Sus (scrofa) aux sangliers

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Abondamment nourris, les sangliers se reproduisent allègrement ce qui provoque comme chacun le sait d’inévitables dégâts dans les cultures et, très logiquement, l’ire des agriculteurs ! Il faut donc impérativement « réguler » l’espèce ce qui rend les chasseurs quasi indispensables… aux yeux de l’opinion publique en tous cas !

Sangliers (sus scrofa). Photo : JLS

Sangliers (sus scrofa). Photo : JLS

Aussi paradoxale que soit cette situation, elle arrange beaucoup de monde et, au premier chef les chasseurs eux-mêmes, auteurs soit dit en passant des nourrissages qui provoquent une très forte densité de la population en question… Les prélèvements sont donc absolument nécessaires et, le suidé étant classé « nuisible », sa chasse est, de fait, autorisée de jour comme de nuit, sept jours sur sept et ce quelle que soit la saison au courant de l’année : le bonheur absolu en quelque sorte pour les porteurs de fusil ! Mais, ne soyons pas sarcastiques et décortiquons plutôt cet étrange phénomène…

Le chasseur est un homme bon tandis que le sanglier est « nuisible », lui…

On ne cesse de nous le répéter : dans notre beau pays, les chasseurs sont les premiers protecteurs de la nature ! Même le chef de l’Etat l’affirme c’est donc que cela doit être vrai… et il serait d’ailleurs plutôt mal vu d’affirmer le contraire ! Quitte à mettre les pieds dans le plat, je vais néanmoins me faire l’avocat non pas du diable mais des victimes de la chasse ce qui représente tout de même la bagatelle de quelques 30 millions d’animaux massacrés par an ! Beaucoup d’espèces sont injustement classées « nuisibles » ou susceptibles de causer des problèmes et ce dans le seul et unique but de satisfaire les chasseurs qui disposent ainsi d’un alibi commode pour s’adonner à leur « sport » favori tout au long de l’année ! Après avoir détruit nombre de prédateurs naturels, l’équilibre est très logiquement rompu et certaines espèces doivent donc être « régulées » !

Et si on prenait le problème à l’envers et qu’on fasse ce qu’il faut pour rétablir cet indispensable équilibre plutôt que de gérer à coups de fusil ? Voilà qui aurait autrement de la classe… mais, ce serait priver environ 1 million d’individus de leur hobby qui, du coup, seraient très mécontents voire même agressifs : la solution simple et de bon sens est évidemment unanimement rejetée en haut lieu qui ne souhaite pas déplaire à cette (somme toute petite) partie de la population !

Le chasseur aime la bonne chair

Rien à voir avec ces bobos anorexiques qui se nourrissent de tofu et de graines de soja… d’ailleurs cultivées et destinés au bétail ! Non, le chasseur aime ce qui est bon et est un adepte du circuit court : n’est-ce pas une preuve de plus de son souci de l’écologie ? Aussi, le chasseur s’en va-t-il patiemment arpenter prés et champs pour y « récolter » son déjeuner et nourrir sa famille ! Sauf que là encore, je vais casser le mythe : en effet, le chasseur consomme seulement une petite partie de ce qu’il tue ! D’ailleurs, si certains d’entre eux devaient ingurgiter toutes les bêtes abattues, ils ne feraient probablement pas de vieux os ! En fait, nombre d’animaux tués le sont uniquement pour le plaisir et sont soit abandonnés sur place (les charognards n’ont qu’à nettoyer…) soit généreusement distribués à quelques nécessiteux (quand je vous disais que le chasseur était bon…) ou encore destinés à alimenter les circuits de distribution de boucheries spécialisées ou de restaurants… Et puis, certains animaux ne sont tout simplement pas « comestibles » ! Alors, pourquoi les tuer me direz-vous ? Eh bien, pour « réguler » voyons, combien de fois faudra-t-il encore vous le répéter ? Il serait grand temps que vous assimiliez cette notion de base…

Le chasseur aime l’ordre…

Cela ne fait aucun doute ! D’ailleurs, tout ce qui fait « désordre » est impitoyablement éliminé : le renard qui risque de s’en prendre à la volaille du voisin, la fouine et la martre de même et, bien sûr, ces satanés sangliers qui labourent champs, pelouses et, à l’occasion même, des stades de foot ! Pareil pour les petits oiseaux qui cassent les oreilles aux riverains ou qui crottent sur les voitures… Tout cela est évidemment interdit et sévèrement réprimé par les irréductibles gardiens de l’ordre public, j’ai nommé : nos braves et téméraires chasseurs français qui ne reculent devant aucun sacrifice (c’est le cas de le dire !).

Les chasseurs rendent service et doivent, de surcroît, s’acquitter de sommes importantes pour indemniser les victimes de dégâts faits aux cultures !

C’est exact ! Les fédérations de chasseurs ne peuvent faire autrement que d’indemniser les agriculteurs subissant des dommages parfois importants causés par le « gibier » entendez par là surtout les sangliers ! Ce n’est du reste que justice puisque les porteurs de fusils sont en grande partie directement responsables de la prolifération des ongulés (voir plus haut) ! L’ennui c’est que l’argent qui sert à ces indemnisations, s’il provient pour une (toute) petite part du produit des redevances, émane principalement des subventions qui sont généreusement octroyées aux fédérations par l’Etat et les collectivités territoriales ! « Autrement dit, l'argent des chasseurs est de l'argent public, donc en majeure partie celui des contribuables, qui sont à 98,8% des non-chasseurs. Une majorité de ces Français qui ne chassent pas est opposée à certaines pratiques de chasse et craignent le danger que représente ces 1,2 % de chasseurs. Selon un récent sondage IFOP, 80% des Français souhaiteraient le dimanche sans chasse et 70% condamneraient la chasse de divertissement. Les contribuables financent donc ceux qui les dérangent, voire les mettent en danger et sont un frein à l'observation naturaliste, donc à l'éducation. » (1).

Voilà qui est tout de même bon à savoir d’autant plus qu’on ne cesse de nous rabâcher que les chasseurs, outre l’immense service qu’ils rendent prétendument à la nation en la débarrassant de nombre de périls dus à des bêtes porteuses de toutes sortes de germes et de maladies, doivent également débourser d’importantes sommes pour réparer les dégâts des sangliers et consorts !

Dans sa diatribe dénonciatrice, Jean le Strix poursuit : « Les chasseurs justifient leur activité par la gestion de la faune sauvage et leur régulation. Quand les études scientifiques constatent la perte de 30% des oiseaux en 30 ans et la diminution alarmante de populations de mammifères sauvages à laquelle participe la chasse, il y a de quoi s'interroger. Aujourd'hui la masse des humains et des animaux domestiques représentent 98% de celle des vertébrés terrestres et la faune sauvage seulement 2%. Rassurez-vous braves gens, même sans les chasseurs nous ne risquons pas encore l'envahissement. Par ailleurs, il convient de prendre également en compte, dans les calculs ci-dessus de "qui finance qui et quoi?", les recettes généreusement cédées à ces chasseurs par Dame Nature, notre bien commun. Le très officiel Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage a établi la valeur de chaque "individu" pour chaque espèce de gibier. Un ortolan par exemple, qui va régaler les papilles des fines bouches, se négocie entre 100 et 150€. Connaissant ces valeurs et le "tableau de chasse" (plusieurs dizaines de milliers d'animaux tués rien qu'en Drôme), il est facile de calculer le cadeau fait par notre bien commun (la faune sauvage) aux chasseurs, ce pour chaque territoire. Sans compter le tribut payé en blessures et morts chaque année… » (2). Bref, vous pouvez le constater par vous-même : la chasse est une activité très onéreuse… surtout pour le contribuable !

De fait, vous en conviendrez : si le sanglier est bel et bien responsable de ces dégâts dont on l’incrimine et d’autres outrages jugés passibles de la peine de mort, pas plus que tous les autres animaux victimes de la chasse-loisir, il n’est pour autant coupable. Comme nous venons de le voir : il constitue surtout un paravent bien commode et un formidable « bouc émissaire » dont les divers protagonistes se servent à l’envi !

JLS

 

  1. Extrait d’une tribune de Jean le Strix, paru dans le Dauphiné Libéré (juin 2018)
  2. Ibid
Photos : JLS (Cliquez pour agrandir)
Photos : JLS (Cliquez pour agrandir)Photos : JLS (Cliquez pour agrandir)

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Article publié dans le n° d’octobre 2018 de la revue "Vivre en Harmonie"

 

 

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Rohnny 29/10/2018 10:01

Bonjour Jean-Louis,
C’est vrai qu’entre pour ou contre la chasse il y aura toujours des discussion mais tu as raison il faut absolument réguler la reproduction.
Merci pour le partage.
J’ai moi aussi j’ai poster un nouvel article sur le blog concernant ma visite sur la foire d’octobre chez moi à Liège.
Je te souhaite une agréable journée et à bientôt.
Rohnny

dominique 28/10/2018 21:10

Encore moi, extrait de Souchon copié, collé avec une erreur, il faut lire "les bières" bien sûr

dominique 28/10/2018 21:06

Merci Zoé pour ce rappel et merci Jean-Louis de nous donner le texte, quel talent, ça percute, c'est tout à fait ça. La vidéo de Guillaume Meurice qui ridiculise les chasseurs a bien tourné, comment faire pour faire redécouvrir cette chanson, et la faire tourner au moment où une grande partie de la population en a plus qu'assez de ces "maladroits" qui font peur; Elle aurait un franc succès et pourrait devenir le manifeste, le porte-parole de la population Nous pouvons peut-être créer un lien joignant l'interprétation au texte écrit , envoyer à ceux de nos contacts qui ont la même sensibilité en demandant de diffuser ??? Alain Souchon dans sa chanson "sous les jupes des filles" aborde plus succinctement cette faiblesse des hommes , de certains hommes, "tu seras un homme mon fils"
Voilà le passage:
"Alors faut qu'ça tombe :
Les hommes ou bien les palombes,
Les bleres, les khmers rouges,
Le moindre chevreuil qui bouge.
Fanfare bleu blanc rage,
Verres de rouge et vert de rage,
L'honneur des milices,
Tu seras un homme, mon fils. "

Zoé 28/10/2018 18:36

Je déteste la chasse et les chasseurs et leurs arguments ne sont qu'un écran de fumée pour ne pas avouer leur passion de zigouiller. Et ces auto-déclarés écologistes viennent maintenant pleurer contre la chasse bashing dont ils seraient victimes! La complaisance du pouvoir envers eux ( clientélisme oblige!) , le lobbyisme forcené dont ils bénéficient sont autant de sources d'indignation pour moi. Connais tu cette chanson de Henri Tachan : https://www.youtube.com/watch?v=PQdnGUQni6k

Jean-Louis 28/10/2018 19:07

Merci Zoé,
Oui, je connaissais mais j’avoue que j’avais complètement oublié cette ‘’chasse’’ d’Henri Tachan ! Ça date tout de même de 1974 (ce qui ne nous rajeunit pas)… Merci donc de m’avoir utilement rafraichi la mémoire : pour ceux qui ne connaissent pas, en voici les paroles ! Comme on peut le constater, ça n’a pas pris une ride…


La chasse
Paroles et musique : Henri Tachan

Sur un'e boîte de conserve, sur un pigeon d'argile, vains dieux, c'est pas pareil !
Pour les chasseurs, les vrais, il faut de la chair tiède avec du sang vermeil,
Pour les chasseurs, les vrais, il faut que ça palpite de plumes et de ramage,
Il faut que ça ait peur, il faut que ça se sauve, bref, que ce soit " sauvage "...

La Chasse,
C'est le défoul'ment national, c'est la soupape des frustrés,
La Chasse,
C'est la guéguerr'e permise aux hommes en temps de paix !

Chaque mois de septembre, le plumet au chapeau, ils part'ent comme en quarante,
Ranimer la flaflame du Chasseur Inconnu qu'avait du poil au ventre,
En cart'e comme les putes, ils dragu'ent à Rambouillet, ils tapin'ent en Sologne,
Mais quand ils tir'ent leur coup, le client de passag'e se réveille charogne...

La Chasse,
C'est le défoul'ment national, c'est le coït des frustrés,
La Chasse,
C'est la guéguerr'e permise aux hommes en temps de paix !

Regardez-les marcher, l'arrogance au visage, le coeur sur la gâchette,
Ces spadassins rentrés, ces héros d'Epinal, ces tueurs de fauvettes,
Regarder les marcher, ces Zaroff de banlieue, ces Hemingway d'Neuilly,
Vers le trou à lapin, vers la mare à canards, y faire leur safari...

La Chasse,
C'est le défoul'ment national, c'est la Villette des frustrés,
La Chasse,
C'est la guéguerr'e permise aux hommes en temps de paix !

Les soldats ça s'enraye, les soldats ça se rouille, c'est comm'e les carabines
Le servic'e militair'e ça s'continue plus tard à coups de chevrotines :
Pour le chasseur français y avait le perdreau boche ou le lièvre fellouze,
Pour le chasseur franquiste l'anarchiste rouge-gorge et la chienne andalouse...

La Chasse,
C'est le défoul'ment national, c'est le p'tit Vietnam des frustrés,
La Chasse,
C'est la guéguerr'e permise aux hommes en temps de paix,
De paix ?!

dominique 28/10/2018 17:06

Quand je parlais d'humour Jean-Louis, encore plus que je pensais: ce sus (scrofa) m'a intriguée, j'ignorais que c'est le nom scientifique du sanglier, quel beau jeu de mots; et les photos, comme ils sont mignons tous ces petits sangliers; oh pardon erreur de langage " on dit cochon madame", (sic); la responsable de cette saillie, non seulement assez sotte et cruelle pour trouver beau "la curée" l'est pour tout, trop sotte pour comprendre qu'anti chasse je ne peux quand même pas m'approprier le langage spécifique, pourquoi pas prendre un fusil pour lui faire plaisir !!!! Ah si cette engeance ne faisait autant de mal elle nous ferait bien rire !! Et j'ai adoré voir ces sangliers et marcassins, je leur fais de gros bisous, na!

domi 28/10/2018 14:52

nous y sommes cher Jean Louis et nous sommes d'accord : sur l'importance de ta, de notre liberté d'expression. Elle doit se montrer convaincante, parvenir à faire évoluer les idées. Déjà l'ami, la chasse recule... Quand les anti-chasse seront "activement" majoritaires, les choses évolueront, mais il semble qu'actuellement le lobby anti-chasse est plus puissant que celui des avocats des animaux.
J'ajouterai à titre de comparaison qu'il est un clan en train de gagner partiellement, celui des végans et autres végétaliens, puisque de grandes marques commerciales se mettent à proposer des produits à leur intention, ce qui annonce un petit déclin de la consommation carnée. Mais pour moi, tout doit s'accomplir dans la paix et dans la démocratie, pas dans l'activisme forcené
je vois que j'ai écrit chez toi, aujourd'hui, l'équivalent d'un article de blog, mais qu'importe, Jean Louis, "Ici et ailleurs," c'est bien chez nous !!!

Jean-Louis 28/10/2018 19:19

Lobby anti-chasse ? Me voilà perplexe ! Le propre des groupes de pression –ceux qui sont redoutablement actifs et, apparemment très convaincants dans les ministères- ont, de toute évidence, des moyens colossaux pour parvenir à leurs fins ! Ce n’est pas le cas –loin de là- des associations de protection de la nature (et des animaux) à qui on met toujours davantage de bâtons dans les roues et que d’aucuns (C/f Wauqiez) font tout ce qu’ils peuvent pour les faire disparaître… Mais, peut-être voulais-tu dire ‘’lobby pro-chasse’’ ?

dominique 28/10/2018 13:46

correction: l'actualité nous rappelle

dominique 28/10/2018 13:28

J'ai lu la page avec délices....mais aussi tant de peine et de ressentiment; non Jean-Louis tes mots ne sont pas maladroits comme tu sembles prêt à l'admettre; à l'inverse, ils rappellent des réalités avec un humour qui fait mouche; je pense que l'humour aide les messages à passer
Je te rejoins totalement, j'estime que des individus quels qu'ils soient, chasseurs mais pas que, n'ont pas le droit de priver d'autres de leur plaisir.....et de les heurter dans leurs convictions honnêtes!
En premier lieu ce sont ces vies supprimées pour le plaisir, parfois blessées et agonisant dans un coin puisque l'actualité nous rappellent que les chasseurs peuvent être maladroits ( devons-nous ressortir la mort du chevreuil de Lamartine, texte émouvant, poignant, que nous connaissons grâce à l'admirable Gérard Charollois, Ouvrage "Pour en finir avec la chasse") qui nous désolent mais aussi le sentiment de devoir accepter ce que nous réprouvons par humanisme, coeur, compassion parce que d'autres en ont décidé ainsi; comme toi je ne puis comprendre que notre peur , notre angoisse quand nous rencontrons ces êtres de la nature avec bonheur, toi surtout, quotidiennement et pas par chance mais parce que tu fais ce qu'il faut pour: marcher, attendre, guetter, patienter, notre peur donc aussitôt la joie de les avoir vus vivre ne serait-ce qu'un instant soit gâchée par la pensée inévitable: " pourvu que les chasseurs ne viennent pas par là" quasi sûrs qu'ils viendront faire leur oeuvre de mort alors que nous respectons tant la vie
Si je puis me permettre car Domi parle d'or souvent, sait de quoi il parle et essaie de modérer les ardeurs des anti chasse, il a certainement raison sur certains points je ne suis pas assez compétente pour juger, mais il est un point avec lequel je ne puis être d'accord, viscéralement comme intellectuellement: par tolérance ne pas priver les chasseurs de leur activité passion; non, ce sont les seuls dont la passion est un plaisir de tuer et qui mettent en danger la vie de leurs concitoyens. Beaucoup réprouvent que cette minorité ait le droit de déambuler avec un fusil car quelle est la fonction première ...et unique du fusil????
Justement les anti chasse le sont par respect de la vie d'autrui, de tous: humains et animaux, comment leur demander de tolérer ceux qui tuent...et aiment ça
Et comme toi je suis choquée quand les chasseurs font "cadeau" de leurs cadavres dont ils ne savent que faire, aux restos du coeur ...quel mépris , quel manque de respect pour des êtres humains !
Car admettons qu'une certaine chasse raisonnable, encadrée soit nécessaire, je ne le pense pas mais admettons, les chasseurs ne peuvent quand même pas prétendre qu'ils ont un sens civique plus développé que celui des autres citoyens, sens civique qui leur commanderait d'aller faire leur devoir le dimanche , entre autres " belles journées"; on sait pourquoi ils tuent et rares sont ceux qui le reconnaissent; le plaisir de tuer, chasseur ou pas, je ne le comprendrai jamais; sans parler de mépris ou de colère contre eux: simplement nous ne pouvons les comprendre.
Et puis ce prétexte de protéger les cultures alors que dans certaines régions ce sont eux qui ne respectent pas le travail des autres , pas leur plaisir leur travail, leur source de revenus, en lâchant ces "cochons-sangliers"; et comme le rappelle Jean-Louis en nourrissant ceux qu'ils prétendent nuisibles, les aidant ainsi à proliférer pour se donner un prétexte pour ensuite intervenir . Non seulement bêtes et méchants mais aussi hypocrites et lâches

Jean-Louis 28/10/2018 19:29

Merci pour ton long argumentaire, chère Dominique ! Ta sensibilité –je ne parle pas ici de sensiblerie bien sûr !-, celle qui s’exprime avec le cœur, est décidément très, très proche de la mienne ! Dans quelques jours, toi comme moi allons probablement encore verser des larmes de colère et d’indignation : eh oui, les messes de St. Hubert vont à nouveau être relayées par une presse soit naïve, soit ‘’aux ordres’’ qui va, une fois de plus, dépeindre le monde cynégétique comme un quasi bienfaiteur de l’humanité… Encore une belle hypocrisie (une de plus…) à laquelle s’associe, de toute évidence sans se poser la moindre question, l’Eglise !
Quand donc le monde va-t-il se réveiller ?

domi 28/10/2018 11:14

Cher Jean Louis, je te lis avec plaisir même quand tes mots, non mâchés, sifflent comme des balles. Un comble ! Tu sais que je ne suis pas d'accord avec toi à 100%, peut-être à 80%, même si j'ai beaucoup de réticences face à la chasse, je ne pense pas comme toi qu'elle soit, je te cite, contre nature, ni même contre la nature en général, même si elle fait des dégâts inacceptables dans la nature, ce que je ne me gêne pas de dénoncer. Cependant je pense d'une part qu'elle a un certain rôle (actuellement mal organisé) à jouer et d'ailleurs les nombreux gestionnaires de milieux naturels que j'ai rencontrés (conservatoire du littoral, parcs naturels) n'étaient pas d'absolus opposants à la chasse, et dialoguaient avec les nemrods les plus ouverts. Je pense d'autre part que c'est une activité-passion pour certains et qu'au nom de la liberté et de la diversité, il n'y a pas de raison de les en priver totalement. Ce que je veux dire, c'est que dans ce domaine, je pense préférable d'éviter tout extrémisme anti-chasse, les uns, dans notre société, devant aussi respecter les inclinations des autres. Sinon, perso, j'interdirais bien plein de choses dans notre société... Mais pas ta liberté d'expression, ni la mienne d'ailleurs. Bon dimanche l'ami sur ces réflexions qui valent le coup d'être exprimées (pas le coup de fusil, le coup de l'étrier)

Jean-Louis 28/10/2018 12:24

Merci Domi... Mais, ai-je d'autre choix que d'accepter la chasse ? On me l'impose, on "flingue" des animaux que, pour ma part, j'ai grand plaisir à observer, à photographier et que j'aime sincèrement ! Ai-je d'autre choix que d'accepter qu'on me prive et qu'on prive la nature de leur présence ?
Ma seule liberté est de pouvoir dire mon désaccord : je le fais avec mes mots qui peuvent être maladroits mais, ce sont les miens et ils viennent du plus profond de mon être... Notre société n’est certes pas anti-chasse mais, nombreux sont ceux qui, comme moi, souffrent de cette violence qu’on inflige à des animaux qui sont, je le répète, un bien commun : nous devrions protéger cette richesse et, au lieu de cela, un infime partie de la population, au prétexte de ‘’réguler’’, l’assassine…
Outre ma liberté d’expression, le seul ‘’droit’’ que j’ai c’est donc de devoir assister, impuissant, à ce je ne peux nommer autrement qu’un désastre ! A défaut de pouvoir l’empêcher, je continuerais à crier ma colère et j’espère bien que celle-ci finira par résonner aux oreilles de ceux qui, tels des Seigneurs d’un autre temps, s’approprient le droit de vie et de mort sur notre patrimoine naturel…

bellokan 28/10/2018 08:31

Bonjour,
Tous les moyens sont bons pour satisfaire ce plaisir de tuer comme ici à à Bas-en-Basset, près de Monistrol-sur-Loire où un élevage clandestin avait été démantelé... certainement pour alimenter les chasseurs! Et puis, dans ce triste décompte, il ne faudrait pas oublier les animaux domestiques qui sont lâchement tués tels les chats qui se trouvent là au mauvais moment, les chiens parce qu’ils ont peur des coups de fusils et qui sont donc des bons à rien ... Et puis une pensée pour ces pauvres chiens de chasseurs qui naissent et vivent en chenils toute l'année, souvent éloignés de tous regards, en attendant l'ouverture de la chasse! Quelle souffrance aussi ici!
Bon dimanche!

Jean-Louis 28/10/2018 11:41

Merci : voilà qui apporte de l’eau à mon moulin ! Merci également d’avoir réparé une omission de ma part : les chiens de chasse et, effectivement, les conditions lamentables dans lesquelles on les oblige à vivre ! C’est généralement vraiment ‘’à la dure’’… J’ai, pour ma part, un souvenir d’une telle meute entassée dans un chenil infect nettoyé au jet une fois de temps en temps, nourrie tous les 3 ou 4 jours seulement ! A part ça, les propriétaires-chasseurs en question prétendaient ‘’aimer leurs chiens’’…
Bien à vous !

aurélie 28/10/2018 07:22

Un article plein de vérité et de bon sens, comme toujours....
La chasse ne permet à aucun équilibre de s'installer sur le territoire... Ils importent dans certaines communes des espèces non "indigènes" d'élevage (poules faisanes) et éliminent les prédateurs de cette même espèce (renards) pour lui permettre de s'installer, et allègrement tirer dessus le dimanche...
Ainsi, les rongeurs pullulent maintenant, puisqu'il y a de moins en moins de renards...
Mais bon, tout le monde s'en fiche, et puis ça fait toujours plaisir de tirer sur une poulette pas farouche, n'est ce pas ?....
Bises, et très bon dimanche aux non-chasseurs.

Jean-Louis 28/10/2018 11:03

Merci Aurélie, voilà un commentaire également plein de bon sens et, pour ce qui est des rongeurs, tu sais probablement bien de quoi tu parles puisque les agriculteurs sont forcément concernés par le phénomène… Mais, comme tu le dis également : qu’importe puisque d’aucuns ‘’prennent leur pied’’ ainsi et qu’il s’agit surtout de ne pas contrarier ces individus-là ! Bises à toi également et à partager avec les tiens !

domi 28/10/2018 06:17

Voilà un article où tu ne mâches pas tes mots
J'ajouterai qu'il est un plaisir de chasse que tu ne critiqueras pas, celui de la chasse photographique dans laquelle tu excelles parfois!
Dans la chasse photo on a aussi tout le plaisir de l'environnement, de sa connaissance, de l'approche du "gibier", de l’affût, puis de la prise, du "tir" avec son téléobjectif ; on peut même opérer par rafales !
J'ajouterai que dans ce domaine, il est plus difficile et donc valorisant de faire un beau cliché qu'un beau tableau (de chasse) et que la photo n'a jamais tué un vététiste, tu sais de ces sportifs bardés de couleurs confondus parfois avec le sanglier, sanglier qui par les temps qui courent, n'a pas intérêt à se mettre au vélo

Jean-Louis 28/10/2018 06:52

Non, je ne mâche pas mes mots, excédé que je suis par cette hypocrisie qui consiste à faire croire que la chasse est ’indispensable’’ ! Bien sûr qu’elle l’est, mais pourquoi ? Tout simplement parce qu’on a bien voulu rendre les chasseurs incontournables dans la gestion des espèces ! Au quotidien, cela se traduit par des abus insupportables, des massacres inadmissibles sous prétexte -toujours- de ‘’régulation’’ alors que notre patrimoine naturel, ce bien commun, se réduit comme peau de chagrin… Comment peut-on encore, en 2018 et avec les moyens de s’informer dont on dispose, se laisser berner ainsi ?
Tu as raison Domi : il est bien plus facile de tirer un animal pour lui prendre sa vie que de lui tirer son portrait : j’ai filmé il y a deux jours une petite séquence d’un renard venant sur moi : chasseur, je l’aurais abattu et puis, on n’en parlait plus ! Mais je ne suis pas chasseur –je réfute même le qualificatif de ‘’chasseur-photo’’ tellement cette activité (la chasse) m’est intolérable- et je l’ai regardé, admiré et très sincèrement aimé cet animal dont d’autres font de simples cartons, comme ça, juste pour s’amuser !
Alors, encore une fois : oui, je ne mâche pas mes mots pour dénoncer ce que j’estime comme injuste et actuellement véritablement contre nature ! Je sais que mon billet va encore m’attirer les foudres de ces ‘’Albert’’ et autres défenseurs inconditionnels de ce loisir funeste : tant pis, j’assume et j’encaisse… Je sais que, dans le fond, ils ont tort et que je préférerai toujours la beauté d’un animal vivant à celle d’un ‘’gibier’’ qui vient de se faire cribler de balles… Question de goût et de sensibilité !