Produits vegan, mais pas sans reproche

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Ils sont composés d’ingrédients à 100 % d’origine végétale, mais notre analyse des étiquettes montre qu’ils sont loin d’être tous 100 % sain.

Rayons et gammes “veggie” chez les grands distributeurs, magasins 100 % vegan, restaurants spécialisés… En quelques mois seulement, les aliments vegan ont envahi les supermarchés et s’assaisonnent désormais à toutes les sauces. Ils s’adressent aux consommateurs qui souhaitent bannir de leur alimentation tout produit issu des animaux ou lié à l’exploitation des animaux.

À l’instar des produits sans gluten, ces spécialités jouissent d’une réputation d’aliments sains. On les associe plus ou moins inconsciemment au naturel et au bio. Or, une simple lecture d’étiquettes suffit parfois à casser l’illusion.

Des amidons et des stabilisants à la place du fromage

Nous avons décrypté la composition de plusieurs produits vegan vendus en grandes surfaces et les avons comparés avec leur équivalent non vegan. Conclusion : pour fabriquer ces produits, les fabricants ont trop souvent recours à des ingrédients qui sont loin d’être naturels.

À la place du fromage, par exemple, sont utilisés des amidons et des huiles végétales associés à des stabilisants et des arômes. Autrement dit, des additifs qui permettent de donner du goût et de la consistance à l’aliment, mais dont on se passerait bien.

Un contenu trop faible en protéines et trop riche en sucres

Autre idée reçue : penser que l’on accède à de meilleurs aliments en les choisissant vegan. Or, les valeurs nutritionnelles figurant sur les emballages montrent parfois l’inverse. Nous avons notamment constaté un déséquilibre en faveur des sucres. D’une façon générale, les produits vegan pèchent par un contenu en protéines trop faible lié à l’absence de viande, fromage ou d’œufs : « Cet inconvénient peut s’avérer très gênant s’il n’est pas compensé par la consommation d’aliments bruts riches en protéines comme le soja, les légumineuses, ou les produits oléagineux tels la purée d’amandes », explique le Dr Boris Hansel, endocrinologue à l’hôpital de La Pitié-Salpêtrière, à Paris. C’est ce que nous avions déjà constaté en janvier 2017, lors de notre analyse nutritionnelle de galettes et steaks végétaux.

Un prix jusqu’à deux fois plus élevé

Côté prix, comparé à son homologue “classique”, le produit vegan peut coûter jusqu’à deux fois plus. Pour justifier cet écart, les fabricants invoquent les faibles quantités fabriquées, des matières premières plus rares et la mise en place de processus de fabrication spécifiques. 

Enfin, le terme “veggie” est utilisé pour désigner parfois un produit végétarien, parfois un produit vegan. De quoi s’y perdre. En résumé, le seul moyen d’échapper à tous ces pièges : privilégier les aliments bruts, et faire une croix sur les similis viandes et fromages.

60 Millions de Consommateurs (26.12.2017)

 

Le Grand Veggie de McDonald’s : ni vegan, ni léger.

McDonald’s lançait en octobre dernier le Grand Veggie, son premier burger végétarien. Un bel exemple de l’amalgame entre “veggie” et “vegan”, car le Grand Veggie contenait du… fromage ! McDonald’s précise qu’il s’agissait d’un test et qu’il a été retiré des restaurants début décembre, comme prévu.

Sera-t-il reproposé en 2018 ? Si c’était le cas, on espère que sa composition sera revue. En effet, cet hamburger était loin d’être aussi sain que ce que l’on pouvait espérer. Notre petit comparatif avec un Big Mac classique est plus que parlant :

DR

DR

Grand Veggie

Big Mag

Lipides : 33 g

Lipides : 25 g

Glucides : 88 g

Glucides : 42 g

Protéines : 23 g

Protéines : 26 g

Sel : 4,3 g

Sel : 2,2 g

Teneur en fibres : 11 g

Teneur en fibres : 3,1 g

Apport énergétique : 763 kilocalories

Apport énergétique : 503 kilocalories

 

Lire aussi : Manger moins de viande”, le hors-série de 60 Millions de Consommateurs, pour mieux choisir sa viande, redécouvrir les légumes et savoir les cuisiner.

Publié dans Consommation

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Gomez Victoria - Lynn 30/12/2017 19:53

coucou , mon mari et moi cuisinons nous mêmes ; les fabriquants se sont lancés dans la mode vegan car il y ont vu un nouveau marché mais il faut bien lire ce qu'on achète ; je n'aime pas les noms steaks de soja , les fromages.....ça n'a rien à voir alors pourquoi appeler ça avec de tels noms? ce n'est que du commerce ; on peut très bien manger végétarien, ou végétalien sans acheter de produit tout fait ; avant que les grandes marques mettent le nez dedans les non carnivores mangeaient ^^; un peu de bon sens et beaucoup de méfiance sont nécessaires , et comme manou je suis vieux jeu

Jean-Louis 30/12/2017 21:10

En fait, notre manière de nous alimenter nous appartient : il suffit de ne pas se laisser dicter la conduite à tenir et de ne pas rentrer dans le jeu des fabricants et des lobbys de l'agro-alimentaire !

Encore une fois : si certains produits peuvent faire entrevoir une autre manière de se nourrir à une catégorie de consommateurs peu ou pas très motivés par le végétarisme ou le véganisme, les ‘’ersatz’’ peuvent avoir une quelconque utilité ! Si, en revanche, il ne s’agit que de marketing alors, fuyons…


Comme je le disais plus bas : lorsque les grandes surfaces –l’agro-alimentaire en général- s’emparent de certains courants d’idées, ce n’est évidemment pas dans le but d’aider les clients potentiels à mieux s’alimenter mais uniquement pour s’approprier de précieuses parts de marché et donc d’enrichir un peu plus encore les actionnaires… Lorsqu’on a compris cela, on sait ce qui reste à faire : ne pas entrer dans ces jeux-là quitte à être considéré comme ‘’vieux jeu’’ ce qui, en l’occurrence serait plutôt le gage d’une certaine sagesse !

manou 30/12/2017 09:58

Rien ne vaut les produits fabriqués soi même avec des ingrédients dont on connait la composition car dans cette mode, déjà l’appellation me rebute...un "steak de" par exemple quelle idée avant on appelait ça des croquettes de céréales et d'ailleurs je sais les faire moi-même sans conservateur et qu'à partir de céréales, de légumes et de quelques épices ! Quand on veut manger sain on va pas chez MacDo et le fait même que le géant s'intéresse à tout ça prouve que le consommateur va se faire avoir. Bref je suis vieux jeu et je l'assume

Jean-Louis 30/12/2017 11:36

Tout à fait !
Dans ce cas, je suis également "vieux jeu"... mais fier de l'être !

Jean-Louis 30/12/2017 07:06

Dès lors que l'industrie agro-alimentaire s'intéresse à quelque chose, que la manière de vivre et de consommer devient une "mode", les tricheries et autres perversions ne sont pas loin ! C'est à nous, consommateurs, de veiller au grain et de ne pas tomber dans ces pièges sordides !
Concernant les McDo : comment peux-on seulement croire que le géant américain, champion toutes catégories de la malbouffe, s'intéresse au bio ou au végan ? La seule chose qui motive ce trust, ce sont les "parts de marché", c'est là, dans ce milieu, la seule "religion" qui vaille...
Un seul moyen d'y échapper : ne pas y mettre ne serait-ce que le bout de son pied ! Question de cohérence...

domi 29/12/2017 12:31

Ce qui démontre que le régime vegan n'est pas forcément le meilleur et que la sagesse serait de limiter la démarche à un effort végétarien car on peut très bien consommer des oeufs, des produits laitiers, ou du miel sans nuire aux animaux