Elle photographie les animaux accidentés pour inciter à la prudence

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Raphaëlle Kaufmann photographie les animaux morts au bord de la route pour appeler les automobilistes à faire un peu plus attention. L'initiative de la jeune femme a été repérée par «30 millions d'amis.». Elle est étonnée des proportions que prend son initiative…

Le noir et blanc permet de créer «une continuité entre le pelage et le bitume». Photo : Raphaëlle Kaufmann

Tout a commencé il y a quelques mois, alors que la jeune femme, effectuant quotidiennement le trajet Foix-Montels, réalise l'indifférence avec laquelle les automobilistes passent à côté ou sur les corps d'animaux. «Cela me faisait mal, s'insurge cette amoureuse de la nature, alors pour me sentir mieux, j'ai utilisé mon moyen d'expression, la photo. Immortaliser l'instant me permet de garder la mémoire de ces vies perdues.»

Raphaëlle réalise ainsi une douzaine de prises en essayant à chaque fois de capter le regard de l'animal gisant. Selon elle, «le noir et blanc évite de tomber dans le voyeurisme mais accentue la notion du deuil, il atténue les couleurs mais renforce les contrastes. Et puis, cela crée une continuité entre le pelage des victimes et le bitume.»

Victimes de la route

Avec l'intention de sensibiliser les automobilistes, elle contacte un journaliste du site de «30 millions d'Amis» qui la rappelle une heure après, et avec lequel elle échange par téléphone et mail durant toute la journée. «Je n'avais pas réalisé l'importance de mon action, reconnaît Raphaëlle, et j'ai été étonnée de voir en fin de journée sur ce site reconnu, le portrait réalisé.» Depuis, les réseaux sociaux se sont emparés de la bonne nouvelle, et la photographe avoue se sentir un peu étourdie par les retours positifs des internautes.

«La photo est un vrai langage, souligne Raphaëlle. Lors du voyage aux Etats-Unis où Kévin et moi nous sommes mariés, j'ai pris beaucoup de clichés de la faune sauvage. Nous rêvons de repartir au Canada dans le cadre d'un programme vacances travail (PVT) pour lequel nous attendons une réponse. L'idée serait de voyager en van avec notre chienne, de faire des photos et enregistrements sonores, et de raconter notre aventure sur notre site et notre page Facebook. Kévin, graphiste (La Plume Graphique à Montels), pourrait puiser de nouvelles inspirations pour sa clientèle actuelle et peut-être l'enrichir. Mais il nous faudra trouver des sponsors ou des partenaires pour nous permettre de réaliser notre projet.»

La Dépêche du Midi/Véronique Delamarche (23.12.2018)

 

Pour suivre Raphaëlle et Kévin : http://doogies-trippers.com/ et https://www.facebook.com/DoogiesT/

 

Le chiffre : 12 clichés d'animaux morts. De belle facture, les photos des animaux morts au bord de la RD 117 sont faites pour interpeller les automobilistes et les appeler à la prudence pour que cesse l'hécatombe.

 

 

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Publié dans Animaux, Initiative

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C
Une femme au grand coeur sensible! Les animaux ont besoin de gens comme elle... et toi... et bien d'autres. Espérons que ce gentil couple pourra réaliser son rêve ! Bonne journée ! @mitiés.
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K
Bonne initiative de Raphaëlle. Qui me touche beaucoup...<br /> J'ai lu vos commentaires Zoé et Jean-Louis avec attention.<br /> Bon jeudi
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D
J'ai trop souvent vu et parfois photographié des animaux victimes des voitures, par exemple blaireaux<br /> J'ai même recensé pour un parc naturel les passages de batraciens<br /> La démarche est bonne mais dangereuse car risque de se faire écraser soi même<br /> il faudrait garder son gilet jaune, mais justement, parmi les GJ, il en est qui veulent le retour aux 90 km/h ! No comment ...
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C
Les animaux victimes de la route, de nos véhicules sont légion et prendre conscience de ces hécatombes quotidiennes peut nous amener à plus d'attention et d'empathie.<br /> <br /> La démultiplication des routes, de l'urbanisme, limite dramatiquement les corridors écologiques de tous ces peuples qui ont de moins en moins d'espaces sécurisés où exister ; vivre leur vie d'Animal.<br /> <br /> Soyons vigilants et ne considérons plus avec une notion de froide fatalité un peu trop facile cette multitude de dégâts collatéraux, puisque certains sont inévitables.<br /> <br /> La Nature sauvage a besoin de nous à plus d'un titre, responsabilisons nous, engageons nous pour Elle !<br /> <br /> A noter que pour les animaux sauvages blessés, vous devez contacter la LPO la plus proche ou le Centre de Sauvegarde de la Faune Sauvage.
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Z
Cette initiative me touche beaucoup . Parfois même, le comportement de certains automobilistes va au-delà de l'indifférence: dans le cadre de mon bénévolat , j'avais été amenée l'an dernier à aller récupérer le cadavre d'un petit chat qui pouvait être celui d'un animal que nous recherchions . C'était à une heure où il n'y avait pas beaucoup de circulation et j'avais fait attention que ma voiture soit bien visible de loin, avec les warning allumés et ne gène pas .De plus, ça n'a pas duré longtemps : le temps de traverser la chaussée jusqu'au petit corps et de revenir à ma voiture Et bien les quelques automobilistes qui sont passés à ce moment-là , ont été très agressifs et franchement je pense que certains n'auraient eu aucun scrupule à me renverser . Quant à s'arrêter pour m'aider: personne!
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J
Ton commentaire Zoé, me rappelle une autre anecdote très révélatrice de l’état d’esprit de certains ! Un jour, roulant sur une route nationale, j’ai vu un oiseau (un faisan) heurter la voiture qui me précédait. J’ai aussitôt freiné, mis le clignotant pour m’arrêter et récupérer l’oiseau au cas où il n’aurait été ‘’que’’ blessé… Sur ce la voiture qui me suivait m’a doublé et, horreur, a volontairement –elle a fait un écart bien visible- passé sur l’oiseau, l’écrabouillant littéralement… Comme quoi, nous ne sommes vraiment pas égaux face à l’empathie !
J
L’indifférence des automobilistes me laisse également toujours pantois : j’ignore pourquoi le plus grand nombre semble ignorer ces cadavres, parfois en grand nombre, au bord de certaines routes ! Peut-être ne les voient-ils tout simplement pas ? En tout cas, il est bien triste de ne s’apercevoir de la présence de certains animaux pas très loin de chez soi que lorsque l’un d’eux gît, au bord de la départementale, fauché par nos bolides impitoyables ! <br /> L’initiative de Raphaëlle Kaufmann est, de fait, tout à fait intéressante…
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