Sa cabane dans les arbres condamnée à être détruite dans le Doubs
La justice a confirmé jeudi à un habitant du Doubs l’obligation de démolir sa maison bâtie dans une zone protégée.

Xavier Marmier vit dans cette cabane avec sa femme. Il l’a construite sur une portion de forêt dont il est propriétaire, mais celle-ci se trouve dans une zone protégée. Photo : Arnaud Castagné/L’Est Républicain
« Je n'ai pas envie de le faire mais il va falloir le faire… » Un peu assommé, Xavier Marmier digère difficilement la nouvelle. La Cour de cassation a rendu, ce jeudi, un arrêt confirmant la décision qui impose la destruction de la cabane qu'il habite, depuis désormais huit ans, au cœur de la forêt de Cléron (Doubs). « À part une démarche auprès de la Cour de justice européenne, je ne vois plus ce que je peux faire », regrette l'intermittent du spectacle.
Un changement de majorité fatal
En première instance, puis en appel, Xavier Marmier avait été condamné à détruire sa cabane qu'il a construite sur une portion de forêt dont il est propriétaire. Mais celle-ci, aménagée dans les arbres, où il vivait avec sa compagne, été comme hiver, a été construite en pleine zone Natura 2000. « Ici, je suis proche de la nature, et je ne fais de mal à personne », se défend-il.
La commune de Cléron, responsable de cette zone avait, durant des années, fait preuve de tolérance, avant que la nouvelle majorité n'engage une procédure. « On ne construit rien en zone Natura 2000, avait rappelé Me Suissa, l'avocate de la commune, lors des deux procès. Même pas un abri pour un cheval ou une tondeuse. » La mairie de Cléron, qui a reçu de nombreux mails et appels de protestation, refuse désormais de communiquer.
Avec une astreinte de 100 euros à payer chaque jour tant que la décision n'est pas exécutée, soit 18 000 euros, Xavier Marmier voit son addition grimper, sans compter les dommages et intérêts demandés par la commune. « La procédure m'a déjà coûté environ 15 000 euros. Je ne vais pas m'obstiner, s'il faut détruire ma cabane, je le ferai, mais je voulais montrer que l'on peut vivre et habiter autrement, avec moins d'impact sur la nature. »
Pourtant, le propriétaire de la cabane de Cléron ne manque pas de soutiens. Une pétition sur Internet, en sa faveur, approche, aujourd'hui, du cap des 150 000 signatures…
Philippe Sauter/Le Parisien (14 février 2020)
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