Trois ans après, Charlie Hebdo rit encore mais saigne toujours

Publié le par Jean-Louis Schmitt

"Le calendrier de Daech? On a déjà donné!" Le dessin de Riss qui illustre, plein cadre, le Charlie Hebdo du 3 janvier 2018 mêle le rire et la douleur de ses auteurs, près de trois ans après l'attentat qui a décimé sa rédaction.

Des conséquences toujours fortes

"Le 7 janvier 2015 est la date rouge sang qui sépare deux vies" : l'hebdomadaire revient dans un numéro anniversaire sur ce traumatisme qui le bouleverse toujours au quotidien. En témoignent quelques faits : escorte policière permanente, avalanche de menaces sur les réseaux sociaux, coût très élevé pour le journal de la sécurisation permanente... Ce numéro détaille les conséquences de l’attentat sur les conditions de travail au jour le jour.

Une sécurisation coûteuse

Riss, directeur de la rédaction, déplore notamment le coût très lourd de la protection des locaux : "entre 1 et 1,5 million d’euros par an, entièrement à la charge du journal", soit l’équivalent de près de 800 000 exemplaires par an. "Est-il normal pour un journal d’un pays démocratique que plus d’un exemplaire sur deux vendus en kiosque finance la sécurité des locaux et des journalistes qui y travaillent ?", regrette-t-il dans son éditorial. 

La liberté d'expression, un "luxe" ?

Il estime que la liberté d’expression "est en train de devenir un produit de luxe". Le chiffre d’affaires du journal est tombé à 19,4 millions d’euros en 2016, après un record en 2015 (plus de 60 millions d’euros). Tout a changé il y a trois ans, quand deux hommes armés, Saïd et Chérif Kouachi, ont exécuté 11 personnes dans les locaux parisiens de l’hebdomadaire satirique. C’était le début d’une vague d’attaques djihadistes sans précédent en France qui a fait, depuis, 241 morts.

"Est-ce qu'on se marre quand même? Oui."

Parmi les victimes, des figures emblématiques du journal comme Cabu, Wolinksi, Honoré, Tignous, l’ex-directeur de la rédaction Charb ou l’économiste Bernard Maris. "Le 7 janvier 2015 nous a propulsés dans un monde nouveau, fait de policiers en armes, de sas et de portes blindées, de trouille, de mort. Et cela en plein Paris, et cela dans des conditions qui n’honorent pas la République française. Est-ce qu’on se marre quand même ? Oui", raconte le journaliste Fabrice Nicolino dans un long récit intitulé "Ce que ces trois années ont vraiment changé".

Une date "rouge sang"

"Le 7 janvier 2015 est la date rouge sang qui sépare deux vies. Avant, il y a les blagues de Charb qui nous faisaient pleurer de rire, les petits gâteaux de Cabu, déposés avec grâce sur la table, les mots coquins de Wolin, l’arrivée tonitruante de Tignous, le rire pleines dents de Bernard, les cris d’Elsa. Et depuis, un deuil que nous portons tous, et qui ne finira jamais", écrit-il. D’autres articles reviennent sur les menaces dont Charlie fait régulièrement l’objet, notamment sur les réseaux sociaux, qui "continuent à relayer les appels à des attaques physiques contre le journal, le forçant parfois à porter plainte".

Une enquête sans fin

Très scrutées, les Unes de Charlie, devenu un symbole bien au-delà des frontières françaises, font souvent grincer des dents. Dernièrement, le journal a reçu des menaces après une couverture sur la maladie de Johnny Hallyday, et s’est empoigné avec Mediapart au sujet de l’islamologue controversé Tariq Ramadan, accusé de viols. Les juges antiterroristes espèrent achever au printemps leur enquête sur les attentats de janvier.

Mais trois ans après, les enquêteurs n’ont pas réussi à établir comment s’étaient coordonnés les frères Kouachi et Amédy Coulibaly, le djihadiste qui a tué cinq personnes deux jours après Charlie, ni où et comment les frères Kouachi se sont procuré leur arsenal. Au moins 13 hommes sont poursuivis dans cette enquête, soupçonnés à des degrés divers d’avoir apporté une aide logistique à Amédy Coulibaly.

AFP (03/01/2018)

 

 

Publié dans Disparition, Coup de coeur

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Fuchs 05/01/2018 18:59

Je suis Charlie pour toujours.
Oui à la liberté d'expression.

Jacky 04/01/2018 09:04

Peut on avoir des nouvelles de votre charly? Je l'ai trouvé bien plus sympathique que les autres Charlies.

Stef 04/01/2018 08:25

Oui pour la liberté d'expression : luxe, calme, et volupté.

Jean-Louis 03/01/2018 12:40

N’en déplaisent aux coincés de tout bord et aux indécrottables ennemis de la liberté d’expression : JE SUIS TOUJOURS CHARLIE et je le revendique haut et fort !

domi 05/01/2018 00:24

Tu as pu voir que Charlie est toujours dans les "pages" de mon blog, colonne de droite
http://monpetitjournaldicietdailleurs.over-blog.com/eh-oui-je-suis-charlie.html