En Australie, le géant minier BHP autorisé à détruire des dizaines de sites aborigènes

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Le plan vise quelque 40 sites dans l'ouest de l'Australie, après la destruction d'un premier patrimoine détruit par Rio Tinto, autre géant minier.

Les Bungle Bungle Mountains, au sein du Kimberleys Purnululu National park, dans l'ouest de l'Australie. Photo : Stan Fautre/Only World

Le géant minier BHP a été autorisé à détruire jusqu'à 40 sites du patrimoine aborigène dans l'ouest de l'Australie, a annoncé jeudi 11 juin le gouvernement local, quelques jours après que le groupe minier multinational anglo-australien Rio Tinto a infligé un dommage irréversible à d'autres grottes préhistoriques dans le pays.

L'émoi d'une partie de la population  

Des représentants de la communauté aborigène se sont dits "profondément troublés et attristés" par le fait que Rio Tinto a détruit le mois dernier un site habité il y a plus de 46 000 ans par des Aborigènes. Les travaux à l'explosif, autorisés par le gouvernement de l'Etat d’Australie-Occidentale, ont permis d'agrandir une mine de fer.

Le ministre des Affaires aborigènes de cet Etat, Ben Wyatt, a annoncé avoir approuvé la demande de BHP de détruire 40 sites aborigènes. Il a donné son feu vert le 29 mai, trois jours seulement après l'annonce des destructions commises par Rio Tinto qui ont provoqué l'émoi d'une partie de la population.

BHP avait déposé une demande de destruction de ces sites dans le cadre de l'expansion de la mine de fer de South Flank, dans la région de Pilbara.

Formations calcaires situé dans le parc national de Nambung, en Australie-Occidentale. Photo : Deichmann-Ana/Only World

72 sites protégés

Cette mine se situe sur les terres traditionnelles du peuple Banjima, dont les représentants avaient en 2015 conclut un accord pour l'exploitation de cette zone. Celui-ci impliquait la protection de 72 sites de grande importance culturelle et des compensations financières pour la population Banjima. Celle-ci n'a pas déposé de recours contre la dernière demande de BHP. Mais en vertu des lois de l'Etat, l'accord de 2015 fait qu'elle n'est pas impliquée dans le processus d'approbation gouvernemental.

M. Wyatt, qui est lui-même aborigène, a dit travailler à une réforme des lois sur le patrimoine afin que les groupes miniers négocient directement avec les populations aborigènes concernant l'impact de leurs projets industriels. "Je crois fermement au droit à l'autodétermination des aborigènes et soutiens les groupes indigènes qui utilisent leurs droits chèrement acquis pour nouer des accords commerciaux avec les groupes qui exploitent les terres", a-t-il ajouté.

Clair de Lune sur le désert des Pinnacles, dans le parc national de Nambung en Australie-Occidentale. Juillet 2015. Photo : B.A.Tafreshi

Expertise et consultations attendues  

Il a dit avoir demandé à BHP de travailler avec les populations locales pour minimiser l'impact sur un site identifié comme ayant une grande importance culturelle pour le peuple Banjima. BHP n'a pas répondu aux questions de l'AFP. Mais le Sydney Morning Herald a rapporté que le groupe minier compte suspendre son expansion dans l'attente d'une expertise scientifique et de consultations avec la population locale.

Le minerai de fer est la ressource la plus exportée par l'Australie. Elle a rapporté 77 milliards de dollars australiens (47 milliards d'euros) l'année dernière. L'essentiel provient de la région très peu peuplée de Pilbara, dont une grande partie des terres est la propriété des populations aborigènes. Une manifestation a notamment eu lieu cette semaine devant les bureaux de Rio Tinto à Perth (ouest) pour dénoncer les destructions de sites aborigènes.

France Info (11 juin 2020)

 

 

 

 

 

 

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Publié dans Environnement

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M
Le problème c'est que la pollution ne reste pas en Australie mais qu'elle fait le tour de la planète et donc tout le monde en "profite". Inutile de critiquer les australiens les français ne font guère mieux.<br /> Je suis triste pour nos enfants et petits enfants qui vivront bientôt en enfer parce que la cupidité gouverne le monde.
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A
Sur les réseaux sociaux j’ai vu passer une image avec en haut d’énormes camions qui fumaient très noir avec la légende : Fuck You earth et en dessous un ciel avec un magnifique typhon avec la légende : Fuck You too. Les australiens n’ont que ce qu’ils méritent : air pollué par leurs centrales à charbon, gigantesques incendies qui menacent leurs villes... ce qui est très triste ce sont ces « dégâts collatéraux » : populations aborigènes chassées et tous ces animaux tués par les incendies. <br /> PS Merci Jacky je ne connaissais pas l’origine du mot aborigène
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A
Oups merci aussi à Françoise de faire la modératrice. Serais-je comme les jeunes qui lisent trop vite, je n’avais vu que le commentaire de Jean-Louis dans un premier temps :)
A
Effectivement vous avez raison Jean-Louis, merci de faire le modérateur.
J
Tout à fait d'accord avec Françoise !<br /> Cela dit, je ne comprends pas pourquoi plusieurs articles "anciens" (datant de 6 mois voir plus...) ont été republiés par Overblog ? Voilà une nouvelle énigme qui ne sera sans doute jamais résolu...<br /> A part cela : depuis aujourd'hui, le blog est passé en https (le "s" signifiant : sécurisé) !
F
Désolée, Anne, il est très dangereux de généraliser. On ne peut pas dire que " les Australiens n'ont que ce qu'ils méritent" car dans chaque population, chaque pays, il y a toujours les grands responsables des désastres, voire les coupables, et les victimes qui subissent à longueur d'année des situations qu'ils n'auraient jamais voulu vivre. Et même s'ils luttent pour que cela change, on sait bien qui gagne à chaque fois. J'espère que vos paroles ont dépassé votre pensée.
Z
Absolument décourageant et ignoble!
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B
Quel désastre !!<br /> Rien ne changera donc jamais pour que les choses aillent dans le bon sens...
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D
Comme Jean-Louis " j'y ai cru "; alors encore plus écoeurée qu'auparavant et désormais découragée; la nature humaine est telle qu'il faudrait une mutation de nos gènes pour que la protection passe avant la destruction, à but lucratif...ou pas !
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C
Je suis atterrée par ce que je n'hésiterai pas à qualifier de "crimes contre l'humanité" ! Tout cela pour des intérêts économiques... par mercantilisme en quelque sorte ? Je partage votre désarroi Jean-Louis et ne peux qu'abonder dans votre sens : tout cela est abject et déshonorant pour notre "espèce" !
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J
Aborigène découle du latin ab origine, "depuis l'origine". Ils sont les premiers humains à avoir peuplé l'Australie. Sa recontre avec l'homme blanc semble continuer ses effets dévastateurs.
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J
Bien naïfs ceux qui pensaient (et j'en suis) que les choses allaient changer "après"... L'humain reste l'humain avec son avidité... et son manque d'humanité !
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