Le Japon se retire de la CBI pour reprendre la chasse à la baleine

Publié le par Jean-Louis Schmitt

TOKYO: Le Japon a décidé de se retirer de la Commission baleinière internationale afin de reprendre la chasse commerciale à la baleine pour la première fois depuis environ 30 ans, ont annoncé jeudi des sources gouvernementales.

Une photo d'archive prise en septembre 2017 montre un petit rorqual en train d'atterrir dans un port de Kushiro, à Hokkaido. (Photo de Kyodo)

Une photo d'archive prise en septembre 2017 montre un petit rorqual en train d'atterrir dans un port de Kushiro, à Hokkaido. (Photo de Kyodo)

Le gouvernement envisage d'autoriser la chasse commerciale à la baleine dans les mers japonaises voisines et dans sa zone économique exclusive, mais ne le prévoit pas dans l'océan Antarctique, où il a pratiqué la chasse à la baleine à des fins de "recherche scientifique", ont ajouté ces sources.

 

La décision, qui sera officiellement annoncée dès la semaine prochaine, intervient après des décennies de confrontation entre membres pro et anti-chasse à la baleine de la CBI. Il est extrêmement rare que le Japon se retire d’une organisation internationale et ce retrait pourrait susciter des critiques de la part des pays opposés à la chasse à la baleine.

 

Le raisonnement du Japon pourrait également être mis en cause, car il est membre de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer qui préconise l'utilisation et la conservation des ressources marines par l'intermédiaire d'organisations internationales. Pour quitter la CBI en 2019, le Japon doit en informer la commission avant le 1er janvier.

Les rapports sur le retrait envisagé ont provoqué une réprimande des groupes environnementaux. Greenpeace a exhorté le gouvernement japonais à reconsidérer la décision que l'organisation non gouvernementale qualifiait de "grave erreur".

 

"Cette adhésion au multilatéralisme est inacceptable", a déclaré Sam Annesley, directeur exécutif de Greenpeace Japon. "Nous espérons que le Japon reviendra sur sa décision et se placera aux côtés des nations qui tentent de réparer les torts causés par les activités humaines aux baleines."

 

Les tentatives du Japon au cours des 30 dernières années pour reprendre la chasse à la baleine d’espèces relativement abondantes telles que les petits rorquals ont toujours été contrecarrées par des pays tels que l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Récemment, sa proposition d'assouplir les règles décisionnelles de la CBI a également été rejetée lors d'une réunion annuelle tenue au Brésil en septembre, amenant Tokyo à lancer un avertissement voilé d'un possible retrait.

 

Bien que le Japon ait mis fin à la chasse commerciale à la baleine conformément à un moratoire adopté en 1982 par la CBI, il chasse depuis 1987 les baleines à des fins ‘’de recherche’’, une pratique critiquée au niveau international comme couverture pour la chasse commerciale à la baleine. Le Japon ne peut poursuivre ses recherches sur la chasse à la baleine dans l'océan Antarctique s'il se retire de la CBI. Selon l'Agence de la pêche, 41 des pays membres sont pour la chasse à la baleine et 48 sont contre.

 

Selon les règles de la CBI, une décision de retrait prend effet, en principe, le 30 juin après notification à la commission par le 1er janvier précédent. Les représentants du gouvernement ont déclaré que le Japon expliquerait sa position et chercherait la compréhension des autres pays. "Il y a des pêcheurs au Japon qui gagnent leur vie en chassant la baleine et nous ne pouvons pas simplement y mettre fin", a déclaré l'un des responsables.

 

Le Japon a également suggéré en 2007 de se retirer de la CBI pour protester contre l'interdiction de la chasse à la baleine à des fins commerciales, mais les États-Unis et d'autres pays ont par la suite persuadé de rester dans l'organisation. Le Japon a rejoint la CBI en 1951. L'entité a été créée en 1948 en vertu de la Convention internationale sur la réglementation de la chasse à la baleine afin de conserver les baleines et d'assurer le "développement ordonné de l'industrie de la chasse à la baleine".

 

News Asia (20.12.2018)

 

Une pétition est en ligne ici

 

 

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Z
Voilà ce qu'en pense Sea Shepherd : <br /> <br /> Pourquoi l'annonce de la "reprise de la chasse commerciale" par le Japon est une bonne nouvelle pour les baleines.<br /> <br /> Parce que le Japon n'a en réalité jamais cessé de chasser les baleines dans un but commercial mais s'est caché derrière le prétexte scientifique pour traquer ces doux géants jusque dans les confins de leur sanctuaire antarctique. <br /> <br /> Pendant de nombreuses années, Sea Shepherd a lutté jusqu'aux bout de ses limites financières et humaines pour empêcher les navires japonais d'atteindre leur quota de 1035 baleines et pour braquer les projecteurs du monde entier sur ce qui était encore largement ignoré par la communauté internationale. Sea Shepherd a été jusqu'à diviser par trois le nombre de baleines tuées et a contraint le Japon à investir plusieurs dizaines de millions de dollars pour nous contrer (surveillance satellite de type militaire pour repérer nos navires, navire garde côte dédié à nous éloigner du navire usine...)<br /> <br /> Aujourd'hui, le Japon rejoint l'Islande et la Norvège dans le camps des nations ouvertement chasseuses de baleines et en violation du moratoire sur le commerce international. Cela lui ferme les portes du sanctuaire antarctique et le contraint à se limiter à ses eaux territoriales.<br /> <br /> Sea Shepherd continuera de s'opposer à toutes les formes de chasse baleinière, qu'elles qu'elles soient mais de savoir que les baleines pourront enfin évoluer en paix dans leur sanctuaire, si essentiel à leur survie est la plus belle des récompenses pour toutes nos années de lutte en Antarctique. <br /> <br /> Extrait du Journal de Bord de Lamya Essemlali, Présidente de Sea Shepherd France, Mission Antarctique 2009 #OpérationWaltzingMathila :<br /> <br /> Les lois de protection de la nature et des espèces ne devraient pas simplement servir à donner l’illusion aux gens que l’on protège efficacement ce qui doit l’être. Elles ne devraient pas servir à nous donner bonne conscience. A l’heure actuelle, nous disposons de toutes les lois et de tous les traités nécessaires pour protéger efficacement les océans. A lire ces bouts de papier, on a vraiment l’impression que l’humanité a compris les enjeux et agit de manière responsable. C’est à se demander, même, si les braconniers et les pêcheurs illégaux savent lire. En fait, ils savent surtout lire entre les lignes. Ils savent qu’il y a un monde entre ce qu’ils n’ont pas le droit de faire et ce qu’ils peuvent faire. Ils savent qu’ils ne seront pas punis. Et le comble, c’est que ces eaux où les baleines périssent chaque année d’une mort atroce ont été baptisées « sanctuaire ». <br /> <br /> Demain matin, 7 décembre à 10h00, nous mettons les voiles vers le sud, cap sur la Mer de Ross. Après une longue migration, les baleines sont arrivées dans leur «sanctuaire». La flotte des braconniers est déjà en route.<br /> <br /> www.seashepherd.fr <br /> <br /> Photo : Sea Shepherd face au navire garde côte japonais en Antarctique, venu en renfort de la flotte baleinière<br /> <br /> #SeaSheherd #ConservationEnAction
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C
On ne peut maintenir à tout prix de vieilles traditions et des métiers voués à disparaître au détriment des espèces et d'une évolution qui nous devons tous mettre en place !
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D
scan-da-leux !
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D
J'avais entendu ça avec désolation; merci Jean-Louis de m'avoir permis de signer, avec un commentaire; un tout petit espoir que Greenpeace puisse contrecarrer cette ineptie dévastatrice ....????
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D
hélas Greenpace a fort à faire avec tous ces lobbies...