Abattoir de Houdan : le jugement est tombé

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Le couperet est tombé, ce vendredi matin, à Versailles, sur le directeur de l’abattoir de Houdan, Vincent Harang, trois ex-salariés de l’établissement et un fonctionnaire de la direction départementale de la protection des populations (DPPP), chargé du contrôle du respect de la réglementation.

Houdan, mai 2017. L’association L 214 avait récolté des images à partir d’une caméra cachée dans l’abattoir. Photo : L214

Poursuivis pour mauvais traitement aux cochons sur le chemin qui les mènent à la mort, les cinq hommes ont été condamnés par le tribunal de police à des amendes allant de 600 à 3 300 €. Le directeur devra verser 2 500 €, le fonctionnaire de la DPPP 750 € et les trois anciens employés de 600 à 3 300 €.

Les faits avaient été révélés en juin 2017 à travers une vidéo de l’association de défense des animaux L 214, dont les militants s’étaient introduits clandestinement dans l’abattoir afin d’y poser des caméras. Sur les images, on voit des hommes frapper les porcs, à coups de pied ou avec un objet, et leur infliger des décharges électriques pour les faire avancer dans un couloir les menant vers le lieu où ils doivent être mortellement gazés. Les images montrent que sur deux jours, les employés font usage de leur aiguillon entre trois et quarante fois sur les cochons.

L’avocat du directeur annonce son intention de faire appel

L’avocat du directeur de l’abattoir s’avoue « très mécontent » de ce jugement. « C’est une très mauvaise décision et nous allons faire appel, annonce-t-il d’ores et déjà. Il n’y a aucune motivation de la part du tribunal. Les faits ne sont absolument pas constitués. » Pour lui, on a juste fait écho d’« un débat public au tribunal ». Le défenseur du fonctionnaire partage ce sentiment, mais attend de rencontrer son client avant de se positionner sur les suites à donner à la décision des juges.

« Chaque décision est une avancée même si nous avons bien conscience que le chemin sera long », commente, de son côté, Me Emilie Planche, avocate des défenseurs des animaux. Le tribunal n’a par contre pas accordé les dommages et intérêts demandés par les huit associations qui défendent la cause animale à Vincent Harang car le directeur, poursuivi pour installations non conformes, des locaux mal aménagés et un manque de formation du personnel, n’a pas été reconnu coupable des actes de violences infligés aux cochons. En revanche, les quatre autres prévenus devront leur verser chacun 200 € en réparation du préjudice moral et 2 600 € pour rembourser les frais d’avocats.

Le Parisien (15.03.2019)

 

 

 

 

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 « Comment pourrions-nous espérer de recueillir la joie sur la terre puisque nous n'y semons que la douleur par la guerre contre nos frères et par le meurtre des animaux les plus doux ? » 
Auguste Guyard ; Quintessences (1847)

 

 

Publié dans Animaux, Bidoche, Consommation

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G
Quelque soit la raison évoquée, le sort des animaux ne doit jamais justifier une quelconque douleur. Il est grand temps que l'homme "être supérieur"; supérieur à quoi, d'ailleurs? prenne compte que toute souffrance infligée à qui que ce soit, n'est jamais donnée impunément, sans contrepartie pour le bourreau. Enfin, je l'espère...
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G
Toujours davantage de profit, malgré la sensibilité d'êtres vivants soumis à ce diktat. Heureusement que parfois des associations s'élèvent contre cet acharnement et qu'elles parviennent à modifier l'ordre des choses que l'on peut penser parfois gravé dans le marbre.
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F
C'est pas cher payé..
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F
Ils s’en tirent bien c’est bien la preuve que nos animaux au niveau de la loi ne valent pas grand chose
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C
Tout comme Zoé et toi, je ne contribue plus à cette consommation, mais ça n'empêche pas encore et toujours la cruauté... Triste! @mitiés !
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C
Quel jugement... Quand on pense que ceux qui dénoncent vont en taule...
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O
Pour une fois il n'y a pas que les lampistes à faire les frais. J'ai tendance à penser que les amendes ou peines doivent être exemplaires pour les employés mais aussi pour les cadres et les fonctionnaires qui cautionnent. Pour les employés le travail au quotidien ne doit pas être facile, ça n'excuse en rien le sadisme ou la cruauté. L'avocat quant à lui va faire appel parce que les faits ne sont pas constitués, encore un coup du Mossad probablement. Comme le souligne J.Louis pas de solution en vue tant que les grandes surfaces nous proposeront deux ou trois fois par an des semaines du porc à 1 ou 2 € le kg.
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Z
Mon seul réconfort est de ne plus cautionner cette souffrance par ma consommation. Mais c'est un réconfort qui ne m'empêche pas d'avoir le cœur déchiré devant tant d'indifférence au martyre des animaux.
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J
Le chemin sera effectivement encore long et semé d’embûches avant que ce système n’évolue vraiment : trop d’intérêts, trop de pression de la part de l’industrie agroalimentaire, trop d’indifférence de la part du grand public, trop… trop… et surtout trop peu d’empathie à l’égard de ces bêtes maltraitées, malmenées et, pour finir, sacrifiées sur l’autel de l’hyper consumérisme !
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