Un éleveur sauve son troupeau de l’abattoir et devient végétarien

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Une histoire de dissonance cognitive…

Changez de mode de vie avant de devenir chèvre. Photo : Sam Carter via Unsplash

Sivalingam Vasanthakumar était éleveur de bétail dans le comté de Devon en Angleterre. Le 28 janvier, il était en route vers l’abattoir avec ses vingt agneaux. À mi-chemin, il décide de changer d’itinéraire. Sivalingam va rouler 341 kilomètres en direction d’un sanctuaire pour animaux afin d'y déposer ses ovins. Depuis ce jour, il est devenu végétarien et fait à présent pousser des légumes.

Vasanthakumar n’est pas le seul fermier à avoir radicalement changé sa vision des choses. En 2017, Jay Wild, agriculteur à la ferme de Bradley Nook dans le Derbyshire, a également sauvé la peau de son troupeau et est devenu vegan. Son histoire a fait l’objet d’un film, 73 cows, qui a été nominé à la British academy film and televisons art (BAFTA).

Qu’est-ce qui a provoqué un tel revirement chez ces éleveurs après des années à exercer le métier? Fiona Buckland, coach de vie, explique au Guardian qu’il s’agit d’une dissonance cognitive fondamentale: «La façon dont vous vivez votre vie ne correspond plus totalement à ce que vous ressentez. Vos valeurs personnelles ne s'alignent plus sur la performance personnelle.»


Inconscience et spontanéité


Ce sentiment de contradiction entre ce que vous pensez et ce que vous faites grandit jusqu’à ne plus supporter le malaise qu’il engendre. À partir d’un certain point, cette inharmonie vous pousse à changer de vie de façon radicale, à la manière d'une rupture amoureuse ou d'une démission spontanée. Pourtant, ce genre de décisions drastiques ne sont pas si impulsives. Buckland explique que ces résolutions s’infiltrent dans notre inconscient petit à petit, durant des semaines, des mois voire des années. Elles surgissent lorsque nous n'y réfléchissons pas forcément, au milieu d’une file d’attente ou lorsque nous faisons la lessive par exemple.

Certaines situations sont propices à ces changements. L'approche de la quarantaine ou le réveillon de fin d'année peuvent jouer un rôle. Stephen Palmer, membre de la British psychological society, fait remarquer au Guardian que l’année vient de commencer: l’atmosphère des bonnes résolutions a peut-être influencé Sivalingam Vasanthakumar à changer drastiquement sa conception du métier d'éleveur.

 

Slate.fr (1 février 2019)

 

 

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C
Oh! Superbe! Et vivement que d'autres prises de conscience se fassent! @mitiés !
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D
étonnant chemin de Damas
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Z
Une belle prise de conscience ! I have a dream...
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C
Ces élans profonds qui nous poussent à la transformation positive....<br /> Considérer autrement tous ces peuples et voir enfin l'Être vivant au delà de la marchandise ou du profit, est une métamorphose intérieure qui nous approche plus près de notre Humanité.
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J
Je suis d'accord avec Jean-Louis. Je rajoute que des coachs de vie, des termes comme dissonance cognitive fondamental me laissent dubitatif.
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O
Je partage les réticences de Jacky, les élucubrations de Mme F.Buckland me font sourire. Pour Mr. Vasanthakumar la révélation c'est sur le chemin de l'abattoir, pour d'autres sur celui de Damas ou dans une grotte à Lourdes. Moi mon expérience de dissonance cognitive fondamentale c'est au moment de la vaisselle, les mains dans l'eau tiède mousseuse, un ravissement. Mais qu'importe la manière, c'est le résultat qui compte, les moutons sont saufs et échapperons au doux parfums du curry, car Mr Sivalingam est d'origine indienne je crois. Echapper au curry c'est bien, ne pas finir bouilli dans une assiette anglaise c'est encore mieux.
J
Voilà le court récit d’une métamorphose radicale et certainement salutaire pour l’auteur en question ! Tous les éleveurs ne peuvent bien évidemment pas effectuer une telle mutation pour les raisons qui sont propres à chacun. Une telle prise de conscience et ce passage à l’acte inhérent doivent cependant être libérateurs et procurent probablement une immense sérénité pour qui franchit un tel cap… D’autres, et ils sont hélas nombreux, enfermés dans la spirale infernale de l’endettement, littéralement pris au piège de l’industrie agroalimentaire, peu ou mal soutenus, finissent par baisser les bras… et, parfois en arrive à commettre l’irréparable : ils se suicident !
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