Selon une agence gouvernementale, l'économie mondiale est proche de l'effondrement

Publié le par Jean-Louis Schmitt

En cause, une industrie pétrolière fragile cachée derrière un mirage financier.

Pompiers et volontaires tentent de lutter contre une marée noire à Chennai, en Inde, en 2017. Photo : Arun Sankar/AFP

Le centre de recherche géologique de Finlande (GTK) est formel : l'économie mondiale pourrait, beaucoup plus vite qu'on ne l'imagine et si des mesures drastiques ne sont pas prises, s'effondrer. Cet institut dépend du ministère des Affaires économiques et de l'Emploi finlandais et coordonne le projet européen ProMine, qui a créé un système d'étude et de modélisation des matières premières.

L'alarme a été sonnée dans un rapport écrit par Simon Michaux et signé par le directeur scientifique du GTK, Saku Vuori. Selon le document, la crise de 2008 avait été en partie causée par un plateau de production de pétrole atteint, au niveau mondial, en 2005.

Les prix de la matière première avaient alors augmenté, élevant d'autant plus le niveau de la dette globale et la rendant insoutenable. Simon Michaux souligne que ces déséquilibres existent encore, mais sont pour l'instant soutenus par le quantitative easing, l'assouplissement quantitatif, une création monétaire artificielle par les banques centrales, qui rachètent massivement de la dette aux acteurs financiers pour éviter un effondrement total.

Il est aussi expliqué que la stagnation de la production de pétrole brut, dans les pays de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole notamment, a été en partie compensée par l'émergence d'un nouveau producteur majeur: les États-Unis qui, grâce à l'huile de schiste et à la fracturation hydraulique, représentent désormais plus de 70% des nouvelles sources d'approvisionnement.

«Orgie de dettes»

Problème : cette huile de schiste est, selon le rapport, la matière première d'une immense bulle spéculative. Elle souffre de coûts de production trop élevés et en constante augmentation, qui risquent de pousser l'industrie pétrolière américaine, très endettée, vers le précipice. Les investissements se tarissent et, là encore, un pic pourrait vite être atteint –si ce n'est pas déjà le cas.

L'économie mondiale ne peut survivre à un coût de 100 dollars le baril, tandis d'un coût inférieur à 54 dollars signifie une création de dette pour continuer à produire. Entre le marteau et l'enclume, tout le système risque de s'effondrer lorsque les déséquilibres atteindront le point de rupture –celui-ci pourrait être l'explosion de la bulle américaine, en l'absence d'une alternative économiquement plus viable.

Au-delà d'une transition vers une énergie non fossile, c'est l'intégralité du système économique et industriel mondial, bâti autour d'une «orgie de dettes», qu'il faut repenser intégralement. «Ce sera peut-être le plus grand challenge industriel que l'humanité ait eu à surmonter», est-il ainsi expliqué. «L'alternative sera le conflit.»

 

Thomas Burgel sur Vice (10/02/2020)

 

 

 

 

 

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Zoé 12/03/2020 16:06

Ce n'est pas faute d'avoir été alertés mais la loi du profit a été la plus forte . Onn va tous payer cher pour la cupidité de certains .
A écouter cette vidéo sur le texte de Fred Vargas écrit il y a 12 ans!!!
https://www.youtube.com/watch?v=w3qbkV-SdxQ&feature=share&fbclid=IwAR1EtkcNVdzm07-rQR_QrE4EOBW64-hm57xvrha_buz4xhqysjKp_p5nN0k

Jean-Louis 13/03/2020 07:05

La vidéo sera très prochainement disponible sur le blog !

Cléo 12/03/2020 14:44

Un ami m'a dit de sortir le plus d'argent liquide possible de la banque en prévision de cette crise financière : tout de même, il faut payer ses comptes pareil non? Bon, comme d'habitude, nous n'aurons pas le choix de nous adapter. Bonne journée !

osswald pierre 12/03/2020 14:02

Nous autres ne pouvons que nous réjouir de cet effondrement. La décroissance tant souhaitée est à notre portée. Au-dessus de Pékin le ciel est d'un bleu céruléen et l'air est propre comme au premier jour. Bon les avions volent sans passagers et les usines tournent à vide mais c'est un bon début, encore un petit effort et ce sera parfait. Et comme bonus grâce au virus facétieux un krach boursier, un baril à 47$ et des places disponibles dans les maisons de retraites, que demander de plus.

Jpl 12/03/2020 12:46

Ça fait longtemps que l’on connaît la diminution des ressources pétrolières mais comme d’habitude rien n’a vraiment été fait pour trouver des alternatives , non seulement utiles mais plus propres… C’est la mentalité humaine qui sait mais ne bouge pas assez, se réfugiant dans un confort pour les uns, empêchant les recherches pour d’autres plus enclins au profit immédiat. Nous sommes au pied du mur et il est haut, va t-on arrêter de tout miser sur l’argent?

Sylvie 12/03/2020 12:17

Les catastrophes arrivent.
Je suis très inquiète.

kimcat 12/03/2020 11:47

Et avec le virus, l'effondrement arrivera encore plus vite.
L'Humanité a du souci à se faire...
Bonne journée Jean-Louis

Stéphane 12/03/2020 08:10

Les partisans de la décroissance vont bénir le virus...

Jacky 12/03/2020 07:23

Notre bateau tangue de plus en plus........

Claire 12/03/2020 07:10

Cette course aux énergies fossiles devra bien cesser tôt ou tard ! Je pense, moi aussi, que tout cela risque de nous précipiter dans de graves conflits...

Jean-Louis 12/03/2020 06:50

Ce n'est guère réjouissant mais il fallait bien s'y attendre ! l'actuelle crise -mondiale elle aussi- due au Coronavirus risque de précipiter un peu plus encore les choses ! Bref, il est de plus en plus manifeste que nous allons vers des lendemains qui ne chantent pas...