Les souffleurs à feuilles, un fléau à bannir ?

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Les souffleurs à feuilles pullulent en automne. Ils présentent pourtant plusieurs effets nocifs pour la santé de l’homme, mais aussi pour la nature.

Photo : JLS (Cliquez pour agrandir)

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« Déjà plus d’une feuille sèche, Parsème les gazons jaunis ; Soir et matin, la brise est fraîche, Hélas ! les beaux jours sont finis ! », écrivait Théophile Gautier dans sa « Chanson d’automne ». On pourrait ajouter à la fin de cet extrait « Vrrrroooouuummm ». Si vous ne l’avez pas reconnu, c’est le « doux bruit » d’un souffleur de feuilles, de sortie en ce début d’automne. Un appareil dont l’utilisation par les municipalités ou les particuliers fait débat.

Le souffleur à feuilles néfaste pour l’homme et la nature

Vous ne pouvez pas les rater. Depuis quelques années, les souffleurs à feuilles sont les meilleurs amis des agents municipaux, dont le ramassage des feuilles dans les parcs ou jardins, tâche parfois fastidieuse, est facilitée par leur utilisation. De plus en plus de particuliers s’équipent aussi de cet appareil, disponible à un prix abordable de 40 euros, même si les plus coûteux peuvent aller jusqu’à 500 euros. Pourtant, son utilisation s’avère néfaste pour la nature, mais aussi pour les hommes.

Un bruit équivalent à celui d’un tronçonneuse

Commençons par le principal désagrément, qui n’a échappé à personne : son bruit. Quoi de plus désagréable que d’entendre cet infernal « Vrrroouuummm » quand on se balade tranquillement ? Logique lorsque l’on sait que certains souffleurs à feuilles sont tout simplement nocifs pour l’ouïe : le seuil de 85 décibels, limite pour la santé, est parfois dépassé par ces engins, qui peuvent monter jusqu’à 105 décibels selon un rapport du Canton de Genève. Soit le bruit d’une tronçonneuse. Pas le plus mélodieux que l’on connaisse… Les risques de brûlures et les maux de dos, car l’appareil pèse plusieurs kilos parfois, sont également signifiés sur les notices d’utilisation. Rien de bien rassurant.

Un mélange de carburant et d’huile

Pour utiliser l’appareil, il faut également porter des lunettes de protection et des manches longues, afin d’éviter de recevoir des débris volants. Et surtout un masque, car les souffleurs à feuilles disséminent des poussières avec une certaine puissance, ce qui accélère leur diffusion et peut avoir des conséquences directes sur la santé : toux, risques pour les asthmatiques et danger pour les yeux. Même chose pour les pollens, auxquels certaines personnes sont allergiques. Autre point important à souligner : ces engins sont généralement polluants. Les souffleurs thermiques à deux ou quatre temps, comptant parmi les plus « efficaces » du marché, fonctionnent avec un mélange de carburant et d’huile et renvoient des gaz d’échappement dans l’air.

Pourquoi se débarrasser des feuilles mortes ?

En 2011, une étude menée aux États-Unis et relayée dans le Washington Post a démontré qu’un souffleur à feuilles avait émis 299 fois plus d’hydrocarbures qu’une camionnette en une demi-heure d’utilisation, mais aussi plus de monoxyde de carbone et d’oxydes d’azote qu’un pick-up ou qu’une berline. C’est tout sauf anodin puisqu’il s’agit de composants responsables de pluies acides et participant au réchauffement climatique. Un constat qui ne vaut pas pour les souffleurs à feuilles électriques, fonctionnant sur secteur ou sur batterie, mais plutôt utilisés sur de petites surfaces. Il faut donc plutôt privilégier ce type d’appareil, qui se révèlent également moins bruyants, même si, plus généralement, leur utilisation n’est pas vraiment conseillée pour l’équilibre de la faune et de la flore.

Une utilisation parfois réglementée

En effet, enlever les feuilles mortes, c’est priver le sol de matières organiques apportées naturellement par celles-ci. C’est aussi priver certains invertébrés de nourriture, quand les souffleurs ne les tuent pas simplement. Sans parler des nuisances citées ci-dessus, qui sont également valables pour les animaux. Autant de points négatifs qui ont poussé certains à agir. Dès les années 1970, des villes de Californie avaient interdit l’utilisation des souffleurs à feuilles. Leur utilisation est généralement réglementée dans certaines villes, comme à Genève : elle est interdite entre février et octobre et à certains horaires, comme c’est le cas pour les tondeuses à gazon (pas après 20h, le dimanche après-midi…).

Le râteau et le balai, les alternatives

Plusieurs appels à bannir leur utilisation ont été lancés. Sur Facebook, la page Stop aux souffleurs à feuilles rassemble une centaine de personnes. Car des alternatives existent. Si vous voulez vraiment vous débarrasser des feuilles jonchant votre sol, le râteau et le balai sont des instruments tout aussi efficaces et qui étaient utilisés bien avant les souffleurs à feuilles. Ou alors pouvez tout simplement utiliser ces feuilles pour votre jardin : elles feront un excellent fertilisant naturel ou une bonne protection pour les jeunes pousses, histoire de leur faire passer l’hiver au chaud.

 

Stephen Boucher/Consoglobe (18 Octobre 2018)

 

 

 

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Publié dans Jardin, Environnement

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K
Bon article !<br /> Je ne ramasse plus les feuilles dans mon jardin, depuis plusieurs années...<br /> Bel après-midi
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C
Bon billet pour lequel je suis entièrement d'accord ! Et je fais partie des allergiques au pollen... Bonne journée. @mitiés !
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D
Hors sujet: j'apprends que Jacky fait partie du Club Vosgien; depuis 25 ans nous utilisons ses cartes sur les chemins que ses bénévoles balisent, fort bien d'ailleurs , et souvent j'ai pensé à leur dévouement pour ce faire, personne à qui dire merci dans ces circonstances -là; alors pour tous les autres : MERCI Jacky
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J
Merci Dominique. Je transmets le message à mes amis bénévoles.
D
je suis bien d'accord, j'ai d'ailleurs déjà traité le sujet, c'est d'autant plus désagréable quand on passe à vélo et qu'on prend la poussière dans la figure. Et puis c'est souvent contre productif, moins efficace qu'en râteau, j'ai vu des employés s'acharner avec l'engin sur une seule feuille<br /> Au Mexique, on utilise souvent le balai fait avec des branchettes végétales, c'est plus écolo...
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L
tout ce qui a un moteur pollue !<br /> je regrette les employés municipaux et leur balai - c'était mieux fait-<br /> le souffleur c'est comme le plumeau pour le ménage-- la poussière se soulève et se redépose !!<br /> on embaucherait du monde- les feuilles ramassées--- pour le composte-<br /> oui mais ça c'était avant-<br /> amitiés-
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O
A votre question je réponds sans hésiter : "Oui !", et j'ajouterais : "et les aspirateurs aussi", bien que je reconnaisse qu'ils sont beaucoup moins polluants. Bonne journée à vous, sans croiser de souffleurs !
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J
Je fais partie du Club Vosgien local. Nous entretenons 140 kilomètres de sentiers sur notre secteur. Nous avons acheté 2 souffleuses thermiques. Nous les utilisons â la sortie de l'hiver pour enlever les feuilles mortes des chemins. C'est gain de temps important par rapport aux râteaux que nous utilisons le reste de l'année.
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J
Ça me fait plaisir de te lire sur le blog. Bien sûr que je suis d'accord avec toi ( comme souvent). Retape toi bien.
J
Mon cher Jacky,<br /> Ne prends pas la mouche : il ne s’agit bien sûr pas de tout jeter en vrac et je reconnais que certains sentiers de randonnées sont parfois complètement invisibles lorsque toutes les feuilles sont au sol ! L’activité des bénévoles du CV est, de fait, fort utile (par endroits) et je leur en suis naturellement reconnaissant, ils font un travail considérable…! <br /> Cela dit, il ne s’agit pas de tout mélanger : ainsi, si l’engin en question est certainement fort utile et pratique à des professionnels (paysagistes par exemple…), j’ai toutefois beaucoup de peine à comprendre qu’un jardinier amateur se donne tant de mal à vouloir à tout prix une ‘’pelouse propre’’ pour l’hiver ! En fait, c’est lui qui n’a rien compris et, de surcroît, il fait profiter tout le voisinage de sa sottise ! Il en est de même pour nombre de propriétaires de débrousailleuse, engin pour lequel il faudrait, à mon avis, un authentique ‘’permis d’utilisation’’ tant ces machines font de dégâts (je pense en particulier à toute la flore qui est ainsi décimée et aux nombreux orvets, hérissons, micromammifères qui en sont victimes…) ! Mais, là, je suis moi aussi, hors sujet… <br /> Ah, et puis il y a le bruit insupportable des souffleurs (et des débroussailleuses) : pas de doute qu’en la matière une réglementions (et des contrôles bien sûr) seraient nécessaires !
J
Effectivement, c'est même agréable de marcher dans les feuilles mortes. Nous entretenons les sentiers pour qu'ils soient lisibles au maximum. Cela évite la création de chemins parallèles qui deviennent ensuite pérennes. C'est préserver notre massif forestier.
D
excuse moi Jacky, mais je m'étonne qu'on juge utile de dégager les chemins des feuilles, on peut quand même randonner dans les feuilles mortes ! mais peut être as-tu une bonne raison que j'ignore et que j'attends donc ?
M
Un fléau ces trucs là !
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J
Il y a malheureusement peu de chance que le brave Papy de la photo, croisé de bon matin au retour de ma balade sur les hauteurs de Stosswihr, ne lise cet article… et c’est bien dommage : cela aurait peut-être pu l’inciter à l’avenir d’éviter de casser les oreilles à tout le quartier et lui apprendrai –mais rien n’est moins sûr- un tas de choses sur ‘’les feuilles mortes qui se ramassent à la pelle…’’
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M
Souffler les feuilles ?<br /> Du grand n'importe quoi qui a toujours eu le don de m'énerver....<br /> Mais où sont donc les balais d'antan????
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