L’éco-anxiété ou solastalgie, le nouveau mal du siècle

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Connaissez-vous la solastalgie ? C’est peut-être le nouveau mal du siècle, qui se traduit par un sentiment de détresse et de tristesse en voyant son environnement proche se dégrader de manière définitive en raison de bouleversements environnementaux.

C’est le mal des jeunes générations, une toute nouvelle forme de stress : l’éco-anxiété. Et vous, souffrez-vous de « solastalgie » ?

L’essor d’une nouvelle forme d’angoisse : l’éco-anxiété ou solastalgie

L’éco-anxiété, c’est plus qu’une peur, c’est un trouble qui tourne à la maladie. Une anxiété incontrôlable. Celle de voir les humains détruire la Terre sous nos yeux.

La nostalgie face à un monde qui change et le sentiment d’être déraciné dans sa propre terre © Valentina Bulatova

Nous sommes tous sensibilisés au réchauffement climatique, aux dangers d’une humanité qui court à sa perte en détruisant l’environnement qui la fait vivre. Mais cette sensibilisation, cette prise de conscience environnementale, donne aussi naissance à une nouvelle génération souffrant d’un mal nouveau, la « solastalgie ».

L’angoisse écologique

Entre web, livres et documentaires au climat anxiogène, source de stress, cette anxiété se répand vite. Au point qu’Outre-Atlantique, une nouvelle spécialisation en psychologie fait fureur : l’écopsychologie. Une discipline, apparue dans les années 90, fondée sur l’idée que des troubles réels peuvent naître de l’angoisse procurée par l’action négative des humains sur la planète. En Californie, où la population vit dans l’attente du « Big One », un tremblement de terre majeur, le niveau moyen d’angoisse de la jeune génération serait 70 % plus élevé que dans les années 50.

Incendies, tsunamis, ouragans, inondations, sécheresses à répétition peuvent provoquer la solastalgie © Maria Madrinan

Une douleur à réconforter

La solastalgie est en fait un néologisme venant du terme anglais « solace », qui signifie « réconfort » et d’« algie » qui signifie « douleur ». Ce concept a en fait été développé en 2007 par Glenn Albrecht,  philosophe australien de l’environnement,  dans un article Solastalgie : la détresse causée par le changement de l’environnement.

Quelle forme peut prendre l’éco-anxiété ?

Une fois pris conscience qu’il n’y a pas de planète B si nous détruisons celle-ci, l’inquiétude peut en rester au stade d’une « simple » souffrance morale, mi nostalgie, mi mélancolie. Mais ces symptômes peuvent aussi s’aggraver, jusqu’à en arriver à une forme clinique : insomnie, angoisse voire dépression. Si aux États-Unis, ce nouveau mal du siècle tourne au phénomène, on semble n’en avoir encore guère conscience en Europe. Cette souffrance morale est encore à la fois peu connue et peu reconnue, notamment des professionnels de santé. Nul chiffre officiel n’existe quant au nombre de personnes atteintes.

Un fort sentiment d’impuissance © Vikentiy Elizarov

Pour autant, on peut déjà croiser certains hommes ou certaines femmes ayant en quelque sorte adopté une vision défaitiste quant à cette angoisse écologique : puisque notre planète serait irrémédiablement polluée, mieux vaut donc ne pas avoir d’enfant !

Devenir un écocitoyen pour réagir face à l’anxiété climatique

Comment réagir autrement face à cette solastagie ? D’abord en appréciant la nature telle qu’elle est encore, ses beautés, ses plaisirs. Ainsi, une étude publiée par l’université britannique d’Essex, intitulée  « Ecothérapie, l’agenda vert pour la santé mentale », souligne qu’une simple promenade dans la nature améliore l’humeur et la confiance en soi des personnes dépressives. Pour trente minutes de promenade dans la campagne ou  dans un centre commercial, 70 % des vrais promeneurs se sont sentis mieux, contre seulement 45 % des amateurs du shopping.

L’autre bonne piste : agir, passer à l’action ! Pour l’Association internationale pour l’écothérapie, l’activisme écologique peut aider à combattre la dépression. Commencez par améliorer votre propre comportement écologique au quotidien, modifier votre façon de consommer, réduire vos déplacements… Et si les initiatives collectives vous tentent, passez du statut de nostalgique inquiet à celui d’écocitoyen reponsable.

ConsoGlobe/Paul Malo (9 février 2019)

 

 

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" Quand l’Homme n’aura plus de place pour la Nature, peut-être la Nature n’aura-t-elle plus de place pour l’Homme. " Stephan Edberg

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Hugonn 07/05/2019 17:57

Bonsoir
Bonne pensée.

chantal33300 25/02/2019 13:47

Quand l’Homme n’aura plus de place pour la Nature, peut-être la Nature n’aura-t-elle plus de place pour l’Homme. " Stephan Edberg. Quelle phrase, mais tellement réelle. On se pose vraiment la question. Bon après midi

Christine 24/02/2019 16:53

Nous sommes bien en lien et reliés à nos environnements et à ce monde naturel qui nous entoure et dont nous sommes. L'activisme nous permet déjà de nous mettre en position d'agir et de fait, de moins subir ; ayant fait notre part et du mieux que nous le pouvions permet de lâcher prise.. Un indice pour les resensibilisations au Vivant et autres reconnections ou écothérapies.. les plus sérieuses et les plus "vraies" se reconnaissent à une participation financière libre et non plus à la plus couteuse.. :))

domi 24/02/2019 16:37

A Pierre : Dominique, mon prénom est masculin mais je ne sais pas si le gecko est chanteur ou chanteuse, il a cependant un registre moins étendu que Johnny et son chant est en rapport avec la reproduction ; je ne sais pas si j'ai un ou plusieurs geckos dans la maison par contre à l'extérieur, il y a un joli lézard dont nous intéressent les pérégrinations
le gecko m'intéresse dans la mesure où il pourrait gober les moustiques muraux

Pierre Osswald 24/02/2019 17:31

Merci Domi, le chant de Johnny était aussi en rapport avec la reproduction, mais pas de méprise, il s'agit de la reproduction des cachets de la Sacem. Longue vie aux lézards et geckos. Ces derniers ont 'ils comme les caméléons la langue bien pendue? Bonne soirée.

Cléo 24/02/2019 14:10

Ouf! C'est qu'on se sent tellement impuissants, malgré tous nos efforts. Mais il faut persévérer... Beau billet de réflexion. @mitiés !

domi 24/02/2019 11:33

Je crois que la bataille n'est pas perdue, pas gagnée non plus, mais que la nature l'emportera partiellement, elle a des ressources
il est tôt ici, et je viens d'entendre, quelque part dans la maison, quasi invisible, le gecko chanter, gare aux bestioles qui traînent sur son parcours
bravo à Pierre pour son humour !

Pierre Osswald 24/02/2019 14:59

Bonjour chère (cher?) Domi, très content d'apprendre que les geckos chantent, ça illumine ma journée. Je savais que Johnny Halliday chantait, plutôt mal, certains autres aussi, mais j'ignorais la proximité de ces animaux sympathiques avec l'art lyrique. Merci.

Pierre Osswald 24/02/2019 10:53

Comme dit précédemment je suis à votre disposition. Mais pas d'inquiétudes, ce blog à d'innombrables vertus. Il permet le transfert et le mutualisation des angoisses. Une fois ma petite contribution du matin rédigée, plus de méchancetés, plus d'aigreurs, plus de troubles psychosomatiques, de frustrations, l'air qui m'empêche de respirer, les feux de forêts, les tankers qui coulent, la banquise qui fuit, la bio diversité en déclin et l'hallali de l'agneau, je m'en tamponne. Excellente écothérapie, Ça fonctionne en général jusqu'au lendemain, quand Jean-Louis dès 5 heure du matin parfois nous soumet un nouveau sujet consternant. Ce garçon est un sadique.

Michèle Tuillier 24/02/2019 09:52

Principe de réalité !

Zoé 24/02/2019 09:11

Le bénévolat dans la Protection Animale génère la même souffrance mais on sauve des vies et quelle récompense de voir un animal qui retrouve la santé et l'amour , pour cela on continue malgré le désespoir parfois et la fatigue . Oui, il faut s'engager auprès des associations !

Jean-Louis 24/02/2019 06:15

Décidément, on n’en sort pas : l’indispensable thérapie de groupe se profile à l’horizon avec de plus en plus de netteté ! Comme quoi, la destruction de l’environnement fait aussi des heureux puisque que nouveaux thérapeutes (et certainement autant de coûteuses thérapies…) y trouvent leur compte ! Contrairement à la planète, la solastalgie a donc encore quelques beaux jours devant elle ! Pas de réelle anxiété en ce qui me concerne : je continue la lutte d’une part et j’essaie de me ressourcer dans ce qui reste de Nature à la moindre occasion !