Génocides…

Publié le par Jean-Louis Schmitt

A l’attention des plus jeunes : Môrice Benin est un chanteur engagé ! Toujours hors des sentiers battus, il arpente depuis le début des années 1970, les petites scènes où il retrouve « son » public, celui qui, depuis le début le plus souvent, suit cet artiste véritablement hors normes…

Môrice Benin. Photo : Jean-Louis Schmitt

Môrice Benin. Photo : Jean-Louis Schmitt

Môrice Benin est un homme libre ! Né en 1947, il écrit ses premières chansons à l’âge de quatorze ans et enregistre son premier disque en 1967…

Au début des années 1970, la conviction impatiente d'une force irrésistible tourne à l'évidence : puisqu'il faut tout rebâtir, tout reprouver... il retourne à la source et va chanter là où c'est encore possible, là où on ne l'attend pas, c'est-à-dire partout ! Cette détermination joyeuse épouse parfaitement la réalité socioculturelle de l'époque : les MJC, foyers de jeunes travailleurs, foyers ruraux, mille-clubs, et même certains "villages-vacances" qui, regorgeant d'animateurs "passerelles", permettent d'écouter ses chansons existentielles et poético-libertaires. Il y a un public pour ça. Grossissant. Tout un « réseau », pas même souterrain, puisqu'il s'établit dans chaque quartier, chaque village... et jusque dans des « caves » parisiennes, assez vastes pour contenir des dizaines de spectateurs, tous prévenus par le miraculeux bouche à oreille...

Les chansons de Benin portent témoignage de cette époque plutôt rebelle, où il est plus simple qu'aujourd'hui de déceler « l'ennemi » commun derrière son rideau de fard, ses strates argentées et sa suffisance.

L'artiste se distingue d'abord en chantant en 1973 sur le plateau du Larzac, dans un grandiose amphithéâtre naturel et sous les étoiles, devant des milliers de pacifistes, pour protester contre l'extension d'un camp militaire, puis dans les manifestations écologistes contre la centrale nucléaire de Malville en 1977. Il devient un des chantres de la génération contestataire, avec Bernard Lavilliers ou Maxime Le Forestier. Vient alors, un rythme de 150 concerts par an, en France, au Québec, en Allemagne, en Belgique, en Suisse. Son disque « Je vis »a un succès estimable, sans doute à la suite de l'impact de « Larzac 74 », avec 100 000 exemplaires vendus sans médiatisation : un record pour un disque auto-distribué, quasiment vendu sous le manteau. Les albums « Peut-être », « Il faudrait toujours pénétrer », »C'était en 1976 » et « Tu vois ce que je veux dire » sont de la même veine, témoins d'une formidable période créatrice. Sa poésie incisive mariée à des compositions aux arrangements soignés (flûte, violoncelle, cuivres…), font de sa discographie des années 1970 l'une des plus originales de l'époque…

Nous constatons avec effroi que les insectes et les oiseaux, doucement mais sûrement, disparaissent… Môrice Benin, lui, chantait déjà ce génocide dans les années 70 ! Ecoutez…

Vidéo : Môrice Benin-Genocides (7 :38)

 

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Renée 28/03/2018 07:54

C'est juste... magnifique !

AC 28/03/2018 07:10

Je découvre...
Cette chanson est magnifique et le texte très fort : on a peine a croire que ça date des années 70' !
Du coup, j'ai écouté d'autres titres dont "Les pays n'existent pas" qui est très beau aussi !
A partager sans modération.
Merci à vous...

Paulo 27/03/2018 17:25

Ah Benin... Toute une époque !
Il garde le cap et c'est tant mieux...

domi 27/03/2018 00:59

bel article, et Benin, c'est plutôt malin, merci à lui
des comme Lui, y'en aura peut-être plus, bientôt, si on n'y veille pas

Jean-Louis 27/03/2018 06:59

"Benin", "malin", c'est bien vu !

Jean-Louis 27/03/2018 06:05

Je suppose que tu connaissais "Génocides" cher Domi !
A réécouter cette chanson, on se dit non seulement qu'on a tout faux mais, qu'en plus, on persiste dans l'erreur... Bonne journée !