L’ASPAS achète un terrain de 500 hectares pour protéger les animaux de la chasse

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Alors que la planète subit ce que les scientifiques nomment la 6ème extinction de masse, que fait la France ? Beaucoup trop peu : moins de 1 % du territoire national bénéficie d’une protection « en faveur » de la nature (Parcs Nationaux, Réserves Naturelles, Réserves de Biosphère Intégrales...) et, même dans les espaces protégés, la chasse et l’exploitation forestière sont le plus souvent autorisées. Destructions des habitats, prélèvements inconsidérés, absence de grands prédateurs, dérangements, appauvrissent et amputent des pans entiers de notre diversité biologique : son déclin est l’un des plus forts d’Europe. Il est donc nécessaire de prendre les choses en main…

Photo : ASPAS

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Une nature sauvage, libre et préservée

«On va créer un lieu unique en France. Un lieu où vous pourrez venir observer et contempler la nature, une nature sauvage, libre et préservée.» Ce sont les mots de Gregory Delhomme pour décrire le nouveau projet de l’ASPAS. Après les 5 réserves de Vie Sauvage créées dans la Drôme, l’Hérault et les Côtes d’Armor, l’Association pour la Protection des Animaux Sauvages s’est lancé un nouveau défi : acquérir près de 500 hectares dans le Vercors.

La libre naturalité

«Une Réserve de Vie Sauvage est un espace naturel dont la gestion est la non-gestion, ou la libre naturalité. L’objectif est de reconstituer des îlots de nature intacte, des zones de quiétude pour la faune et de naturalité pour la végétation.» explique l’association.

Photo : Jean-Louis Schmitt (Cliquez pour agrandir)

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«Grâce à la libre évolution, une forêt va pouvoir s’épanouir.», ajoute Gilbert Cochet, scientifique et administrateur de l’ASPAS. «Toutes les espèces vont pouvoir se développer, les arbres vont pouvoir grandir. On va avoir une diversité d’habitats et une biodiversité vraiment très riche.»

Un lieu unique

Pourquoi le Vercors? «Ce terrain a plusieurs aspects exceptionnels» répond la scientifique Béatrice Kremer-Cochet. «Dabord, cest une très grande surface d’un seul tenant, ce qui est extrêmement rare. Ensuite, c’est un endroit qui est déjà très riche en animaux et notamment en grands ongulés comme le cerf. » La zone héberge aussi loups, renards, sangliers, aigles, gypaètes, vautours, mustélidés, libellules peu communes, et «une foule d’insectes devenus rares». L’objectif est de mettre cette faune à l’abri de la chasse.

Photos : Jean-Louis Schmitt (Cliquez pour agrandir)
Photos : Jean-Louis Schmitt (Cliquez pour agrandir)Photos : Jean-Louis Schmitt (Cliquez pour agrandir)

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«500 hectares Il y a de quoi avoir des animaux en liberté, et des gens qui oublient la cité pour être eux aussi en liberté.», s’enthousiasme Jacques Perrin, auteur et réalisateur. En attendant, l’ASPAS a besoin de soutien. Elle ne reçoit aucun fond de l’Etat, souhaitant «ne rendre de comptes qu’à ses quelque 10 000 adhérents et donateurs. ». Une campagne de financement a donc été lancée sur Helloasso, dans le but de récolter 250 000 € en complément des dons des mécènes. Un compromis de vente de 2,2 millions d’euros a été signé, et l’association a jusque fin novembre pour réunir la somme…

 

Marine Wolf/La Relève et la Peste (22 octobre 2018)

 

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Commenter cet article

Loic Joly 05/01/2019 13:08

Tres belle initiative. Je me demande si je ne vais pas donner aussi.

Au fait, qui recupere les terrains si l'association s’arrête ?

Maurit dit Piarre 06/04/2019 12:40

Alors , je 'sens ' que je vais 'aussi ' faire un 'geste ' ! , plus la France 'aura ' de Réserves 'sauvages ' mieux elle se portera ..

JC 14/11/2018 04:17

Très bonne initiative. En tant qu'habitant des Côtes d'Armor, j'ai bien sûr été intéressé par la réserve de vie sauvage du Tregor le long du Léguer près de Lannion. En espérant que les petits ruisseaux fassent toujours les grandes rivières !

Zoé Lalande 13/11/2018 18:32

Un projet ambitieux à soutenir

kimcat 13/11/2018 15:41

Beau projet !!!
Bonne soirée

Zoé 13/11/2018 09:47

Les lobbys en tout genre ont condamné à jamais l'utopie d'une nature préservée et, ne rêvons pas, elle va continuer à se réduire comme peau de chagrin , . Alors je dis oui à 2000% à ce type de projet pour les mêmes raisons que toi . Même limitée , chaque action concrète sauve des vies et c'est le plus important.

Jean-Louis 13/11/2018 06:02

Voilà un projet certes ambitieux mais également ô combien nécessaire : notre pays compte peu de réserves véritablement dignes de ce nom puisque, même dans les Parcs Nationaux où la cueillette de fleurs est -à juste titre- interdite tout comme, et très logiquement, les véhicules à moteur, la chasse pour autant y est pratiquée ! J’ai toujours jugé scandaleux que, même dans ces espaces, qui devraient en toute logique être de véritables sanctuaires, on y abatte des loups : où, sinon dans les Parcs naturels, ces animaux devraient-ils véritablement trouver refuge ?
Le projet de l’ASPAS, que je soutiens bien volontiers, constituera en outre un formidable terrain d’étude où l’on pourra véritablement juger de l’impact des prédateurs sur la faune et constater, je l’espère, que lorsque l’on ‘’laisse faire la nature’’, il n’y a pas, contrairement à ce que certains avancent pour justifier la chasse, de déséquilibre ni de prolifération de certaines espèces au détriment d’autres : l’équilibre devrait à terme s’installer…
A suivre donc avec grand intérêt !

domi 13/11/2018 05:47

c'est bien mais à mon avis c'est PARTOUT que la nature doit être libre, sauvage et préservée, elle peut être libre, sauvage, préservée même si elle est un peu chassée, un peu cultivée (bio) et un peu exploitée
Une réserve isolée au milieu d'une nature matraquée ne pèserait pas lourd

domi 13/11/2018 07:26

Bien sûr Jean-Louis, la démarche est belle, mais ce que je ne souhaite pas, c'est une réserve ici et là, tout autour,du n'importe quoi, c'est pourquoi l'Hexagone doit être géré entièrement dans le respect de la nature en y intégrant les activités humaines

Jean-Louis 13/11/2018 06:10

"Une réserve isolée au milieu d'une nature matraquée ne pèserait pas lourd" : certes mais, ce n'est pas raison pour ne pas au moins essayer d'agir ! Les pouvoirs publics ne le font pas, l'ASPAS si ! L'association a déjà créée plusieurs RVS (Réserves de Vie Sauvage) de ce type et, si ce ne sont que des mouchoirs de poche (par rapport au territoire), ils ont le mérite d’exister…