Le renard est loin d’être un nuisible : il nous protège contre la maladie de Lyme

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Animal très présent dans nos campagnes, le renard a une mauvaise image qui lui colle à la peau. Considéré par les contes comme un nuisible voleur fourbe, il est dans la réalité bien plus utile qu’on ne le pense. Pourtant s’il n’était pas là, une maladie particulièrement dangereuse ferait des ravages chez l’Homme : la maladie de Lyme…

Renard roux (Vulpes vulpes). Photo : JLS (Cliquer pour agrandir)

Renard roux (Vulpes vulpes). Photo : JLS (Cliquer pour agrandir)

Comment le renard combat-il la maladie de Lyme ?

Le renard roux est souvent vu comme un chasseur aimant traquer les poules. Mais son alimentation se compose plus généralement de mulots et de campagnols. Les petits rongeurs suffisent en effet à rassasier le renard, et c’est justement cet appétit qui permet au renard de nous protéger de la maladie de Lyme. Les bactéries à l’origine de cette maladie se nichent sur les tiques qui vivent dans la fourrure des rongeurs. Par la suite, la bactérie se propage notamment quand les larves de tiques et d’acariens infectés éclosent ou que d’autres animaux les mangent.

Or, le renard a la capacité de réduire le nombre de tiques infectées en se nourrissant des rongeurs qui les portent, réduisant de facto les risques de transmission pour l’Homme. Aux Pays-Bas, un test a été mené sur 20 hectares de forêt où les densités de renards étaient différentes. Il en ressort que plus les prédateurs étaient nombreux, moins il y avait de tiques infestées (comme il y avait beaucoup de renards, les rongeurs ne sortaient pas et n’étaient donc pas attaqués par les tiques.). En prime, le renard protège les récoltes des nuisibles qui dévorent les céréales cultivées par l’Homme.

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Un animal encore trop souvent chassé ?

Il a beau être à la fois gardien des récoltes et chasseur de rongeurs, le renard souffre toujours d’une mauvaise image. Dans tous les départements français, il reste considéré comme un nuisible et est donc chassé car il est néfaste à l’Homme. Les raisons invoquées sont l’atteinte à la santé et à la sécurité publiques, les dommages importants causés aux activités agricoles et forestières et les dégâts sur la faune et la flore.

Il serait aussi accusé de transmettre l’échinococcose, une maladie qui engendre des kystes au foie et qui est à l’origine d’une quinzaine de cas chaque année. Pour toutes ces raisons, le renard peut être abattu toute l’année et sans limite. Une situation qui désespère Marc Giraud, porte-parole de lASPAS (Association pour la protection des animaux sauvages), expliquant que « plutôt que de protéger leurs prédateurs, on préfère éradiquer ces rongeurs avec un poison violent, la bromadiolone, qui intoxique toute la chaîne alimentaire ! ».

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Une traque injustifiée

Au-delà de son statut de nuisible et de sa réputation, la chasse au renard reste injustifiée car la population est stable en France. Les renards régulent en effet la population d’individus d’eux-mêmes. Une femelle peut donner entre 2 et 6 renardeaux par portée.

Or, quand la population est supérieure à 4 renards au kilomètre carré, les jeunes s’éloignent pour mieux se répartir et trouver de nouveaux territoires. Le renard n’a donc pas de raisons d’être toujours la cible des chasseurs et, alors qu’il est très difficile d’en apercevoir un, il continue de nous protéger contre la maladie de Lyme et empêche les champs d’être envahis par les rongeurs.

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Source : Daiky Geek Show

 

 

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M
J'aimé également les renards ! Si on pouvait cesser de les persécuter, j'en serai très heureux car il ne mérite vraiment pas qu'on les traite de la sorte ! Merci de nous éclairer ainsi.
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Z
Le nuisible est l'homme armé d'un fusil ou de chimie tueuse!
Puisse la trouille de la maladie de Lyme sauver la vie des renards!
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K
C'est l'homme qui est nuisible !!
Pauvres renards... Beaux et utiles !!
Bonne soirée
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D
on le savait mais c'est bien de le répéter
la maladie de Lyme devient une hantise pour les pratiquants de la nature
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J
Cet animal est sympathique. Le sobriquet de notre village est les fuchs de Dabo.
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O
La notion de nuisible est assez élastique. Avant pour le renard c'était la rage, maintenant l'echinococcose. Il y a toujours des justifications vaseuses au besoin de tuer. Messieurs les préfets et nos amis chasseurs feraient bien de relire le Petit Prince. Personnellement je trouve ça assez niais. Mais finalement apprivoiser ce qui nous entoure au lieu de le détruire sans discernement c'est plutôt une bonne idée.
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J
En effet : "qui veut tuer son chien..." on connaît la suite ! Et des amateurs de ce genre de "distractions" il y en a pléthore... Pas évident de faire évoluer de telles mentalités formatées pour la destruction !
L
coucou Hubert Reeve , l'astrophysicien qui s'occupe maintenant de biodiversité, en parlait l'an dernier ; hélas il y a un gouffre entre le moment où les scientifiques tirent la sonnette d'alarme et le moment où les politiques prennent leurs décisions ; en ce moment c'est le blaireau qui est en danger dans la Somme ; nos gouvernants préfets et autres n'ont pas dû entendre que les animaux étaient en danger , et nous aussi par la même occasion;
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J
C'est une bonne chose que des personnalités tel que Hubert Reeves se fassent les porte-voix d'un animal comme le renard : en fait, ce sont des décennies, voire des siècles de préjugés et de haine du vivant qui sont à combattre ! Effectivement, lorsqu'on voit le peu d'intérêt de nos dirigeants pour ces sujets relatifs à la biodiversité, on peut se poser des questions quand à l'avenir y compris proche...
J
Voilà qui pourrait peut être influencer l’avenir du renard car la maladie de Lyme, très sous évaluée en France, peut provoquer des lésions irréversibles rendant la vie des patients atteints difficile à supporter.
Nos voisins anglais sont moins stupides car si la chasse au Goupil sévit toujours, les défenseurs du renard y sont de plus en plus nombreux. Il existe même à Londres un concours de la plus belle photo de renard des jardins. Ce rusé mal aimé a en effet colonisé peut à peu la ville car il y trouve à manger et il n’y a pas de chasse dans la ville. C’est aussi ce qui se passe chez nous, en banlieue parisienne où il est bien présent. Un autre rôle bénéfique est qu’il est très efficace pour nous débarrasser de nos déchets alimentaires. Ceux qui fréquentent notre jardin se débrouillent très bien pour cela et étant omnivores consomment des restes très variés y compris des fruits, riz, pâtes, céréales, os.etc..ce qui fait qu’en compostant pour le potager et en donnant au renard une bonne partie du reste, nos poubelles ont vu leur volume fortement diminuer.
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J
En somme, il n'y aurait que des avantages à cesser de persécuter ce bel animal... et ce n'est pas moi qui va dire le contraire !
J
Que le renard puisse avoir un rôle bénéfique pour nous autre humains est évidemment une bonne nouvelle : il assure déjà, par ailleurs, un rôle sanitaire –en agissant tel un authentique éboueur- et constitue, on le sait parfaitement, un prédateur limitant de manière considérable la pullulation des rongeurs mais, si on pouvait respecter cet animal tout simplement pour ce qu’il est, à savoir un être vivant qui a parfaitement sa place dans l’écosystème, ce serait encore beaucoup mieux et signifierait que "nous" avons positivement évolué !
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A
Mon ami le renard...
si seulement les chasseurs sanguinaires, le tuant pour le plaisir, pouvaîent le laisser en paix...
Tout un équilibre perturbé, quand messire Goupil est traqué, et abattu.
Un peu de cruauté et de méchanceté en ce matin de mai : et si on se débarrassait des chasseurs ? Tout le monde serait tranquille. Les renards, et même les cyclistes.
Bises !
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J
Comment chère Aurélie, ne pas abonder dans ton sens ? Merci pour cet émouvant soutien à mon "voleur de poules" préféré !