Quand enfin le ministre de l'Agriculture ferme l'abattoir Sobeval...

Publié le par Jean-Louis Schmitt

…Celui-ci rouvre immédiatement sous la pression des syndicats ! Une semaine après les images d'enquête et les graves manquements révélés par L214, le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume a annoncé le vendredi 28 février la suspension administrative de l'abattoir Sobeval en Dordogne…

Un veau qui tente de s’échapper (abattoir Sobeval). Photo : L214

Après que le ministre ait affirmé que les non-conformités mises en évidence par ces images n’étaient « pas avérées », des fuites de mails internes au ministère ont révélé la fabrique du doute qui opère au sein des services de l’État. Confronté à ses contradictions, Didier Guillaume a perdu son sang-froid et arraché le micro des mains d’un journaliste de C à vous lors du salon de l’Agriculture… avant de nier en bloc son geste pourtant capturé par les caméras.

Mis au pied du mur, Didier Guillaume a demandé une inspection de la Brigade nationale d’enquêtes vétérinaires à l’abattoir Sobeval. « La polémique a enflé et je me suis aperçu qu’il fallait aller plus loin » a-t-il déclaré au micro de RTL. Suite à cette nouvelle inspection, il s’est enfin décidé à suspendre l’agrément de l’abattoir le 28 février et a reconnu dans un communiqué de presse qu’il existe « un manque de maîtrise des conditions d’abattage des animaux par les salariés de l’abattoir ».

Didier Guillaume doit démissionner

Comment faire confiance à un ministre qui a démontré son incapacité à exercer sa fonction de façon responsable, sans être inféodé à des intérêts privés ? « Dans un autre pays, Didier Guillaume ne serait plus ministre » affirme Jean-Michel Apathie dans C L’hebdo sur France 5. Il ne fait aucun doute que Didier Guillaume devrait démissionner de ce poste.

Une tonne de fumier pour exiger une réouverture immédiate…

Cette fermeture temporaire de l’abattoir faisait suite à des infractions entraînant des souffrances supplémentaires aux animaux mis à mort à Sobeval. Pourtant, des syndicats agricoles – les Jeunes Agriculteurs de Dordogne et la FDSEA 24 – ont exigé sa réouverture immédiate, et brandi la menace d’une mobilisation générale. Mardi matin, ils ont manifesté devant la préfecture de Dordogne et y ont déversé une tonne de fumier en signe de protestation. Pour ces syndicats, les enjeux financiers priment sur la souffrance des animaux.

Ce matin, la préfecture de Dordogne a annoncé la réouverture partielle de l’abattoir. Une tonne de fumier aura suffi à rouvrir un établissement fermé quelques jours plus tôt pour des « problèmes de formation des salariés », selon les mots du ministère.

Sortir la condition animale du ministère de l’agriculture

Ce feuilleton ahurissant illustre une fois de plus l'incompatibilité entre la défense d'intérêts économiques privés et la prise en compte de la souffrance animale. Impossible d'espérer de réelles avancées pour les animaux tant que la « condition animale » dépendra du ministère de l’Agriculture. Cette mission doit être confiée à un ministère moins exposé à l’influence des lobbies de l’agroalimentaire.

Communiqué de L214

 

 

 

 

 

 

Si vous avez apprécié cette publication,

partagez-là avec vos amis et connaissances !

Si vous souhaitez être informé dès la parution d’un nouvel article,

Abonnez-vous !

C’est simple et, naturellement, gratuit !

 

 

 

 

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
F
Bien sûr je suis horrifié par ce que l'on fait subir aux animaux, et aussi par le sale boulot que l'on fait faire à des humains (même avec une grosse carapace, on ne doit pas sortir indemne de ce genre de boulot...). Je veux juste rajouter un aspect souvent passé sous silence : les agriculteurs sortent leurs gros tracteurs et déversent du fumier, et autres coups de force...sous le regard bienveillant des Forces de l'Ordre... de plus ils ne seront probablement pas inquiétés par des poursuite judiciaires contrairement à des manifestant GJ en taule pour moins que cela ! ça, ça me révolte aussi !
Répondre
K
Comment ne pas être écœurée...
Répondre
E
Chaque jour, l'état dévoile son visage sur des faits catastrophiques.<br /> Mais face aux lobbies, les animaux et nous le peuple on est rien. <br /> Je suis écœurée !<br /> L'arrogance de l'état vit vis à vis du peuple devient chaque jour de plus en plus insoutenable.<br /> Bonne journée et merci pour tout ton investissement afin de nous ouvrir les yeux sur ce monde.
Répondre
L
hélas, quand je vois ce que ces pauvres animaux subissent , je pense à chaque fois au texte de Voltaire ,le nègre de Surinam : "c'est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe "; on peut le transposer au sort des animaux ; quant au ministère de la condition animale il est être indépendant ; c'est une totale aberration de l'avoir au ministère de l'agriculture
Répondre
F
L'Etat se contrefiche de la souffrance animale et le ministre de l'agriculture encore plus. D'ailleurs, voit-il encore le Vivant ou seulement le morceau de barbaque qu'il aura dans son assiette le midi ? Tout comme une partie de l'opinion publique qui préfère ne pas s'interroger pour s'éviter des éventuels cas de conscience ou bien qui y pense et s'émeut devant l'info mais qui n'y pensera plus au moment de passer à table. C'est écœurant !
Répondre
Z
La souffrance animale niée dans un premier temps puis admise - grâce aux mails cooptés par L214 - mais aussitôt reniée ! La preuve s'il en fallait que l'Etat est la marionnette des lobbys! Ecoeurant!
Répondre
D
Pense pas que la France soit encore une démocratie, mais une dictature inféodée aux intérêts privés.<br /> C'est triste pour les animaux et pour l'humain et la planète !
Répondre
D
aux jeunes agriculteurs de Dordogne, je cite : "dans le monde, il n'y a pas d'un côté le bien et le mal,<br /> il y a une part de lumière et d'ombre en chacun de nous. Ce qui compte, c'est celle que l'on choisit de<br /> montrer dans nos actes, ça c'est ce que l'on est vraiment." Harry Potter
Répondre