Parlons permaculture…
Avec les aléas climatiques, nous devons impérativement changer nos méthodes de cultures beaucoup trop gourmandes en eau ! Tels ces pionniers qui défrichaient des contrées inhabitées, certains, à l’instar de Pierre Berger, se sont lancés avec succès dans la permaculture ! Portrait de ce jeune entrepreneur et de ses « Jardins de l’Abondance »…
La permaculture: un désordre savamment cultivé
Avec la récente canicule, les cultures maraîchères ont souffert. Celle de Pierre Berger, à Thal-Marmoutier, peut-être moins que les autres. Ceci grâce aux techniques méconnues de la permaculture.

Pierre Berger compte démocratiser les techniques de permaculture auprès du grand public et des scolaires. Photo : DNA - G.B.
Il n’y a pas encore si longtemps, la parcelle située derrière le couvent de Thal-Marmoutier fournissait en légumes les petites sœurs franciscaines. Pendant des années, ces dernières ont biné et retourné la terre avant d’y planter et d’arroser abondamment leurs différents semis cultivés proprement en rangs. Des techniques de jardinage ancestrales utilisées encore aujourd’hui par tout bon jardinier. Sauf par Jean Berger qui exploite depuis peu les 70 ares de ce même terrain.
Il suffit de franchir le portail de son potager et d’y faire quelques pas pour se rendre immédiatement compte qu’il ne ressemble pas vraiment aux autres.
« Garder un sol vivant »
À première vue, il donne l’apparence d’un joli bazar végétal coloré où plantes fleurs et légumes poussent où bon leur semble. Et sur lesquels abeilles, papillons et divers petits insectes sont nombreux à venir y flâner. Mais il ne faut pas s’y fier, « c’est un désordre étudié », lance Jean Berger.
Cet ancien chef d’entreprise dans le domaine de la charpente et de la couverture de maisons a totalement changé de voie professionnelle après une chute d’un toit. Il a alors quitté Metz pour suivre sa compagne à Schwenheim, et créer sa ferme maraîchère à Thal-Marmoutier, les Jardins de l’Abondance. Avec un projet très précis en tête : utiliser les méthodes de la permaculture.
« Il s’agit d’une technique de culture qui permet de garder un sol vivant sans avoir à le retourner et d’exploiter au maximum tous les espaces nécessaires » en prenant en compte la biodiversité de son environnement, résume le quadragénaire.
Sur des buttes de culture qui offrent « une meilleure ergonomie de travail », Jean Berger plante courges, trèfle rouge, sarrasin, concombres, poivrons, aubergines et autres en fonction de leurs besoins et de ce que chacune peut apporter à l’autre. Sur le toit végétalisé de sa boutique de vente directe (*), poussent même des melons ! Autant dire que la maîtrise de la permaculture ne s’improvise pas et nécessite une certaine formation. « C’est une science », lance-t-il. Outre les spécificités des plantations, il faut aussi tenir compte de la faune environnante. Par exemple, les insectes pollinisateurs sont attirés par les fleurs, les hérissons et crapauds, tous deux mangeurs de limaces, par des bosquets et une mare spécialement aménagés. « On utilise au mieux la nature », explique-t-il.

Le toit végétalisé de la boutique de vente directe. Photo : DNA - G.B.
Mais en dehors de l’aspect écologique, cette démarche a aussi un intérêt économique. « On obtient un maximum de rentabilité avec moins de travail », affirme-t-il. La permaculture a aussi le grand avantage de mieux résister aux périodes de grandes chaleurs et de sécheresse. Car la règle n°1 de la permaculture est que « le sol doit toujours être couvert », que ce soit avec de la paille du foin ou des copeaux de bois. Ce qui permet de conserver la fraîcheur indispensable « pour créer un sol vivant », mais aussi pour réduire la consommation d’eau.
« La permaculture permet de moins souffrir des aléas climatiques »
« À terme, on a presque plus besoin d’arroser, à part en période de sécheresse comme maintenant », reconnaît Jean Berger qui doit exceptionnellement pomper l’eau de son puits. À l’inverse, grâce aux buttes, en cas de fortes pluies, l’eau s’irrigue naturellement sans occasionner trop de dégâts. « La permaculture permet de moins souffrir des aléas climatiques », jure le jardinier passionné.
Alors pourquoi n’est-elle pas plus pratiquée ? « C’est une technique récente qui est née il y a dix ou quinze ans et qui vient des États-Unis et du Canada, répond Jean Berger. Elle va commencer à prendre son essor mais pour l’instant, ça reste confidentiel. » Lui, en tant que pionnier, est prêt à la démocratiser à travers des formations qu’il espère proposer prochainement sur son site pour toutes les personnes intéressées et pour les scolaires. Sa façon de faire germer l’idée de la permaculture dans les esprits, et de la faire entrer dans la culture générale.
DNA/Guénolé Baron (19 août 2018)
(*) Le point de vente directe des Jardins de l’Abondance, 1 rue du Couvent, est ouvert le mercredi de 17 h à 19 h et le samedi de 10 h à 13 h. ✆ 06 03 57 20 89.
Si vous avez apprécié cette publication,
partagez-là avec vos amis et connaissances !
Si vous souhaitez être informé dès la parution d’un nouvel article,
Abonnez-vous !
C’est simple et, naturellement, gratuit !