En France, les arbres ont leur déclaration des droits

Publié le par Jean-Louis Schmitt

La déclaration des droits de l’arbre a été proclamée ce vendredi 5 avril lors d’un colloque de l’association A.R.B.R.E.S à l'Assemblée nationale. Leur but ? Inscrire l'arbre comme être vivant dans le code civil.

Le vieux-chêne chapelle d’Allouville-Bellefosse. DR (Cliquez pour agrandir)

Le vieux-chêne chapelle d’Allouville-Bellefosse. DR (Cliquez pour agrandir)

L'arbre est un être vivant." C’est par cette phrase que commence l’article 1 de la déclaration des droits de l’arbre. Ce vendredi 5 avril, lors du colloque “Les arbres remarquables, un patrimoine à protéger” de l’association A.R.B.R.E.S., les cinq articles de la déclaration ont été présentés à l'Assemblée nationale.

L'arbre y est reconnu comme un “être sensible”, et non comme un objet dans l'article 2. Ses branches, son feuillage, son tronc et ses racines doivent être ainsi respectés. L’Homme a pour obligation de lui donner assez d'espace pour sa croissance au fil des années et jusqu’à sa mort naturelle. La propriété humaine s'efface ainsi face au droit de l’arbre (article 3).

Certains arbres, jugés remarquables par les hommes, pour leur âge, leur aspect ou leur histoire, méritent une attention supplémentaire” détaille le texte l'article 4. En France, il en existe plus de 500 dont le chêne tricéphale du parc des Cordeliers (Gard) qui a environ 220 ans et qui aurait été rapporté des États-Unis par un proche de La Fayette. Ou le chêne-chapelle d’Allouville-Bellefosse (Seine-Maritime) qui abrite deux chapelles superposées datant de la fin du XVIIe siècle.

Vers une proposition de loi

Ces arbres remarquables sont menacés par des lois qui ne les protègent pas. Comme à Gien, dans le Loiret, où la mairie a décidé d'abattre 30 arbres qu'elle considérait malade. Pourtant, certains de ces arbres alignés le long de la Loire ont été plantés au XIXe siècle. Le label "Arbre remarquable de France" de l'association A.R.B.R.E.S., en partenariat avec l'Office national des Forêts (ONF), a alors pour but de les préserver et de mettre en valeur ces arbres d'exemption. Un autre outil, le plan local d'urbanisme intercommunal (PLUI) permet aux communes de mettre à l'abri un arbre mais peu peuvent en bénéficier.

L’association souhaite aller plus loin et espère que cette première étape ouvrira la voie à une proposition de loi pour que la déclaration soit ainsi inscrite dans le code civil.

 

Géo/Gaétan Lebrun

Photos : JLS (Cliquez pour agrandir)
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Z
Voilà un article qui me parle ! Je repense au combat difficile que nous avons dû mener pour empêcher l'abattage d'un séquoïa nain - rare- avant que l'entreprise Volvo envisage de modifier un peu son plan d'installation. Comme le disait Vincent Munier hier à propos des animaux, on est vraiment passé de prédateur à destructeur et c'est valable pour les arbres aussi !
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J
Le Pays de Sarrebourg travaille actuellement sur un projet de candidature au titre de réserve de Biosphère UNESCO. Ceci permet des rencontres entre élus, agriculteurs, entrepreneurs et associations d(ont notre Club Vosgien). Je suis toujours épaté par toutes ces nombreuses associations qui défendent la nature. Un inventaire des arbres remarquables est toujours en cours.
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C
C'est une initiative que j'approuve ! Pour autant, à voir de quelle manière nos élus considèrent le monde animal, il y a hélas peu de chance qu'une telle proposition de loi soit inscrite dans le marbre...
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J
Apprendre (ou réapprendre) à respecter les arbres ne peut, indéniablement, faire de mal à personne ! Les considérer comme des "êtres vivants" ne signifie pas pour autant en faire des intouchables mais peut-être les regarder avec davantage d’égards car, après tout, nous leur devons tant à ces arbres… Et encore, les connaissons-nous bien mal ces monuments végétaux ! Par ces écrits, Peter Wohlleben a ouvert une formidable brèche qui nous révèle bien des mystères ! « Quand j’ai commencé ma carrière, j’en savais à peu près autant sur la vie secrète des arbres qu’un boucher sur la vie affective des animaux. Je me suis rendu compte que je détruisais davantage la nature que je ne contribuais à la préserver. » dit-il dans un de ses ouvrages… Les forêts sont des cathédrales : lorsque nous y pénétrons, soyons aussi respectueux que lorsque nous foulons du pied le sol d’un de ces monuments religieux car, si nous respectons la nature, nous respecterons aussi les êtres humains…
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D
complètement utopique même si animé par une bonne intention ; on peut protéger la nature et on doit aussi couper l'arbre ; c'est bien ce que je disais, un jour les végétariens seront considérés comme les carnivores, aujourd'hui, par les végans. Eplucher les carottes reviendra à les écorcher vives, et on n'aura plus qu'à bouffer des cailloux.
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D
Je te comprends bien cher Jean-Louis, mais mon propos un peu provocateur n'a pour but que sensibiliser au fait que certains propos militants ne peuvent, aux yeux de beaucoup, que décrédibiliser des causes justes : les droits de l'arbre singent la déclaration des droits de l'Homme tout comme les excès végans détournent de la vrai cause de la défense des animaux et de la biodiversité. Alors que je me sens écolos, beaucoup de propos excessifs des écolos me hérissent
J
Tes craintes sont totalement infondées Domi : personne ne prétend qu’il faut arrêter l’exploitation forestière ! Il suffit de relire l’article 5 de la déclaration ci-dessus… L’association ARBRE vise surtout la protection de certains et authentiques "monuments" végétaux : du reste, apprendre à considérer l’arbre comme un être vivant, ne pourra faire de mal à personne : les amérindiens avaient un profond respect pour la nature en général et les animaux -comme le bison- en particulier ! Cela ne les empêchait pas de prélever –respectueusement- ce dont ils avaient besoin. Si les bisons ont disparu ce n’est pas de leur fait mais de celui de l’envahissant "homme blanc" qui, lui, ne respectait ni les animaux, ni les peuples premiers…
Le raccourci amenant à l’écorchage des carottes (et, provocateur, j’y ajoute le "cri" de la salade qu’on arrache de terre…) démontre un réel et tout aussi inutile antagonisme à l’égard de ces empêcheurs de manger ce qu’on veut ! C’est là que tu fais erreur mon cher Domi : personne ne t’empêche et ne t’empêchera jamais de consommer ce que tu veux ! C’est juste une affaire… de conscience et, là, que chacun se débrouille avec la sienne !