Au secours des Ânes

Publié le par Jean-Louis Schmitt

"Nous savons tous qu’en France, les isards, les ours, les ortolans… tendent à disparaître. Mais, un autre animal glisse vers l’oubli : l’âne ! "(Paul Guth)

 

Photo : JLS (Cliquez pour agrandir)

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Souvent malmenés, méprisés, considérés comme le "cheval du pauvre", nombre de malheureux baudets se sont littéralement tués à la tâche : abondamment exploités pour les travaux agricoles, le transport de victuailles ou de marchandises, les ânes, largement détrônés par la mécanisation, sont désormais devenus inutiles et ne subsistent, hormis quelques exceptions, quasiment plus qu’à l’état d’animaux de compagnie !

"Nul ne sait mieux que l'âne où le bât blesse."

Bien avant que le chemin de fer et l’automobile n’apparaissent, l’âne, par sa petite taille et son caractère flegmatique, était un des moyens de transport les plus usités : il servait aussi bien pour charrier les bidons de lait, à tirer les grumes en forêt, à porter les caisses de munitions et le ravitaillement pendant les guerres, il travaillait dans les mines… l’âne, corvéable à merci, était véritablement incontournable ! Ce qui n’a pas empêché le brave animal d’être constamment l’objet de railleries, de moqueries et de passer abondamment pour un sot… qu’il n’est évidemment pas, loin s’en faut ! Qui ne se souvient de ces horribles et déshonorants bonnets d’âne desquels de piètres pédagogues affublaient "l’ignorant" ou l’élève distrait ? Un châtiment bien peu enviable pour les punis et tout aussi dégradant pour les grisons qui se seraient bien passés d’un tel avilissement…

"Dans les temps anciens, il y avait des ânes que la rencontre d'un génie faisait parler. De nos jours, il y a des hommes que la rencontre d'un génie fait braire." Victor Hugo.

Dans le Puy-de-Dôme, une association se bat depuis plus de 50 ans pour défendre et protéger les ânes.

"L’A.D.A.D.A. (Association nationale Des Amis Des Ânes) est la plus ancienne association nationale de défense et de protection de l’âne. Créée en 1968 par le peintre corrézien Raymond Boissy, à proximité d’Ambert (63), elle avait à l’époque pour principal objectif de réhabiliter l’âne, alors de plus en plus rare dans les campagnes françaises. « Mais depuis, sa situation a bien changé, explique Marinette Panabière, la présidente de l’association. Il est devenu à la mode avec tous les risques que cela entraîne, dénonce-t-elle. On achète un ânon, petite peluche vivante, et, quand il grandit, on n’en veut plus ! ». Pour accueillir ces animaux en détresse, l’association s’est dotée d’un refuge en 2003, qui abrite désormais 325 ânes, bardots et mulets de tous âges" (1).

" Nous sauvons des ânes dont on ne veut plus, dont le maître est décédé, ou promis à la boucherie " Marinette Panabière, présidente de l’ADADA

Le scénario est hélas toujours un peu le même et c’est ainsi que des animaux hier encore choyés, adulés, parfois même vénérés par leurs propriétaires, se retrouvent petit à petit remisés, abandonnés quand ils ne sont pas de surcroît maltraités… mais, l’abandon n’est-il pas une maltraitance en soi ?

Photos : JLS (Cliquez pour agrandir)Photos : JLS (Cliquez pour agrandir)

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Toujours est-il qu’ils sont nombreux à se retrouver dans des situations critiques suite au désengagement de "maîtres" déloyaux : si certains ont la "délicatesse" de les confier directement à un refuge, d’autres ont nettement moins de scrupules : au final, lA.D.A.D.A. ou d’autres structures du même genre, récupèrent parfois des animaux dans un état physique ou psychologique catastrophique ! C’est alors que le savoir-faire mais, surtout, toute l’affection des soigneurs et des bénévoles font de véritables miracles : avec beaucoup de patience, parfois avec l’aide et les conseils avisés de comportementalistes, des cas a priori désespérés ont pu être sauvés ! Ça ne fonctionne bien sûr pas toujours mais, têtus comme leurs protégés, les bénévoles n’abandonnent jamais la partie pour sauver un pensionnaire de plus…

Quelques chiffres…

Comme bien d’autres structures similaires, lA.D.A.D.A. doit faire face à de nombreuses difficultés pour poursuivre ses objectifs ! C’est que, nourrir et soigner quotidiennement l’ensemble de ses protégés ne s’improvise pas et nécessite, au contraire, une gestion rigoureuse : il faut des moyens financiers –environ 5 000 € par mois pour les soins-, des infrastructures, des prés –le refuge dispose de 70 hectares qui nécessitent la mise en place et l’entretien de quelques 25 kilomètres de clôtures-, des réserves de fourrage -environ 350 tonnes de foin par an-… Comme on peut s’en douter, les aides et dons de tout genre sont, dans ces cas, toujours bienvenus et hautement appréciés autant par les bêtes que par les bonnes gens qui se font un devoir de les entretenir jusqu’à leur dernier souffle !

Parrainez un âne !

Lorsque les pensionnaires du refuge sont remis sur pieds, soignés, identifiés, vaccinés, éduqués (ou rééduqués selon le cas), castrés (pour les mâles), ils sont proposés à l’adoption ! Il y en a environ une vingtaine ainsi à trouver chaque année un foyer d’accueil qui s’engage (sous contrat) à s’en occuper et à leur donner toute l’affection qu’ils méritent ! Une belle aventure tant pour les adoptants que pour les heureux élus… Malheureusement, faute de candidats "accueillants", les possibilités de placement sont trop rares : beaucoup doivent donc rester au refuge ce qui, en soi, n’est pas une punition puisqu’ils y sont en sécurité et y disposent de tout ce dont ils ont besoin naturellement ! Aussi, afin d’aider la structure à poursuivre son œuvre dans les meilleures conditions, lA.D.A.D.A. propose aux personnes qui, pour diverses raisons, mais principalement faute de place chez eux, ne peuvent accueillir un équidé, une formule de parrainage : peut-être serez-vous cette bonne fée qui se penchera bientôt sur Eva, Marine, César ou un autre ?

Toute la famille asine et leurs amis vous en remercient très chaleureusement !

JLS*

 

  1. Extrait d’une publication parue sur le site de la Fondation 30 Millions d’Amis
Photos : JLS (Cliquez pour agrandir)Photos : JLS (Cliquez pour agrandir)

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*Article paru dans le n° d’avril 2019 de la revue Vivre en Harmonie

 

 

 

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Publié dans Animaux, Coup de coeur

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L
J'adore les ânes ! Des animaux qui ont bercé mon enfance...<br /> Près de chez moi "A dos d'âne" met à l'honneur ses animaux géniaux...<br /> http://adosdane.e-monsite.com/<br /> Bonne journée
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D
merci Jean Louis
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Z
Encore des victimes de la bassesse de certains humains! Une très belle association, bravo et merci à eux.
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K
Bravo à cette association !<br /> J'aime beaucoup les ânes.<br /> Ce matin à la télévision sur la 2, j'ai vu un documentaire tourné en 2015 'Les belles et les bêtes". On y voit les jumelles Claire et Marie-Laure au secours des ânes chez Marinette, présidente de l'ADADA.<br /> Bonne soirée
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C
C'est superbe cette association! J'ai déjà photographié un âne dans une ferme et il était le chef. C'était trop drôle : tous les moutons le suivait à la trace dans le pré. ???? Bon billet et bon dimanche. @mitiés !
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D
Plus encore que les chevaux , j'aime les ânes, tout comme Francis Jammes.....:<br /> "J’aime l’âne si doux marchant le long des houx./ Il prend garde aux abeilles et bouge ses oreilles / et il porte les pauvres et des sacs remplis d’orge./ Il va, près des fossés,d’un petit pas cassé./ Mon amie le croit bête parce qu’il est poète./ Il réfléchit toujours.Ses yeux sont en velours./ Jeune fille au doux cœur, tu n’as pas sa douceur :/ car il est devant Dieu l’âne doux du ciel bleu./ Et il reste à l’étable,fatigué, misérable,/ ayant bien fatigué ses pauvres petits pieds./ Il a fait son devoir du matin jusqu’au soir./ Qu’as-tu fait jeune fille ?Tu as tiré l’aiguille.../ Mais l’âne s’est blessé :la mouche l’a piqué./ Il a tant travaillé que ça vous fait pitié./ etc etc " mais je ne peux supprimer la fin:......"crevé par la douceur , sur le chemin en fleurs. "
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D
"......un âne discret, un âne un peu sur le retour, peut-être, le poil gris, bien brossé, un<br /> âne à l'oreille nonchalante, un âne à l'oeil modeste, un âne à la démarche mesurée, un âne<br /> sans insolence ni bassesse, un âne qui se savait âne et ne rougissait point de l'être, mais qui l'était<br /> bien, qui savait marcher, s'arrêter, repartir, tourner, boire, brouter, regarder, écouter, obéir, tout<br /> comme un âne, un âne qui aimait certainement la réflexion un âne qui avait beaucoup vu, beaucoup<br /> appris, beaucoup retenu dans sa vie, un âne qui avait beaucoup pardonné, un âne affectueux,<br /> sensible aux bonnes manières, poli dans ses contacts avec les ânes et déférent sans platitude<br /> dans ses relations avec les hommes, un âne qui pouvait se présenter partout, chez l'épicier, à la<br /> porte de l'auberge, devant l'Hôtel de Ville, sans causer un de ces bruyants scandales d'âne, comme<br /> en provoquent quelquefois par leurs cris et leur attitude incongrue les autres ânes, un âne pour<br /> tout dire qui se trouvait à sa place aussi bien dans son écurie que sur le parvis de l'église, un âne<br /> doué d'âme, bon aux faibles, honorant ses dieux, un âne qui pouvait passer partout la tête haute,<br /> car il était honnête un âne qui, s'il y avait une justice parmi les ânes, eût été la gloire de sa race......."<br /> Le voilà l'Ane Culotte !
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D
j'ai un ami dont l'ânesse adulée est la mascotte de ses chambres d'hôtes à l'enseigne de l'écurie de Pomponne à Montreuil sur Brèche une bonne adresse à trouver sur le net
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D
je précise mes amis sont Danièle et Jean Claude
L
un animal trop souvent méprisé-- trop chargé --- mal alimenté-<br /> bravo aux assocs qui font bouger les choses-<br /> amitiés-
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J
Merci à Vénus de m’avoir guidé vers ADADA et à Dominique de m’avoir fait découvrir "L’Âne Culotte", roman de Henri Bosco (1937), l’histoire d’un étrange et attachant petit âne et d’une espèce de Paradis perdu…
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