Hautes-Alpes : il a observé une meute de loups pendant quatre ans !

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Il en rêvait... et il les a trouvés. Corentin Esmieu, un jeune accompagnateur en montagne, a déniché des loups dans une vallée du Briançonnais. Il a suivi la meute durant 4 ans et en a ramené des milliers de clichés et d'heures de film... Pour les partager, et parler à tous "de la réalité du loup".

Loup dans le massif des Ecrins (05). Photo : © C. Esmieu

 

Corentin Esmieu n'a que 25 ans, et il réalise déjà ses rêves. Habitué depuis tout petit aux balades, en pleine nature avec sa famille, il a toujours été attiré par la faune sauvage. Et particulièrement par les loups. "J'avais 17 ans lorsque j'ai vu mon premier loup", raconte-t-il. "Cela s'est déroulé pendant des vacances scolaires que je passais dans un alpage. Ça a été une révélation pour moi. Cet instant m’a marqué à jamais. J’ai compris que c’étaient des rencontres comme celle-ci que je voulais provoquer dans ma vie ».

Une idée qui ne le quittera plus. Quelques années plus tard, alors qu’il est devenu accompagnateur en moyenne montagne, il décide de partir à la recherche de loups. Il sait qu’ils sont là, pas si loin de lui…

Un "suivi inédit" de la meute

Ses pièges photo parlent en ce sens. Placés en plusieurs endroits, ils se déclenchent au moindre mouvement et lui permettent « d’avoir des yeux dans la forêt ». Il découvre alors une meute constituée de quatre individus : deux adultes et un couple de jeunes adultes. Durant des mois, Corentin se consacre alors à l'affût pour observer, pour photographier, pour filmer, se planquant dans des filets de camouflage, cherchant le bon vent pour éviter d'être repéré.

"La première année 2016 a été très dure. Je n'ai pu les observer qu'à deux reprises", raconte le photographe. "C'est désespérant sur le coup. Mais je me suis accroché". Son obstination le récompense pleinement au bout de quatre ans avec une centaine d'observations faites sur la seule année 2019. Il obtient ainsi le "suivi inédit" d'une meute de loups. "J'ai vu quasiment naître les louveteaux, ils avaient à peine un mois et demi lorsque je les ai découverts", poursuit le photographe.

« Je l’avais guetté tous les jours, sans relâche. Ce n’est qu’une semaine avant la rentrée que je l’ai alors vu, mon premier loup. » Corentin Esmieu

Il a ainsi suivi l'évolution de leur meute. En 2016, l'un des jeunes s'est fait tuer par les lieutenants de louveterie (habilités à réaliser des prélèvements). Cela a provoqué leur dispersion. Le couple dominant est resté uni et a fourni chaque année une portée de louveteaux. Il y en a eu deux, puis sept, puis quatre, souligne Corentin.

Loup dans le massif des Ecrins. Photo : © C. Esmieu

« Sur quatre ans, j'ai vu disparaître la moitié des louveteaux. Quatre ont été écrasés par des voitures, d'autres ont été tués pour les prélèvements. D'autres sont partis, peut-être vers l'Italie. » Corentin Esmieu

"Peur ? Non jamais"

Si le jeune homme a réussi à traquer son animal préféré, ce dernier l'a repéré également. "Ils me connaissent par mon odeur c'est sûr. Mais ils m'ont vu aussi beaucoup de fois en montagne. Dès qu'ils me sentent, ils se sauvent. Ils n'ont jamais été menaçants. On ne voit cela que dans les mythes et les légendes. Je n'ai jamais eu peur. ".

S'approchent-ils des villages ?

On les a déjà vus à proximité des villages, toujours à la tombée de la nuit. L'hiver, ils suivent leurs proies qui se rapprochent aussi des habitations". La meute repérée par Corentin occupe un territoire d'une quarantaine de kilomètres.

La "vérité d'une vie de loup"

A partir de ses milliers de photographies et ses dizaines d'heures de films, Corentin prévoit la sortie d'un ouvrage photographique, accompagné d'un documentaire. Des images esthétiques, à la hauteur de son amour pour cet animal sauvage. La préface du livre sera signée par Jean-Michel Bertrand, l'auteur de "Marche avec les loups".

Le point de vue passionné du photographe n'est pas celui du berger qui voit en l'animal le prédateur de son troupeau. S'il admet que les discussions avec ses amis éleveurs restent compliquées, le jeune photographe veut montrer une autre image du loup. "Je souhaite montrer la vérité d'une vie de loup. Actuellement, sa réalité n'est pas de vivre, mais de survivre", rajoute-t-il avec émotion. "Un loup qui naît chez moi n'a même pas une espérance de vie d'un an...". La meute, quant à elle, est encore forte de six individus, deux adultes et quatre jeunes. Une famille à laquelle sans aucun doute, Corentin continuera à rendre visite... par affection.

 

Ghislaine Milliet/France3 Hautes-Alpes (19/04/2020)

Loup, une vie en meute dans les Écrins. Photo : © C. Esmieu

 

 

 

 

 

 

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C
c'est très bien de pouvoir suivre sa passion à fond. je trouve que le loup est un très bel animal
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K
C'est extra...<br /> Les loups sont des animaux fascinants.
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C
Il est patient et passionné! C'est vraiment intéressant! C'est dommage pour les loups tués par les humains... Bonne journée.
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S
Le loup est un animal que j'adore.<br /> J'ai hâte de voir le livre et le documentaire.<br /> (dans mes Hautes Alpes chéries, en plus !)
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C
Merci beaucoup, vous pouvez commander le livre ici :<br /> http://www.alpesfaune.fr/Livre<br /> <br /> Bonne journée!
D
Pour les loups, merci Corentin ! j'attends votre livre avec impatience.
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C
Merci à vous ! Vous pouvez commander le livre sur mon site internet :<br /> <br /> http://www.alpesfaune.fr/Livre<br /> <br /> <br /> Bonne journée
D
Moi aussi....impatiente
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C
Merci ! Vous pouvez commander le livre sur mon site internet :<br /> <br /> http://www.alpesfaune.fr/Livre<br /> <br /> <br /> Bonne journée
S
Je ne suis pas sûr que la présence du loup soit appropriée à la réalité sociale de la France, et qu'elle puisse se faire sans dommage, même si cet article donne vraiment envie de faire comme la meute.
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O
Si, si Stéphane le loup est absolument indispensable. Il y trop de mères-grands qui dépérissent et s'ennuient bêtement dans les ehpad et les campagnes. De chaperons rouges inconsolables avec des coeurs gros comme ça, dans cette affaire il ne faut pas oublier les sentiments. Beaucoup de brebis égarées aussi. Une meute par canton me semble raisonnable. Et pour les jeunes loups repartis en Italie, bonne idée, Florence et Venise c'est très bien en ce moment.
C
Magnifique reportage qui montre bien la fragilité de l'existence des loups.
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J
Magnifique témoignage qui, une fois encore, nous éclaire sur la vie de ces carnivores hélas souvent détestés et voués aux gémonies… par pure méconnaissance ! Je suis impatient de voir le livre et le documentaire de Corentin Esmieu !
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J
Bonjour Corentin,<br /> Merci d'être passé sur mon blog !<br /> Je viens de commander votre ouvrage...<br /> N'hésitez pas à en dire quelques mots si vous le souhaitez !<br /> Par ailleurs, merci de nous prévenir lors de la sortie de votre documentaire pour lequel je me réjouis...<br /> Bien cordialement.
C
Merci pour votre sympathique commentaire !<br /> <br /> Vous pouvez commander le livre sur mon site internet :<br /> <br /> http://www.alpesfaune.fr/Livre<br /> <br /> <br /> Bonne journée