La préfecture de la Côte-d’Or veut avoir recours à un abattage massif du blaireau

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Fin mars, la préfecture de la Côte-d’Or (21) a proposé à la consultation un projet d’arrêté préfectoral visant à lutter contre la propagation de la tuberculose bovine en instaurant des zones d’élimination des blaireaux de la région.

Blaireaux à la sortie du terrier. Photo : Patrick Hoffmann

Blaireaux à la sortie du terrier. Photo : Patrick Hoffmann

La tuberculose bovine, ou Mycobacterium bovis, est une maladie contagieuse qui sévit principalement au sein des élevages bovins. Transmissible par l’air ainsi que par la salive, cette maladie est aujourd’hui peu transmissible à l’Homme (99 % des cas de tuberculose chez l’humain proviennent d’une autre souche de cette maladie, la Mycobacterium tuberculosis, mais peut faire des ravages au sein des élevages bovins.

 

En effet, si les animaux infectés par cette maladie ne présentent que très peu de symptômes, elle peut grandement affecter le rendement en viande et en lait de ces animaux. De plus, les produits contaminés issus des bovins sont jugés impropres à la consommation humaine pour éviter tout risque de propagation à grande échelle. Même si depuis 2001 la France a été officiellement déclarée comme étant “indemne de tuberculose bovine” par l’Union Européenne, on recense depuis quelques temps une recrudescence de cas dans les élevages ainsi que chez les animaux sauvages (sangliers, cervidés, blaireaux), en particulier dans certains départements, dont la Côte-d’Or.

 

Les blaireaux menacés

Si les blaireaux ne constituent pas une menace directe, ils peuvent facilement contracter la maladie et ainsi la faire perdurer et éventuellement contaminer d’autres élevages. C’est pour cette raison que la préfecture de la Côte-d’Or a proposé un projet d’élimination des blaireaux dans les communes à risque afin d’endiguer la propagation de cette maladie.

D’après ce projet, en consultation libre jusqu’au mercredi 11 avril au soir, plusieurs zones de surveillance et de captures pourraient être mises en place. Sont prévus également le prélèvement de cinq blaireaux par commune dans 274 communes à risque ainsi qu’un prélèvement illimité dans 25 communes contaminées. À noter que ces prélèvements seront suivis, pour la plupart, d’une élimination de l’animal.

Pointé du doigt et menacé, le blaireau n’est pourtant pas à l’origine de la tuberculose bovine. Cette dernière trouve sa souche dans les élevages intensifs où elle se propage le plus. Les associations préconisent, plutôt que l’abattage, une vaccination des blaireaux à l’aide d’appâts car, selon le CSPNB (Conseil Scientifique du Patrimoine Naturel et de la Biodiversité) : “ni le risque d’infection tuberculeuse en France ni les dégâts qui seraient causés aux cultures ne justifient un abattage massif de blaireaux.”

Une pétition a également été mise en ligne pour classer les blaireaux comme espèce protégée.

 

Daily Geek Show/ Victoria Perez (11.04.2018)

 

Je découvre cet article trop tardivement alors que la consultation publique s’est achevée le 11 au soir… C’est rageant ! Encore une aberration administrative qui ne tient aucun compte des réalités biologiques et ne vise qu’à satisfaire une petite partie de la population qui méprise particulièrement le vivant : les chasseurs ! Réagissons et faisons part de notre opposition à un tel projet de destruction qui est parfaitement inepte en adressant un mail à la Direction départementale de la Pretection des Populations concernée : ddpp-spa@cote-dor.gouv.fr.

 

Si vous avez apprécié cette publication,

partagez-là avec vos amis et connaissances !

Si vous souhaitez être informé dès la parution d’un nouvel article,

Abonnez-vous !

C’est simple et, naturellement, gratuit !

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
J
Je signe c est inadmissible
Répondre
G
le monde devient fou ; après les renards c'est le tour de blaireaux; pauvres petits :( à côté de ça une association de défense des animaux est désespérée http://panpanette.overblog.com/2018/04/appel-aux-bonnes-volontes.html#ob-comment-ob-comment-92400961
Répondre
J
Il y a décidément à faire sur tous les fronts et on a la désespérante impression que ça ne finira jamais... L'incendie de ce véhicule d'une petite association -qui, par définition, n'a déjà pas grand-chose- en est une illustration de plus ! Colère et rage...
Y
Ils sont complètement malade à la préfecture ! Après avoir voulu éliminer les renards ce sont les blaireaux et pourtant en Côte d'or quand il y a eu la rage ils ont fini par vacciner les renards avec des appâts qui étaient mis dans les bois . Pourquoi ne pas vacciner les blaireaux de la même façon
Répondre
J
Ben oui, c'est bien ce qu'on voudrait aussi !<br /> Et puis, qu'on arrête avec ces fichus élevages intensifs !
M
Contre l abattage massif de blaireaux, dans les côtes d or, décidé par la préfecture
Répondre
M
Contre toute maltraitances
Répondre
D
Quelle télépathie Jean-Louis ; j'allais écrire spontanément juste après avoir lu que ce sont les élevages intensifs les fautifs "qui veut noyer son chien prétend qu'il a la rage" et puis j'ai voulu lire les commentaires avant !!!!! J'ai écrit à plusieurs directions départementales , vais vérifier que la Côte d'Or fait partie de mes envois, sinon ce sera fait .
Répondre
M
Franchement, certains sont prêts à tout pour le rendement, l'argent... mais que font-ils de la biodiversité? Le blaireau y joue un rôle comme tous les animaux du monde qui sont nécessaires à la survie de notre planète...
Répondre
J
Ce sont des questions légitimes que vous posez là ! Mais, n'en restons pas juste au questionnement : réagissons pour faire cesser cette aberration ! Ecrivez vous aussi au Préfet de la Côte-d'Or !
J
Ne dit-on pas que : "Qui veut tuer son chien, l'accuse de la rage"...
Répondre
B
Superbe article fort à propos. Les consultations publiques relatives au monde Vivant sont par trop discretes et il faut littéralement les traquer pour arriver à nous mobiliser. A noter que par le même principe, des bouquetins tout à fait sains, sont eux aussi victimes de massacres injustes et inappropriés sous couvert de brucellose.
Répondre
D
Je ne peux m'empêcher de penser que le lobby de la chasse est derrière cette monstruosité ; le blaireau, magnifique carnassier, est systématiquement détruit comme le renard ; il faut savoir que le blaireau n'est pas la cause de la tuberculose, mais que la disparition des carnassiers favorise les rongeurs qui eux disséminent par les tiques la maladie de Lyme devenue un grand problème de santé publique. J'écris à l'adresse indiquée dans ce sens. Bravo pour cet article JL
Répondre
D
j'espère que les réactions suscitées freineront le projet ! d'ailleurs je ne vois pas de mesures d'éradication d'autres espèces concernées qui font partie du grand gibier ...
J
Merci à toi Domi !<br /> Ton courrier à la préfecture est très bien : tu touches du doigt les divers "vrais" problèmes ! De toute évidence, il s'agit encore une fois de satisfaire les pulsions meurtrières de certains : sacrifier ainsi un pan entier de notre patrimoine naturel est évidemment scandaleux... Nous devons le dénoncer et l'empêcher !
F
Honte à vous ! Tellement facile de massacrer ces pauvres bêtes ! Nous ne sommes pas les maitres du monde !
Répondre
J
Heu... ce n'est pas à "nous" qu'il faut jeter la pierre mais bel et bien aux autorités compétentes !
J
Bien sûr c’est HONTEUX ! On détruit comme d’habitude sans chercher à comprendre vraiment ni penser à appliquer des solutions pour le long terme alors qu’elles existent.
Répondre
J
Merci à toi JPL : ta fureur est légitime et il est peu de dire que je la partage...
G
HONTEUX !!!!
Répondre
C
Les consommateurs de viande bovine sont là encore indirectement responsable de la situation, car dans un monde éthique, il n'y aurait pas de naissances forcées d'animaux de rente, et on laisserait vivre et mourir de leur mort naturelle les animaux sauvages. La production de denrées animale est presque toujours à l'origine de ce qui écœure et fait rager ,beaucoup de personnes qui ne deviennent pas véganes pour autant, car être végane est tellement extrémiste !!!
Répondre
K
C'est rageant oui !!!<br /> Je suis écoeurée !!!<br /> Bonne soirée Jean-Louis
Répondre
C
Oh, ça alors! C'est si triste! D'accord avec Sylvie! Bye!
Répondre
S
C'est écoeurant !<br /> On pratique l'élevage intensif qui est une ineptie environnementale et une souffrance atroce pour les animaux abattus, et Macron, en plus, soutient les chasseurs !
Répondre
J
On préfère s'en prendre aux blaireaux plutôt qu'aux "vrais" problèmes... Si l'élevage intensif est principalement responsable de la tuberculose bovine, pour autant, qui osera s'y attaquer mis à part quelques "écolos" ? <br /> Ces destructions massives sont scandaleuses et véritablement indignes... Et dire que certains préfets peuvent soutenir de telles absurdités ! <br /> Les bras m'en tombent...