Le terrible élevage des animaux «sauvages» destinés à la chasse

Publié le par Jean-Louis Schmitt

30 millions de bêtes grandissent dans des fermes avant d’être lâchées dans la nature pour être chassées. Vidéo à l’appui, une ONG dénonce des conditions d’élevage terribles du gibier et en réclame la fin.

Faisan de Colchide, faisan à collier ou faisan de chasse (Phasianus colchicus). Photo : Luc Haettel

Faisan de Colchide, faisan à collier ou faisan de chasse (Phasianus colchicus). Photo : Luc Haettel

Dans ces cages, les oiseaux meurent par pendaison quand ils se coincent le cou dans les mailles qui recouvrent les volières ; ils s’étouffent les uns sous les autres ou périssent en s’écrasant contre les poteaux et les poutres.

La concentration des volailles d’élevage est connue, mais les images que nous révélons, captées en caméra cachée par l’association anti-chasse ASPAS (Association pour la protection des animaux sauvages), montrent des élevages d’animaux dits « sauvages » en fait destinés à finir leur vie au bout d’un fusil. L’ONG qui a enquêté pendant plusieurs mois et filmé dans neuf fermes à travers la France lance ce mercredi une pétition pour réclamer la fin de l’élevage pour la chasse.

On le sait peu, mais en France le gibier n’est pas si « sauvage » : « On estime qu’un animal chassé sur quatre est issu de l’élevage, pointe Madline Reynaud, présidente de l’ASPAS. Ces animaux grandissent dans des conditions terribles et posent de sérieuses questions environnementales et sanitaires comme des risques de contaminations accrus de grippe aviaire. » Les chiffres sont impressionnants : 30 millions de têtes sont ainsi élevées chaque année. Surtout des faisans (14 millions) ; des perdrix grises et rouges (5 millions), mais aussi des colverts, des lièvres et même des cerfs.

Si à l’état naturel, faisans et perdrix cohabitent à deux à trois couples à l’hectare, dans les « fermes », ils sont confinés dans des espaces de 2,5 m². Les images tournées par l’ASPAS s’attardent sur l’anneau nasal des perdrix. Pour fixer ces dispositifs on perce le bec de l’oiseau qui pousse autour formant des excroissances, sur certains faisans on installe des « couvre bec » pour éviter que les animaux rendus agressifs par la concentration ne s’attaquent. De même, les poussins vivent dans l’obscurité complète leurs premières semaines, « sinon ils se bouffent » explique un éleveur dans la vidéo.

Des accusations réfutées par les chasseurs

« Rien de moins que de la torture » estime la présidente de l’ASPAS « C’est complètement faux », répond Thierry Coste, porte-parole de Fédération nationale de la chasse. « Les conditions sont forcément bonnes puisque contrairement aux élevages alimentaires, l’objectif est de pouvoir ensuite relâcher des bêtes capables de courir, voler, se déplacer librement ». Les chasseurs insistent sur la nécessité d’élever puis de lâcher plus d’animaux notamment pour favoriser la reproduction des faisans dans la nature. « Notre rêve est en fait de cesser ces lâchers, assure Thierry Coste. L’objectif est de compenser les pertes de biodiversité dues à l’agriculture intensive qui morcelle les territoires des espèces sauvages et tue les insectes, principale nourriture des oiseaux. »

Pour l’ASPAS, la volonté de créer des populations sauvages n’est qu’un prétexte. « La preuve, estime Madline Reynaud, ces animaux sont dans l’immense majorité des cas lâchés à l’ouverture de la saison et quasi jamais quelques mois avant ce qui permettrait de laisser le temps aux animaux de se reproduire. Les éleveurs interrogés disent qu’ils sont tirés quasi dans la caisse », rétorque Madline Reynaud. Donnée qui semble confirmée par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) qui dans un rapport de 2016 indiquait : « les mortalités liées à la chasse ont généralement lieu dans les heures et jusqu’à quelques jours suivant les lâchers ».

Emilie Torgemen/Le Parisien (28 novembre 2018)

Vidéo : Le terrible élevage des animaux «sauvages» destinés à la chasse (1 :35)

 

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M
Vous faîtes vraiment chiée a ouvrir vaut grande gueule s'en rien connaître malheureusement le gibier à plumes disparer progressivement de nos bois est pleines du a l'agriculture intensive et a la prédation d'animaux protégé comme le goélands qui s'attaque au couvé des perdrix alors qu'il n'a rien a faire des les plaines sa place est sur les côtes et non dans les pleines des programmes de réintroduction sont mis en places pour retrouver des populations stable je travaille personnellement dans un élevage de gibier en tant que stagiaire car je suis trop jeunes pour commencer a travaillé du haut de mes 16 ans et je peux vous dire que c'est oiseaux sont mes bébés c'est ma passion dans le pas de Calais la poule est interdite au tir sous peine de lourde amende elle permet de garder une belle population de gibier semi sauvage . C'est bien beau de vouloir interdire la chasse mais c'est un loisir qui est l'un des plus pratiqué en France il rapporte des millions d'euro a l'état vous penser que ce manque à gagner se traduirais comment pour l'état en augmentant les impôts la ça vous fera mal au cul est après on va venir se plaindre , pareil pour les dégâts sur les cultures qui va payer ça sera les chauvins de francais estimé vous heureux ce sont les chasseurs qui paye pareil pour les accidents du au collision de sanglier etc il faut savoir que l'accroissement théorique du sanglier peut augmenter jusqu'a 200 % je pense qu'il faudrait plus de battre pour la destruction des milieux forestier et de l'urbanisation intensives qui gagne la France nous chasseur sommes déjà depuis bien longtemps sur le fond et a se battre contre ce phénomène
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C
Ils n'ont même pas le temps de partir avant d'être chasser <br /> J'en ai été malheureusement témoin en faisant du VTT sur le plateau de Vitrolles<br /> Si j'avais eu un fusil c'est eux (chasseurs) que j'aurais chasser.....
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J
Sans commentaires et avec beaucoup de tristesse!
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D
Les chasseurs savent que désormais nous savons qu'ils lâchent des centaines de milliers d'animaux d'élevage peu farouches qu'ils n'ont plus qu'à tirer comme au ball-trap et ils osent encore prétendre qu'ils chassent pour "réguler" et protéger les cultures; non seulement ils aiment tuer mais ils nous prennent pour des imbéciles ! honte sur cette engeance ! Pétition signée et diffusée
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J
Une véritable honte en effet et lorsque l’on considère depuis combien de temps ces élevages sont dénoncés, on voit bien que rien n’est fait pour les supprimer.<br /> Tuer ces animaux relève bien de la barbarie et de la stupidité de chasseurs ignares qui feraient mieux de s’élever eux mêmes vers un QI un peu plus performant. Ça ne nuirait pas à notre société déjà bien atteinte d’un nivellement par le bas.
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I
Je suis horrifiée quand je retrouve un faisan dans mon jardin après un lâcher avant la chasse et qu'il viendrait presque manger dans ma main ,quelle proie facile,pour moi c'est un meurtre...
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A
Une honte... sur le ban communal il se promène ce genre de faisan... si peu farouches qu'ils restent sur les chemins, et ne se sauvent pas quand ils nous voient... <br /> Ce genre de comportement est un scandale et mériterait qu'on le réprime et qu'on le punisse.<br /> C'est un crime, tout bonnement.
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Z
Dés que j'ai vu l'article de ASPAS hier j'ai signé et partagé . <br /> Ces animaux nourris par les hommes n'ont aucune raison de s'en méfier et n'ont aucun instinct de survie en pleine nature: c'est de l'assassinat pur et simple ! Tueurs et menteurs voilà ce que sont les chasseurs!
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C
Je partage. Le public ignore tout cela. L'autre jour, lors d'une conférence, quelqu'un m'a soutenu que la chasse est nécessaire pour "réguler" les animaux sauvages.. Toutes les croyances sont bonnes pour pouvoir continuer à fermer les yeux à et à ne reien changer.
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D
j'ai bien sûr signé la pétition
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D
Cette forme de chasse est en effet scandaleuse et discrédite totalement la chasse ; elle est comparable au tir aux pigeons vivants dont j'ai connu l'existence autrefois au sud de Boulogne et que les protestations des amis des animaux et articles de presse ont fini par faire interdire, non sans mal<br /> Le seul élevage de gibier admissible serait pour repeupler mais dans ce cas, il faudrait attendre la reproduction avant de tirer. Je me souviens d'avoir été entouré, dans la forêt d'Hardelot, par des dizaines de faisans fraîchement relâchés, ils n'avaient aucun réflexe de fuite. Ce n'est plus de la chasse, c'est du tir, et encore... beurk !
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V
L’homme et la femme de notre société veut tout et il n’y a presque plus aucun frein car on a droit à tout et surtout à mépriser la vie sous toutes ses formes ...même pour un loisir .Alors que chacun est dans la recherche du bien-être.... nous sommes très paradoxaux . <br /> Je n’aime pas stigmatiser une partie de la population car nous avons tous ces raisonnements : acheter pas cher, ne pas se soucier de la provenance des produits ( fabriqués par des enfants parfois), fumer et se détruire... la liste est longue. <br /> Nous sommes dans une société de consommation et on consomme aussi le vivant...
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K
Terrible !! Horrible !!!<br /> Je signe de suite !!!!!!!!!!
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J
Encore une pratique qui n’est pas à l’honneur des ‘’premiers écologistes’’ autoproclamés de notre pays qui justifient leur loisir en prétextant l’impérieuse nécessité de ‘’réguler’’…
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D
ces écolos là étant bien sûr les chasseurs