, ont fleuri sur la toile. Et il se trouve que plusieurs espèces se sont très bien adaptées à ce nouvel environnement. Dans le cadre de cette étude récemment publiée dans la revue PNAS, une équipe de chercheurs de l’université de Glasgow s’est penchée sur les différences entre les renards roux ruraux et urbains, qui sont aujourd’hui bien établis dans plusieurs agglomérations du Royaume-Uni.

« Nous nous sommes demandé si ce changement de mode de vie était lié aux différences d’adaptation entre les populations urbaines et rurales de renards roux. Nous avons évalué les crânes de centaines de renards trouvés à Londres et dans la campagne environnante et avons constaté que les renards urbains présentaient un volume crânien plus réduit ainsi qu’une forme de museau différente qui les aidait à se nourrir au sein de ce type d’habitat. La différence entre les mâles et les femelles était également moins marquée chez les renards urbains », explique Kevin Parsons, auteur principal de l’étude.

Selon l’équipe, ces changements correspondent à ce à quoi on peut s’attendre dans le cadre d’un processus de domestication. En d’autres termes, si les renards des villes ne sont certainement pas domestiqués, l’évolution de leurs comportements et de leur morphologie les rapproche inexorablement de la trajectoire suivie par de nombreux animaux domestiques.

« L’adaptation à ce type d’habitats dominés par l’homme prépare en fait certains animaux à la domestication »

« C’est important car les interactions entre l’Homme et l’animal sont continues et certains des aspects environnementaux fondamentaux qui ont pu se produire au cours des premières phases de la domestication de nos animaux de compagnie actuels, comme les chiens et les chats, étaient probablement similaires aux conditions dans lesquelles vivent aujourd’hui nos renards et autres animaux urbains. Ainsi, l’adaptation à ce type d’habitats dominés par l’Homme prépare en fait certains animaux à la domestication », ajoute Andrew Kitchener, co-auteur de l’étude.

Les chercheurs des universités de Bristol, d’Édimbourg, du Massachusetts et des National Museums Scotland ont ensuite cherché à savoir si les différences observées entre les renards roux urbains et ruraux étaient uniques ou présentaient une quelconque similitude avec celles recensées chez différentes espèces de renards.

« Il s’est avéré que les différences entre renards urbains et ruraux correspondaient à un schéma d’évolution global des renards s’étant produit sur des millions d’années entre les différentes espèces. Bien que la quantité de changements ne soit pas aussi importante ici, ceux-ci dépendent de tendances profondes et bien établies », avance Parsons. « En d’autres termes, ces changements n’ont pas été causés par des mutations aléatoires comme beaucoup pourraient le penser. »

Daily Geek Show/Yann Contegat (12 juin 2020)

Vidéo : How one man befriended an urban fox - BBC London (1:24)

 

 

 

 

 

 

Si vous avez apprécié cette publication,

partagez-là avec vos amis et connaissances !

Si vous souhaitez être informé dès la parution d’un nouvel article,

Abonnez-vous !

C’est simple et, naturellement, gratuit !

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans Animaux, Coup de coeur

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Cléo 15/06/2020 02:13

Comme mentionné par Anne plus bas, c'est vrai que ce n'est pas l'idéal pour eux, ces renards, d'être en ville. Mais ceux dans les forêts se font tuer par les chasseurs... Pauvres renards : ont-ils leur place quelque part où avoir la paix? Où faut-il faire comme le Petit Prince et apprivoiser chacune et chacun un renard, en lui laissant sa liberté? Que de questions sans réponses... Bises et belle semaine à vous deux!

domi 14/06/2020 23:46

les renards à deux pattes des villes sont également différents de ceux de la campagne, c'est vrai aussi pour le rat des villes

Anne 14/06/2020 22:59

Ceci me gêne car un animal sauvage devrait pouvoir rester dans son milieu. En ville tôt ou tard il sera accusé de mille maux ( poubelles renversées et cette crainte fausse de la rage) et... sera massacré. Il vaut mieux lutter pour qu’il puisse vivre à la campagne plutôt que de l’apprivoiser. En plus ce n’est pas parce qu’il est beau qu’il ne doit pas être tué mais parce que toute vie est respectable : de la même façon il vaut mieux éloigner les limaces du potager plutôt que de les tuer et pourtant elles ne donnent pas envie de leur faire des câlins.

laramicelle 14/06/2020 19:23

quels beaux renards , je suis aussi déchirée par le sort que leur font subir les chasseurs

Béa kimcat 14/06/2020 16:58

Qu'ils sont beaux ces renards des villes...
Comme Zoé, cela me déchire le cœur de penser qu'ils sont massacrés !

Zoé 14/06/2020 13:16

Merveilleux animaux tellement massacrés! J'en ai le cœur déchiré de penser à leur destin à cause de la cruauté des chasseurs!

Jean-Louis 14/06/2020 05:58

Comme de nombreuses autres espèces, le renard fait preuve de remarquables possibilités d'adaptation ! En milieu urbain, il trouve de quoi se nourrir et, surtout, des lieux où se cacher ce qui le rend relativement discret ! Autre avantage non négligeable : en ville, il n'est pas persécuté comme il l'est à la campagne... Son choix de vie est donc surtout celui de la... survie !